Tendances digitales : ce que le confinement a changé

Par Élodie C. le 27/04/2020 - Agence : We Are Social

Temps de lecture : 6 min

Ces nouvelles habitudes vont-elles perdurer ?

En février dernier, We are Social en partenariat avec Hootsuite dévoilait son Digital Report 2020 sur les tendances mondiales de l’univers numérique (digital, social media, mobile, gaming, e-commerce). C’était un mois avant que la pandémie de Covid-19 ne vienne bouleverser le quotidien de milliards d’individus et plonge le monde dans une crise sanitaire et économique inédite.

Depuis, le comportement et les habitudes de consommation des confinés ont été transformés. Ces derniers se sont massivement tournés vers les appareils connectés pour les aider dans leur vie de tous les jours : courses, divertissements, travail, éducation, etc. We are Social présente de nouvelles données actualisées à l’aune du confinement.

Logiquement, l’étude note « une forte augmentation de l’activité digitale, en particulier dans les pays qui ont connu les mesures de confinement les plus strictes. » Incités à rester chez eux, les confinés se tournent vers leurs appareils connectés aussi bien pour tuer le temps, communiquer ou réaliser leurs achats de première nécessité.

Le monde des confinés est celui du multi-écrans : smartphones, ordinateur portable ou desktop, tablette, télévision ou console de jeux vidéo voient leur utilisation exploser, comme le détaille une étude du GlobalWebIndex.

Les services de streaming comptent parmi les grands gagnants de ce confinement : plus d’un tiers des internautes (34 %) des 17 pays couverts par cette même étude déclarent passer plus de temps à regarder des émissions de télévision et des films via ces plateformes. Netflix est même au coude à coude avec le mastodonte Disney et a même battu son record historique en Bourse : l’ogre rouge voit sa capitalisation boursière flirter avec les 190 milliards de dollars.

De son côté, le nouveau service de SVoD lancé par Disney profite d’une croissance insolente au cours des trois premiers mois : « Le lancement récent de la plateforme en Europe (mêle repoussé en France) et en Inde a contribué à faire grimper le nombre d’abonnés à plus de 50 millions en seulement cinq mois, tandis que la plateforme a presque doublé sa base d’abonnés depuis le début de l’année 2020 », souligne l’étude de We Are Social.

Porte d’entrée, ou de sortie, vers le monde extérieur, les plateformes sociales n’ont jamais aussi bien porté leur nom. Ainsi, 47 % des internautes déclarent passer plus de temps sur les réseaux sociaux ces dernières semaines ; une évolution plus marquée chez femmes que chez les hommes. Sur ces plateformes, les appels vidéo occupent désormais une place centrale pour rester en contact avec ses proches à l’heure où les déplacements sont encore très limités.

« Toutes les principales plateformes sociales ont vu leur base d’utilisateurs actifs augmenter au cours des trois premiers mois de 2020. Twitter a connu la plus forte progression, avec une augmentation de 14 % par rapport au trimestre précédent. Le temps passé sur Snapchat et TikTok a considérablement évolué au cours de ces dernières semaines, au même titre que Reddit, qui a également signalé une augmentation de 20 à 50 % de sa fréquentation », précise l’étude.

Lors d’une conférence de presse le 18 mars dernier, Mark Zuckerberg a ainsi précisé que le nombre d’appels passés via WhatsApp et Facebook Messenger avait doublé depuis que les pays européens avaient entamé leur période de confinement.

S’il en est une qui a tiré son épingle du jeu, c’est bien TikTok. L’application est LE phénomène du confinement et se positionne en tête du classement mondial des téléchargements d’applications (entre janvier et mars 2020), mais reste cependant derrière Instagram pour ce qui est des utilisateurs actifs mensuels.

L’outil de visio-conférence Zoom a quant à lui connu une explosion d’utilisateurs en quelques semaines à peine passant de 20 millions d’utilisateurs avant la pandémie à 200 millions d’utilisateurs actifs par jour ces dernières semaines.

Autre secteur qui ne connaît pas la crise : l’univers des jeux vidéo : 10 % des internautes du monde entier passent plus de temps à regarder du esport.

Les téléchargements hebdomadaires de jeux sur téléphone portable en mars 2020 ont fait un bond de 30 % par rapport aux moyennes du quatrième trimestre 2019, note l’étude. Au total, les utilisateurs de mobiles ont téléchargé plus de 13 milliards de jeux au cours des trois premiers mois de cette année, et ont dépensé près de 17 milliards de dollars en jeux mobiles et en achats intégrés au cours de la même période.” Vous n’avez pu passer à côté du phénomène Animal Crossing: New Horizon lancé mondialement le 20 mars dernier, alors que de nombreux pays commencés tout juste leur période de confinement. Sept ans après la dernière commercialisation du titre sur console, le succès est au rendez-vous. Une opportunité que les marques n’ont pas manquée, à l’instar de Gemo qui a ouvert une boutique virtuelle dans le jeu de simulation de vie et présenté sa dernière collection.

Si les annulations de concerts, festivals et spectacles s’enchaînent, certains ont trouvé la parade, comme Travis Scott qui a créé l’événement avec un concert dantesque sur Fortnite.

Cette période de confinement voit l’émergence de nouvelles opportunités en ligne pour les annonceurs. Le public n’attendant pas des marques qu’elles ne communiquent pas, mais qu’elles communiquent juste, comme l’étude de Kantar nous l’a montré. Du côté de GlobalWebIndex, l’étude montre que plus de la moitié des internautes (51 %) approuvent le fait que les marques continuent à faire de la publicité malgré l’épidémie de coronavirus. Un peu moins d’un tiers (31 %) déclarent qu’ils n’approuvent ni ne désapprouvent.

En outre, les annonceurs peuvent désormais toucher plus de 2 milliards de personnes sur Facebook, souligne We Are Social.

L’étude pointe notamment une accélération (logique) du recours au e-commerce, notamment pour les achats alimentaires. Afin de garder les acteurs du marché de Rungis en activité et de satisfaire la demande des Français en produits frais et locaux, le marché de Rungis a par exemple lancé son premier site e-commerce grand public.

« Plus de la moitié des internautes de 25 à 44 ans dans les 17 pays couverts par l’enquête déclarent avoir passé plus de temps à faire des achats en ligne ces dernières semaines. C’est dans la catégorie de l’alimentation et de l’épicerie que l’intérêt pour le e-commerce a le plus augmenté, avec un tiers des internautes ayant fait davantage d’achats en ligne dans ce secteur en raison du confinement dans leur pays. » Même si les achats divers, et moins « nécessaires » ont également la cote. Amazon s’est d’ailleurs fait rappeler à l’ordre alors que le géant du e-commerce profite allègrement de cette crise grâce à une logistique qui n’a plus à faire ses preuves.

Ces nouvelles habitudes de consommation vont-elles perdurer ? S’il ne fait pas de doute que les commerces vont retrouver leur clientèle après cette période stricte de confinement, les nouvelles habitudes et comportements d’achats pris risquent quant à eux de perdurer. Dans quelle mesure ? Cela restera à déterminer. Et sera à n’en pas douter, un nouveau challenge pour les marques et annonceurs.

News Scan Book

On gagne toujours à lire la PQR

1

2

3

4

5

Précédent Suivant