Netflix s’engage dans le « Net Zero Carbone » d’ici fin 2022

Par Élodie C. le 31/03/2021

Temps de lecture : 4 min

“Ça ne va pas plaire aux écolos” dirait Jacques Séguéla*.

« Mettre le divertissement au service de la lutte contre le réchauffement climatique », telle est la nouvelle ambition du géant mondial de la SVOD qui dévoile ses engagements pour atteindre l’objectif « Net Zero carbone » d’ici la fin de l’année 2022. 

L’impact environnemental du numérique n’est plus à démontrer : refroidissements des serveurs, consommation de bande passante, stockage de données, etc. Les géants du numérique multiplient les annonces démontrant leurs efforts en la matière. Comme Apple qui a présenté sa promesse sous forme de berceuse l’été dernier, ou Google qui se présente comme climatiquement neutre depuis 2007.

Netflix, par la voix d’Emma Stewart, première directrice responsabilité environnementale du groupe (en poste depuis octobre 2020), évalue son empreinte carbone à 1 100 000 tonnes métriques pour 2020 (source Université de Bristol) : une heure de streaming sur Netflix serait inférieure à 100gCO2e, précise la compagnie, « ce qui équivaut à conduire une voiture essence sur une distance de 400 mètres »**. « La moitié (50 %) de cette empreinte provient de la production physique de nos programmes » : que ce soient les Originals, ceux produits par leurs partenaires, ou les programmes diffusés sous licence Netflix. 

Le reste (45 %) provient des activités de l’entreprise (location de bureaux) et des achats de biens (comme les dépenses en marketing). « Nous dépendons également de fournisseurs d’hébergement comme Amazon Web Services et du réseau de serveurs de programmes Open Connect pour le streaming de notre service. Ceux-ci représentent 5 % de notre empreinte. »

Netflix fait œuvre de transparence dans sa démarche espérant évangéliser le secteur. « C’est un pas important, car c’est en développant une meilleure compréhension de l’empreinte environnementale du streaming que nos industries seront en mesure de la réduire efficacement », estime la firme qui s’appuie sur l’analyse de visionnage de ses programmes pour soutenir son propos : « En 2020, 160 millions de ménages dans le monde ont choisi de regarder au moins un film ou un programme Netflix qui les a aidés à mieux comprendre les enjeux climatiques. » 

Concrètement, le plan Net Zéro carbone + Nature se compose de trois étapes :

1 — Réduction des émissions de gaz

Internes, conformément aux objectifs de l’Accord de Paris, et réductions directes et indirectes de gaz à effet de serre (GES) de 45 % d’ici 2030, en accord avec les recommandations du programme Science-Based Targets.

2 — Conservation d’écosystèmes existants qui stockent du CO2

« D’ici la fin de l’année 2021, nous allons neutraliser les émissions qu’il nous est impossible d’éliminer, y compris les émissions du scope 3, en investissant dans des projets qui retiennent le CO2, précise le communiqué. Nous commencerons par préserver les zones naturelles en danger comme les forêts tropicales, qui sont essentielles à la réalisation des objectifs climatiques mondiaux. »

3 — Élimination du CO2 de l’atmosphère

D’ici fin 2022, Netflix ramènera ses émissions restantes à zéro en investissant dans la « régénération d’écosystèmes naturels essentiels ». Par exemple, la restauration de prairies, de mangroves et de sols sains, à même de séquestrer le CO2.

Une stratégie ambitieuse développée grâce aux conseils de plus de 60 experts, dont ceux en énergie renouvelable et en aviation durable d’ENGIE Impact. Le géant rouge précise avoir également constitué « un groupe consultatif d’experts qui donnent de leur temps pour nous conseiller et nous aider à nous remettre en question ».

Si les enjeux de durabilité sont d’ores et déjà des impératifs dans de nombreux secteurs, notamment celui de la création publicitaire et de la production, il ne peut être que bénéfique qu’une marque aussi puissante et populaire que Netflix prête sa voix à cet objectif auprès de ses quelque 200 millions d’abonnés à travers le monde, ainsi que ses partenaires.

« L’industrie du film a besoin d’un leader en matière d’action pour le climat. Changer le monde commence par la volonté affichée par une entreprise, qui en inspire d’autres à se joindre au mouvement. Je suis heureuse de voir Netflix assumer ce rôle de leader, informé à la fois par les sciences physiques qui expliquent en quoi nos choix affectent le monde et par les sciences sociales qui expliquent comment changer nos comportements », souligne le Dr Katharine Hayhoe, directrice scientifique à The Nature Conservancy et professeure agrégée à Texas Tech University dans le communiqué.

*Les enjeux – la Réclame Objectif 2050

**Ces estimations ont été rendues possibles grâce à notre participation au programme de recherche DIMPACT, qui fait consensus sur la mesure de l’empreinte environnementale du streaming et d’autres usages d’Internet. 

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