Faute ! 15 yards de pénalité.
Anthropic s’est offert cette année deux spots à 8 millions de dollars minimum pour le Super Bowl LX. L’un, nommé “How do I communicate with my mom”, sera diffusé 30 minutes avant le début du match, et l’autre, “Can I get a six-pack quickly”, pendant le premier quart. Ils font partie d’une série de quatre spots dévoilés hier, le 4 février.
Tous attaquent discrètement les concurrents d’Anthropic, et déclarent (avec peut-être trop d’assurance), que les publicités ne débarqueront jamais sur le chatbot Claude. OpenAI a justement récemment annoncé leur arrivée prochaine sur ChatGPT, au tarif controversé de 60 dollars du CPM. Google travaille de son côté à intégrer la publicité aux AI Overviews et AI Mode, mais pas encore sur Gemini.
Les campagnes, développées par l’agence Mother et réalisées par Jeff Low, donnent à voir tout le sinistre qu’il peut y avoir à l’intégration de publicités dans les réponses d’une IA générative, utilisées de plus en plus par les consommateurs comme un assistant ayant réponse à tout, même aux questions plus personnelles (ce qui est déjà en soi un peu effrayant). La question de la confiance est donc primordiale : si aucune publicité n’est incluse dans Claude, alors ses réponses seraient probablement moins biaisées, plus “sincères”.
Adweek rapporte qu’OpenAI aussi diffusera une publicité pendant le Super Bowl. Sam Altman s’est déjà offusqué des critiques discernables dans les campagnes d’Anthropic sur X. Sa réponse? 1/ Anthropic est malhonnête en faisant croire que les publicités fonctionneront ainsi dans ChatGPT. (elles seront en effet dissociées des réponses du LLM, sans avoir aucune influence sur ce dernier). 2/ ChatGPT dépasse Claude en nombre d’utilisateurs ; 3/ Anthropic est une entreprise autoritaire, mensongère et antidémocratique; 4/ Claude est un “produit cher pour les personnes riches”, inaccessible. Et Altman d’ajouter que les pubs ne seront pas montrées aux abonnés ChatGPT Plus (23 euros par mois) ou Pro (229 euros par mois). Quant au spot du Super Bowl d’Open AI, il le décrit en ces mots : “elle parle des créateurs (builders en VO, ndlr), et de comment n’importe qui peut maintenant créer n’importe quoi.”
En parlant de destruction créatrice, le PDG d’OpenAI pense peut-être au nouvel outil d’Anthropic lancé le 30 janvier, Claude Cowork. Cette solution d’automatisation peut manipuler des fichiers et a vu arriver des modules spécialisés par métier (juridique notamment). Son annonce a fait des ravages au niveau de la cotation boursière des éditeurs de solutions juridiques, mais aussi auprès d’éditeurs comme Adobe, Accenture, Salesforce, voire en touchant CapGemini ou encore Publicis. Dans la course à l’automatisation via l’IA, le remplacement probable de milliers de salariés commence enfin à faire peur. Alors oui, “n’importe qui pourra construire n’importe quoi”, en termes de logiciels notamment, mais pas sans casser d’œufs. Même beaucoup d’œufs.
On a longtemps cru que le logiciel dévorait le monde (“software is eating the world”). Il semblerait que l’IA ait décidé de passer à table, et que le logiciel soit au menu.













