Un soulagement pour Mountain View, une déception pour Neuilly-sur-Seine.
Le juge fédéral Amit Mehta a rendu hier son verdict dans le procès antitrust qui inquiète Google depuis plus d’un an. Et la sentence est plutôt clémente pour la firme d’Alphabet, qui envisage pourtant de faire appel :
1. Le juge a confirmé que Google détient un monopole dans la recherche en ligne (jugement de 2024), mais rejette les sanctions les plus lourdes demandées par le DOJ (le Département de la Justice des États-Unis).
2. Il n’y aura pas de cession forcée de Chrome ou d’Android, au grand regret de la Réclame. Blague à part, Perplexity s’était positionné pour un rachat à 34,5 milliards de dollars de Chrome. Laissant le marché totalement… perplexe, la startup IA étant loin d’avoir la surface financière suffisante pour une telle opération, malgré son statut de licorne.
3. Google peut continuer à payer Apple, Samsung, Mozilla et d’autres partenaires pour la distribution de ses services (20 milliards de dollars par an à Apple).
4. Fin des exclusivités : dans le cadre de ces partenariats, Google ne pourra plus imposer d’être le seul moteur de recherche par défaut. Il sera proposé parmi d’autres, mais les utilisateurs utilisant majoritairement Google, nul doute que cette non-exclusivité aura un impact plus que marginal.
5. Google devra partager des données liées aux recherches avec ses concurrents, mais pas les données publicitaires. L’objectif est d’aider des acteurs comme Perplexity, OpenAI ou même DuckDuckGo à développer des alternatives viables. Le partage est limité (snapshot ponctuel, conditions commerciales « ordinaires ») et non récurrent, ce qui réduit son impact. Cet ordre est valable six ans.
6. L’IA générative pourrait renverser le monopole de Google : le juge Mehta en a tenu compte. Les usages migrent vers ChatGPT, Perplexity ou même Gemini (de Google). Ceux-ci sont encore très minoritaires dans la recherche, mais la croissance est spectaculaire. Ainsi, à quoi bon punir Google avec un démantèlement, si le marché est en train de se ré-équilibrer, notamment avec la tendance au Global Search (non plus un moteur de recherche, mais plusieurs : Google, ChatGPT, Amazon, TikTok…)
Pour résumer, ce verdict semble être une victoire nette pour Google, mais aussi pour Apple qui continuera à encaisser plusieurs dizaines de milliards par an pour intégrer Google dans Safari. Les marchés ont très bien accueilli cette nouvelle, le titre GOOG bondissant à +9 % à l’ouverture aujourd’hui. AAPL se contentant d’un +2,5 %.
Quant au rêve fou de la Réclame d’avoir son propre navigateur, nous nous consolerons en utilisant au quotidien Vivaldi (un excellent navigateur finlandais par le créateur d’Opera) ainsi que Qwant pour la recherche made in Europe !
Pour les plus téméraires, voici les 230 pages du verdict du bien nommé juge Mehta :










