Un virage risqué pour ses partenaires de prestige.
Le pionnier du métavers The Sandbox vit un big bang stratégique. Selon le média spécialisé The Big Whale, plus de la moitié des salariés – environ 250 personnes en début d’année – viennent d’être licenciés, tandis que ses deux fondateurs, Arthur Madrid et Sébastien Borget, se mettent en retrait du management. Madrid devient président non exécutif, Borget garde un rôle d’ambassadeur, et c’est Robby Yung, directeur général d’Animoca Brands, l’actionnaire principal, qui reprend la direction opérationnelle.
Ce coup de balai managérial et social marque la fin d’un cycle pour l’entreprise qui avait accédé au statut de licorne en 2024. Malgré des milliers d’expériences créées sur la plateforme, l’adoption du métavers n’a pas suivi les promesses initiales.
Plutôt que de s’obstiner, Animoca Brands assume désormais un pivot : le cœur du projet ne sera plus exclusivement le métavers, mais s’ouvrira à d’autres usages web3. Le plus marquant est un launchpad de memecoins (des cryptomonnaies sans réelle utilité économique, dont la valeur repose sur les mèmes Internet, l’effet de communauté et la spéculation), développé sur Base (la blockchain de Coinbase) et inspiré de Pump.fun, une plateforme qui a popularisé la création éclair de tokens viraux.
Ce choix stratégique, dicté par la viralité et la spéculation rapide qui animent aujourd’hui l’écosystème crypto, soulève une question cruciale pour les marques. Adidas, Gucci, Warner Music, Snoop Dogg et même Carrefour avaient misé sur The Sandbox pour expérimenter une nouvelle forme de présence immersive, en y achetant même des terrains ! Avec ce virage vers les memecoins, leur vitrine virtuelle pourrait perdre en pertinence, à moins qu’elles n’y voient une opportunité d’activer d’autres leviers communautaires dans l’univers web3.
The Sandbox n’abandonne pas totalement le métavers, mais réduit clairement la voilure. En troquant un monde virtuel ambitieux contre une plateforme de tokens viraux, la société illustre la désillusion d’un secteur tout entier. Reste à savoir si ses partenaires suivront ce pivot… ou s’ils préféreront quitter le bac à sable.











