« Les grands acteurs de la mode ont tous réagi promptement à la crise »

Par Xuoan D. le 04/05/2020

Temps de lecture : 4 min

Nouvelle interview "Le confiné libéré" avec Zoé Michel, MAD.

La pandémie de Covid-19 et « Le Grand Confinement » imposent à chacun de rester chez soi, vidant au passage les entreprises du secteur de la communication. Si leur activité a été fortement bouleversée, les agences n’ont pas pour autant cessé d’œuvrer, organisant leur continuité grâce au télétravail et ses divers outils (Zoom, Teams, Hangouts et Slack pour ne citer qu’eux).

Si la question n’est désormais plus de savoir si une agence peut travailler à distance (notre première émission en direct, Les enjeux – la Réclame / live Covid-19, nous a fourni la réponse), nous avons souhaité donner la parole aux travailleurs confinés, qu’ils viennent d’agences, de médias ou d’annonceurs.

Pour cette nouvelle interview “Le confiné libéré”, nous tendons le micro à la très mode Zoé Michel, directrice éditoriale de MAD, le média 100% social et vidéo du groupe Le Figaro.
 

Pour ou contre la morning routine pendant le confinement ?

Zoé Michel : Pour ! Sans hésiter. Cela commence par un réveil à 8h45, 30mn de saut à la corde, un café allongé et la première vague de mails à traiter.
 

Comment travaillez-vous confinée ?

ZM : Plutôt efficacement, certaines journées sont plus intenses que d’autres et je m’efforce de les ponctuer par de micro pauses sans écran de 15mn plusieurs fois par jour. Nécessaire pour garder du jus de cerveau.
 

Ce qui vous manque le plus actuellement ?

ZM : Les réunions ! Je ne pensais pas dire cela un jour, et je ne couve pas de réunionite aiguë, je vous rassure, mais pouvoir échanger des idées avec mon équipe en face à face, commence vraiment à me manquer.
 

La nouvelle habitude que vous garderez une fois « déconfinée » ?

ZM : Les micro pauses sans écran que je mentionnais plus haut, trouver le temps de se mettre sur off à plusieurs reprises dans la journée est vraiment devenu un rituel, comme des bulles méditatives express.
 

Et au contraire, celle que vous allez abandonner ?

ZM : Arrêter de passer 18h par jour sur mon iPhone serait une bonne résolution post-confinement.
 

La musique qui aura bercé votre confinement ?

ZM : Du piano, du jazz, de l’opéra, des trucs qui reposent la tête et qui donnent l’impression d’être dans un film malgré l’arrêt sur image dans lequel nous sommes actuellement. En tête : Glenn Gould, la Callas, Chopin, Debussy, des classiques qu’il fait bon de réécouter.
 

Le masque est-il l’accessoire de mode de 2020 ? Avez-vous déjà le vôtre ?

ZM : Sans aucun doute, le masque est le nouvel itbag.

Je n’en possède malheureusement qu’un très classique acheté en pharmacie que je varie avec un foulard noué à l’arrière de la tête pour un look de rappeur confiné.
 

La meilleure initiative (citoyenne, associative, médiatique…) née lors du confinement selon vous ?

ZM : Tout le travail que les chefs et restaurants ont mis en place pour apporter leur soutien aux soignants et plus démunis. Ils font un boulot extra, proposent de la nourriture fraîche et raffinée, livrée quotidiennement, c’est un vrai symbole de citoyenneté.

Je pense notamment à la chef Alix Lacloche qui depuis le début du confinement cuisine depuis chez elle des plats originaux et colorés puis les distribue à ses voisins sans domicile fixe.

View this post on Instagram

Dinner for my neighborhood ♥️

A post shared by Alix Lacloche (@alixlacloche) on

Il y a aussi le jeune chef étoilé Jean-Baptiste Lavergne-Morazzani du restaurant La Table du 11 qui a réadapté son quotidien en se rapprochant de l’organisation Collectif Solidaire. Il prépare des repas aux soignants des hôpitaux locaux.

La lecture souvent repoussée que vous avez enfin entreprise ?

ZM : Je suis récemment retombée sur Les Métamorphoses d’Ovide que j’avais étudié plus jeune.

J’ai toujours eu envie de m’y replonger, 250 mythes et légendes à redécouvrir dans cette période si inédite, je me dis pourquoi pas.
 

La première chose que vous ferez le jour du déconfinement ?

ZM : Ça parait futile, j’en ai bien conscience, mais aller chez le coiffeur. Capillairement parlant depuis le début de ce confinement, c’est pas ça.
 

Comment voyez-vous le secteur de la mode évoluer suite à cette crise ?

ZM : Les grands acteurs de la mode ont tous réagi promptement suite à la crise, beaucoup ont développé de belles initiatives qui ont du sens en replaçant le curseur sur des sujets sociétaux plus que des focus produit.

J’ai vu passer beaucoup de choses très intelligentes, comme c’est le cas pour la maison italienne Bottega Veneta et sa Bottega Residency, une plateforme ultra créative qui donne la parole à des invités majeurs du monde de l’art, du design, du cinéma, de la musique etc. Un saut virtuel dans la créativité, très accessible.

« Le monde d’après » : vraie opportunité ou simple mirage ?

ZM : Je crois qu’il faut prendre cette catastrophe comme une petite renaissance. Ce qui nous arrive est inédit et qui dit inédit dit nouvelles manières de penser, d’imaginer les choses. À notre échelle, chez MAD, j’espère que cela nous permettra d’avoir un regard neuf et surprenant sur le monde pour encore plus de challenge dans de nouvelles écritures, de nouveaux formats, de formes de créativité innovantes.

News Scan Book

Première édition du Baromètre Contributing

1

2

3

4

5

Précédent Suivant