Le confiné libéré : Idriss Dabré (DDB Paris)

Par Élodie C. et Xuoan D. le 09/04/2020 - Agence : DDB Paris

Temps de lecture : 4 min

Notre 1re interview d'une longue série donnant la parole aux confiné(e)s.

La pandémie de Covid-19 et la période de confinement imposent à chacun de rester chez soi, vidant au passage les entreprises du secteur de la communication. Si leur activité a été fortement bouleversée, les agences n’ont pas pour autant cessé d’œuvrer, organisant leur continuité grâce au télétravail et ses divers outils (Zoom, Teams, Hangouts et Slack pour ne citer qu’eux).

Si la question n’est désormais plus de savoir si une agence peut travailler à distance (notre émission en direct, Les enjeux – la Réclame / live Covid-19, nous a fourni la réponse), nous avons souhaité donner la parole aux travailleurs confinés, qu’ils viennent d’agences, de médias ou d’annonceurs .

Pour cette première interview “Le confiné libéré”, nous tendons le micro à l’inénarrable Idriss Dabré, Senior Art Director chez DDB Paris.
 

Comment travaillez-vous depuis le confinement, comment se déroule votre journée type ?

Idriss Dabré : Je me réveille à 4h , j’embrasse ma femme et mes enfants avant de sortir prendre le courrier.

Un rapide coup d’oeil sur ma ferme me donne une idée globale de l’étendue des tâches qui m’attendent, désherber le champ, optimiser cette plantation fragile de topinambour, récupérer du lait pour la machine à fromage et descendre dans la mine pour enfin choper des diamants et pouvoir farmer cette putain de pioche.

Puis j’éteins la console et j’attends devant un écran vide qu’Alexander (Alexander Kalchev, directeur de la création de DDB) veuille bien me rappeler.

Ce qui vous manque le plus ?

I.D. : Le petit resto d’empanadas de place de Clichy qui nous conduisait lentement mais sûrement vers les joies de l’obésité.
 

Ce que vous avez découvert pendant cette période complexe et incertaine ?

I.D. : Le nombre indécent de DC qui tiennent dans ma chambre.
 

Quelle musique écoutez-vous en ce moment ?

I.D. : Chromatics – I’m on fire.

La lecture souvent repoussée que vous avez enfin entreprise ?

I.D. : Non sans une certaine fierté, j’ai enfin sorti l’intégrale de À la recherche du temps perdu de Proust, histoire de surélever ma PS4 et optimiser la ventilation quand je joue à DOOM.
 

Le défi ou l’activité créative que vous avez démarré pendant ce confinement ou souhaitez débuter ?

I.D. : Tous les matins je me lève très tôt pour regarder des vidéos de mes collègues faisant des exercices complexes de workout. Puis je me rendors pour oublier ce que j’ai vu.
 

Votre habitude honteuse qui ne survivra pas au confinement ?

I.D. : Écouter les compositions de Mickaël Jacquemin (DA chez DDB) pour un de nos clients au réveil, trop d’émotion.
 

Ce que vous aimeriez conserver pour l’après ?

I.D. : Continuer le dessin et le sommeil.
 

Votre conseil pour s’adapter au mieux au confinement et au télétravail ?

I.D. : Facile. Tenter de faire la cuisine en suivant les stories culinaires d’Odile Song (planneuse chez DDB).

Faire un empoisonnement alimentaire / survivre / recommencer.
 

Le confinement vous a-t-il rendu plus ponctuel en réunion (visio) ?

I.D. : Je suis toujours à l’heure, mais je ne sais jamais où cliquer.
 

Une initiative (citoyenne, meme, GIF, vidéo, création, etc.) née depuis le confinement que vous aimeriez évoquer ?

I.D. : J’ai fait un dessin sur l’idée de ne pas faire un dessin sur le confinement.
 

À la sortie du confinement, vous pariez pour une révolution écologique, une crise bien triste ou un retour au train-train quotidien ?

I.D. : Je lis un peu partout que tout sera différent, que la conscience collective va enfin s’ouvrir sur la différence, sur l’urgence écologique et la protection des plus faibles.

Après, j’ai aussi vu la fin de The Big Short ou la fin de La Route dans un autre registre.
 

Comment voyez-vous votre métier et son secteur évoluer après cette crise ?

I.D. : J’espère que le monde de la publicité va évoluer en même temps que nous sommes obligés de le faire en temps de crise. En regardant vers les autres et moins vers nous-mêmes.

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