Marier données CRP et achat média, mission possible.
Depuis plus de 15 ans, le programmatique promet simplicité et efficacité. Pourtant, la discipline a souvent souffert de sa fragmentation, obligeant les annonceurs à jongler entre outils, données et interlocuteurs pour piloter leurs campagnes. StackAdapt, DSP canadienne fondée en 2014 et en pleine expansion internationale, entend changer la donne en unifiant adtech et martech au sein d’une seule et même plateforme.
À la tête de la direction commerciale de StackAdapt en France depuis mars, Matthieu Minaud, ex-Media Figaro, Spotify, LinkedIn et Pinterest, défend une approche locale et verticale. Avec sa CDP intégrée, ses outils agentiques comme Ivy et une conformité native au RGPD, la plateforme veut s’imposer comme un challenger crédible sur un marché français estimé à 5 milliards d’euros.
Qu’est-ce qui a mené StackAdapt à vouloir unifier ad tech et martech au sein d’une même plateforme ?
Matthieu Minaud : Tout part de la vision de simplification qui guide StackAdapt depuis 2014. Les fondateurs venaient de Mindshare et Xaxis, ils avaient vécu de l’intérieur la complexité du programmatique, car trop fragmenté. Leur idée était de tout rendre accessible et simple, grâce à la donnée. Aujourd’hui, cette vision se concrétise dans une plateforme qui casse les silos, qui rend le reporting entre les canaux beaucoup plus lisible, et qui ajoute une brique martech pour relier publicité et communication directe avec le client.
Comment s’opère ce rapprochement entre deux univers qui ne sont pas toujours synchronisés : les sphères CRM et achat média ?
M.M. : Concrètement, dans StackAdapt, il y a une CDP intégrée. Un annonceur, via son agence, peut transférer sa base CRM et la croiser directement avec ses campagnes média. Cela permet d’inclure ou d’exclure certaines audiences, de relier une campagne d’emailing à une campagne display, et donc d’améliorer la performance en orchestrant tout dans une seule plateforme. C’est cette simplicité, alliée au respect total de la privacy et du RGPD, qui fait la force de notre approche.
StackAdapt n’a pas dû passer à côté de la grande tendance du moment dans l’ad tech : l’agentique. N’est-ce pas ?
M.M. : Sur l’agentique, nous avons développé un outil en interne, Ivy, intégré directement dans la plateforme. Ivy n’est pas un chatbot, mais un véritable agent qui aide à l’optimisation et au reporting. Je peux lui demander en temps réel quelles ont été mes performances sur telle cible, sur tel canal, dans les trois dernières heures, et il me fournit des graphiques. Je peux aussi lui demander des pistes d’optimisation. Ivy traite 465 milliards de données par seconde. L’idée n’est pas de remplacer l’humain, mais de l’augmenter : toutes les tâches chronophages et à faible valeur ajoutée sont gérées par l’IA, tandis que l’expertise humaine reste au cœur, là où elle est la plus utile.
Qu’est-ce qui a motivé StackAdapt à se lancer en France ?
M.M. : C’est d’abord le potentiel du marché. La France est l’un des pays les plus avancés dans l’univers programmatique. Le marché total, walled gardens inclus, est estimé à environ 5 milliards d’euros. Jusqu’ici, il était adressé depuis notre bureau londonien, mais l’enjeu est de construire une véritable présence locale, avec une équipe française, pour accompagner les annonceurs et les agences au plus près de leurs besoins.
Comment votre DSP s’adapte au marché français ?
M.M. : Notre solution n’a pas eu besoin d’être adaptée techniquement au marché français, car elle a été pensée dès le départ en conformité avec le RGPD, qui reste le cadre le plus strict au monde. En revanche, ce qui change, c’est l’approche. Nous avons choisi de mettre le client au centre, avec une organisation commerciale structurée par verticales plutôt que par agences uniquement. Cela nous permet d’apporter une expertise sectorielle, par exemple dans la finance avec Allianz, et de travailler main dans la main avec les agences pour répondre aux enjeux très spécifiques du marché français.
Quelle est l’étape d’après pour StackAdapt ?
M.M. : L’étape d’après pour StackAdapt en France, c’est d’accélérer et de s’ancrer durablement dans le paysage local. Nous arrivons en challenger sur un marché déjà très mature, donc il n’y a pas de place “réservée”. À nous de la gagner en multipliant les case studies, en prouvant la valeur que nous apportons et en innovant en permanence. L’an dernier, StackAdapt a lancé plus de 150 nouveautés produit, et nous voulons poursuivre cette dynamique, que ce soit sur la CTV, l’audio, le DOOH ou le live. Le but est toujours le même : offrir aux marketeurs et à leurs agences une intégration totale et une simplification maximale des campagnes et des reportings.











