L’inflation est-elle en train de tuer l’alimentation durable ? 

Par Iris M. le 25/04/2024

Temps de lecture : 2 min

Les résultats inquiétants du dernier baromètre Occurrence x Sociovision.

Voilà deux ans que l’inflation alimentaire impacte la vie de chaque français au quotidien.  La dernière étude d’Occurrence et Sociovision, branches du groupe IFOP, révèle une prédominance des préoccupations liées au pouvoir d’achat dans la communication sur la transition alimentaire. Cette troisième vague du baromètre montre que les messages financiers impactent davantage les Français que ceux portant sur l’alimentation et la santé, l’environnement, le bien-être animal ou encore le goût. La notion de transition alimentaire, au milieu de ce secteur en crise, peine donc à se faire une place prioritaire… Mais cette étude montre surtout une grande disparité dans les priorités des différents segments de consommateurs. 

35 % des Français ont changé leurs habitudes d’alimentation en 2023, un revirement causé pour 62 % d’entre eux par l’augmentation des prix. L’alimentation “plaisir”, quant à elle, recule : un Français sur deux (49  %) déclare qu’il lui arrive souvent de ne pas manger comme il le voudrait parce que l’alimentation est devenue trop chère. Un chiffre qui a gagné 16 points en 2019 et 5 en 2020. La communication responsable subit également : 31 % achètent systématiquement des produits bio, contre 41 % en 2020. 

La communication des acteurs du secteur, orientée sur les prix, amplifie ces phénomènes. La transition alimentaire n’y est plus un sujet : pourtant, 76 % des Français considèrent que la France doit accélérer sa transition écologique (-3 pts vs. 2022) Ils sont 46  % à attribuer de plus en plus d’importance à la transition alimentaire, 47  % autant d’importance… et 7  % seulement à lui accorder moins d’importance.

Cette étude sépare également les français en 5 familles afin de comprendre leurs arguments et leurs différences. Ainsi, allant du plus conscient de l’urgence écologique au plus insouciant, nous avons, “les engagés” (23 %), “les tradis” (15 %), “les consommateurs conscients” (19 %), “les pragmatiques” (11 %) et “les réticents (32 %). Chacune de ces catégories fera confiance à des acteurs différents, qui à leur tour communiquent chacun sur un aspect différent. La grande distribution, par exemple, acteur préféré des réticents, s’axe majoritairement sur les prix (46 %) lors de sa communication. 

Les achats alimentaires, quant à eux, sont très centralisés : ils sont réalisés à 76 % en grande surface (toute catégorie confondue). Sa communication axée sur les prix fait en effet peser une menace sur l’équilibre des filières engagées dans la transition. 

Pour Pierre Gomez, DGA développement d’Occurrence : « Cette étude fournit des clés de compréhension d’une situation qui met à mal la visibilité et la crédibilité des marques et des enseignes en matière de transition alimentaire. Elle montre ainsi combien l’argument « prix » est en train de cannibaliser toute chance d’exister à l’avenir sur la transition alimentaire pour les acteurs qui le déclinent sans discernement et met en évidence la responsabilité sociétale de TOUS les annonceurs, au-delà des enjeux commerciaux immédiats. » 

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