Choquant : ces dirigeants ont été interviewés comme des femmes

Par Isadora L. le 28/03/2022

Temps de lecture : 2 min

Cher Xavier Niel, vous êtes très beau.

Lors d’entretiens dans les médias, les dirigeantes et entrepreneures n’ont pas le même traitement que les hommes. C’est le constat qu’ont fait le collectif d’entrepreneures et d’investisseures SISTA (créé par Céline Lazorthes, Tatiana Jama et Valentine de Lasteyrie) et l’institution Mirova Forward dans une étude. Par exemple, le terme « action » est généralement réservé aux hommes, pour une femme on va plutôt parler de « médiation ». Les hommes sont souvent qualifiés « d’experts », alors que les femmes restent tout simplement… des femmes. On rappelle souvent à une femme que sa fonction dans un milieu « masculin » est « exceptionnelle ». L’expression « jeune femme » est également beaucoup plus fréquente que « jeune homme ». Enfin, dans 1 article sur 3, les journalistes interrogent les femmes sur leur engagement féministe.

Pour dénoncer ces inégalités homme-femme dans le milieu médiatique professionnel, SISTA, Mirova Forward et l’agence Mots-Clés ont décidé de lancer la campagne #SiJetaisElles, afin de réunir huits grands patrons français dans une interview satirique. Xavier Niel (Iliad-Free), François-Henri Pinault (Kering), Nicolas Hieronimus (L’Oréal) Jean-Marie Tritant (Unibail-Rodamco-Westfield), Cédric O (secrétaire d’état au numérique) ou encore Frédéric Mazzella (BlaBlaCar) ont donc été invités à répondre aux questions fréquemment posées à des femmes entrepreneures. Équilibre entre vie professionnelle et vie privée, difficultés à reprendre le travail après leur congé paternité, recommandation d’adresses beauté sur Paris ou encore les secrets de leurs… morning routine, l’intervieweuse – ici la comédienne Allison Chassagne – s’amuse des situations légèrement embarrassantes qu’elle cause auprès de nos grands PDG français.

« Les biais inconscients sont très difficiles à désamorcer et sont un frein redoutable à lapromotion des femmes dans le milieu professionnel. Nous sommes convaincus que la presse peut jouer un rôle majeur dans la correction de ces biais, c’est pourquoi nous avons souhaité accompagner une prise de conscience et inciter les journalistes à aller vers des questions moins stéréotypées ou, à l’inverse, posées de manière égale à toutes et tous. », justifie Anne-Claire Roux, directrice générale de Mirova Forward.

Poser les mêmes questions aux femmes qu’aux hommes permet de rendre compte du caractère ridicule de celles-ci. L’interview et l’ambiance générale prennent un tournant comique, mais à la fois grinçant puisque cette situation illustre la réalité que subissent nombre de femmes en situation de pouvoir économique.

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