Climat : Back Market prédit les photos prises à l’iPhone 92

Par Myléna T. le 04/11/2025

Temps de lecture : 3 min

Des images d’un futur qu’on aimerait éviter.

Alors que la place du marché a annoncé il y a peu sa présence dans 500 boutiques Bouygues Telecom, Back Market confirme son engagement avec “The Last Shot Gallery”, une exposition présentée à Londres. Le leader du high tech reconditionné s’associe à l’agence Words and Pixels, à des chercheurs et à plusieurs artistes pour imaginer à quoi ressemblera la Terre dans 75 ans si la surconsommation de nouveaux appareils se poursuit. Venise engloutie, Central Park désertique, le Kilimandjaro dévêtu de neige : les clichés exposés montrent un futur possible où l’obsession technologique accentue le dérèglement climatique.

L’exposition transforme la technologie en miroir du désastre qu’elle engendre. Pour créer ces visions du futur, les artistes ont utilisé des projections scientifiques détaillées afin de modéliser la dégradation de lieux emblématiques. Luke Forshaw, responsable de la marque et du marketing chez Back Market, déclare : “La Venise avant et après livre une image vraiment saisissante. Dans notre vision de Venise en 2100, l’impact du changement climatique est si brutal et évident ; c’est comme si tout le romantisme du lieu avait disparu. Ce résultat potentiel est terrifiant car il est basé sur la science.” 

La démarche de Back Market s’inscrit dans la critique de la « fast tech », terme employé pour dénoncer la culture de consommation rapide dans le secteur de la technologie. Chaque année, des millions de smartphones, ordinateurs et objets connectés finissent dans des décharges, souvent simplement parce qu’un nouveau modèle est lancé. En 2022, plus de 62 millions de tonnes de déchets électroniques ont été générées dans le monde, ce qui en fait l’un des flux de pollution les plus rapides sur Terre. Dans ce contexte, Alice Garrard, artiste participante, explique : “Peut-être que parfois les artistes ont tendance à imaginer un résultat positif, mais ce qui rend ce projet si intéressant, c’est qu’il vous force à vous plonger dans le pire scénario possible. C’est ce qui rend la Last Shot Gallery si percutante ; il n’y a aucun moyen de se cacher du futur sombre que nous sommes tous en train de provoquer à travers notre dépendance à la fast tech.

Back Market poursuit ainsi son engagement contre la surconsommation. En avril dernier déjà, la marque avait lancé une campagne activiste dénonçant la “fast tech” et promouvant la réparation et le reconditionnement comme alternatives responsables. La galerie s’inscrit dans cette continuité, rendant concrète la problématique environnementale pour les visiteurs. 

Les artistes ont eu accès à des modélisations climatiques réalisées par Mark Maslin, professeur d’Earth System Science à University College London. Les représentations incluent, entre autres, Venise submergée, le temple Kinkaku-Ji aride ou le Kilimandjaro frappé par des tornades. Le professeur Mark Maslin précise : “L’espoir est que cette galerie puisse réveiller les grandes entreprises technologiques et leur faire comprendre qu’il existe d’autres manières de gagner de l’argent que de lancer constamment de nouveaux appareils ; c’est un cycle toxique qui a littéralement un effet écologique toxique. Je crois que nous pouvons créer une société où les appareils sont facilement réparables et où la technologie reconditionnée, plus respectueuse de l’environnement, vendue par des détaillants comme Back Market, devienne la norme.

“The Last Shot Gallery” illustre ainsi de manière frappante les conséquences de la culture de l’obsolescence programmée. Le message est clair : réparer, prolonger la durée de vie des produits et choisir le reconditionné peut limiter le désastre annoncé. L’exposition rappelle aussi que, même face à des projections inquiétantes, des choix de consommation responsables peuvent inverser la tendance. Comme le souligne Mark Maslin : “En prenant dès maintenant de meilleures décisions technologiques, nous pouvons commencer à inverser certaines des prévisions les plus sombres et les transformer en perspectives plus positives. Le message est : il n’est pas trop tard pour changer notre trajectoire !

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