Le bilan du GP Explorer, côté annonceur

Par Élodie C. le 09/10/2025

Temps de lecture : 11 min

200 000 fans sur place, 47 marques, un record.

🏎️💨 C’était l’événement immanquable du weekend dernier. En trois éditions, le GP Explorer est passé du pari risqué d’un créateur – Squeezie – à un rendez-vous incontournable pour le marché publicitaire. De 20 partenaires en 2022 à + de 40 en 2025, l’événement a su convaincre marques et agences par son format singulier et par l’engagement hors norme de son public. Des communautés de fans ne faisant plus qu’une pour célébrer les étoiles du web français. 

À peine l’effervescence retombée, les chiffres records s’accumulent déjà, audience, spectateurs, engagement et interactions… ce dernier ride sur le mythique circuit Bugatti du Mans impose un peu plus l’influence et ses créateurs dans le paysage culturel et publicitaire. Et démontre une fois encore, l’appétit des jeunes générations pour les expériences et la volonté des marques de les adresser là où elles se trouvent.

🏁 Témoignages croisés de Sébastien Galli, CEO de Bump., et Juliette Prévot, directrice marketing d’Andros Be Nuts !, partenaire titre de l’écurie Théodort-Mastu, via Havas Paris Social . En piste !

De la méfiance au plein régime des sponsors

En trois ans à peine, le GP Explorer est passé de pari incertain à rendez-vous incontournable. Lors de la première édition, l’équipe de Squeezie et l’agence Bump ont dû convaincre un marché encore dubitatif face à un format inédit – un Grand Prix de Formule 4 sur Twitch : “Nous sommes arrivés avec des offres très diversifiées, assez inédites pour le marché publicitaire. Mais il a fallu beaucoup d’efforts pour convaincre : pour les annonceurs, l’événement paraissait risqué, incertain, et n’oublions pas qu’il s’agissait de Formule 4 à 200 km/h”, rappelle Sébastien Galli, CEO de Bump..

Toutefois, quelques marques “déjà actives sur YouTube”, ont accepté de s’associer, “souvent en direct” : “TikTok a accepté d’être partenaire principal, et nous avons réussi à compléter le dispositif avec d’autres acteurs, même peu habitués à ce type d’univers. » Résultat : un événement cohérent et un vrai succès d’audience, avec déjà un record français sur Twitch.

Deux éditions plus tard, le décor a changé : de 20 partenaires en 2022, l’événement en a réuni 47 cette année. Avec des acteurs majeurs comme Samsung (depuis le GP2), Air Up ou Boursobank pour partenaires principaux, mais aussi des annonceurs “non endémiques” attirés par la puissance médiatique et communautaire du format, qui “ont préféré investir les écuries ou le village avec des activations plus expérientielles.

Le succès des deux précédents Grand Prix a sans doute créé son – gros – lot de prétendants : “Le choix des marques n’était pas entre nos mains, mais entre celles des créateurs, précise le CEO de Bump. C’est eux qui validaient ou non un partenariat, en fonction de leur rapport à la marque, de son image, de sa cohérence avec leur univers. Le public est très sensible à cette cohérence, beaucoup plus qu’à mon époque. Un mauvais choix peut devenir un vrai problème pour un créateur.” 

Certaines marques exposées sur les réseaux sociaux ont ainsi reçu une fin de non recevoir : “Nous avons dû refuser certaines marques, malgré elles, parce qu’elles étaient trop exposées à des controverses ou à des enjeux géopolitiques sensibles. Notre métier étant d’encadrer des carrières, nous devons protéger la cohérence entre une marque et l’ADN du créateur. Aujourd’hui, le public est très attentif à cela, beaucoup plus qu’avant. Un mauvais choix peut avoir des conséquences sérieuses sur les réseaux.

Ce que les marques viennent chercher

Au-delà de la visibilité, les marques recherchent deux choses : la singularité d’un dispositif hors norme et l’engagement direct des communautés. “Pour les marques comme pour les agences médias, c’est le nerf de la guerre. Or ce lien, les créateurs l’ont déjà”, souligne Sébastien Galli.

Le GP Explorer, c’est avant tout un événement unique : fun, festif, et ultra-positif. On adore l’énergie qui s’en dégage et la créativité des talents qui y participent. Pour Andros Be Nuts !, c’était une évidence d’y être et d’aller à la rencontre des gens là où ils sont”, explique Juliette Prévot, directrice marketing de la marque du groupe Andros.

Beaucoup d’annonceurs nous ont dit : “C’est le moment, il faut vraiment y être”, poursuit Sébastien Galli de Bump. Être associé au GP Explorer, c’est bénéficier de la confiance organique qui unit les créateurs et leur public, et ainsi travailler la considération et la préférence de marque dans la durée.

Quand les marques passent à l’action

Si les sponsors étaient relativement en retrait lors du premier GP Explorer, ils se sont progressivement affirmés comme partie prenante du spectacle. Cette année, Andros Be Nuts! bénéficiait d’une présence 360° inédite.

Chaque activation a joué un rôle complémentaire : 
– Le village a été un vrai lieu de rencontre : les animations et les mascottes ont permis de faire vivre l’univers et l’esprit Andros Be Nuts ! ;
– Les fan zones, avec leurs centaines de transats brandés et des dégustations de nos tartines, ont été un point de ralliement pendant la course. 

– Sur le camping, nos petits-déjeuners ont offert une pause gourmande bienvenue avant une journée bien remplie. On était donc présents à chaque moment-clé de la journée : au réveil, pour se poser, grignoter, s’amuser ! 
– Et en digital, on a prolongé l’expérience grâce au relai de nos contenus, au merchandising de notre équipe et aux influenceurs qui étaient venus soutenir notre écurie.”

@androsbenuts

C’est pas compliqué: tu passes sur le stand Andros Be Nuts ! dans le village du @gp_explorer, quelques défis t’attendent, et c’est gagné ! 🥜 #AndrosBeNuts #gpexplorer3 @L’écureuil

♬ son original – Mr. Andros Be Nuts !

Pour Bump., Wilkinson est un des exemples les plus marquants cette année : la marque a sponsorisé la “Race of Champions”, une course surprise réunissant quatre anciens pilotes stars du GP – Sylvain Lévy, Étienne Moustache, LeBouseuh et Depielo. Cette activation, pensée comme une “course des All Stars”, a été tenue secrète jusqu’à l’ouverture des boxes. Wilkinson a brandé les quatre Ligier utilisées pour l’occasion, et cela a créé un moment fort du week-end.

D’autres ont multiplié les activations immersives – stands expérientiels dans le village, loges pour clients et partenaires, produits dérivés co-brandés – et se sont inscrites dans le même esprit :
Boursobank a sponsorisé le bracelet cashless remis à tous les spectateurs ;
Air Up a proposé des gourdes co-brandées GP Explorer ;
JBL a lancé une enceinte en édition spéciale, vendue dans son espace.

Toutes se sont insérées avec intelligence dans l’éditorial pensé par les créateurs, sans jamais dicter le contenu – une ligne rouge fixée par Bump et Squeezie pour préserver l’authenticité du rendez-vous. “Ce public est très engagé, interactif, et n’hésite pas à consommer sur place. C’est une chance d’avoir un tel état d’esprit côté spectateurs (…) Nous avons toujours cherché à proposer des packages de sponsoring les plus 360 possibles, afin de couvrir l’ensemble des besoins de communication des annonceurs”, rappelle ainsi Sébastien Galli.

Les résultats

Pour Andros Be Nuts !, ce GP3 est d’ores et déjà un succès : “Le bilan ultra positif ! Pendant deux jours, on a vraiment vécu un moment hors du temps : on a senti une vraie bienveillance et surtout un enthousiasme sincère de la part des visiteurs autour de la marque. Le contact direct avec eux, c’est ce qu’on retient le plus.

La marque cherchait à démontrer les avantages de son produit, “riche en goût, source de protéines et de fibres, et surtout 4 fois moins sucrée qu’une pâte à tartiner au chocolat classique”, “et vu le succès du stand, on peut presque affirmer qu’aucun des 200 000 spectateurs n’est reparti sans avoir goûté une de nos tartines ou crêpes !”, se félicite Juliette Prévot.

C’est un événement qui s’impose comme un moment de pop culture, et qui permet à la marque de s’intégrer dans une aventure partagée avec les créateurs et leurs communautés. On ne parle plus ici d’achat d’attention publicitaire, mais d’un véritable partage d’expérience culturelle, avec un effet caisse de résonance qui continue bien au-delà du jour de la course. Entre les streams, les TikTok, les vlogs, les rediffusions et les memes, la marque continuera de vivre dans les contenus des créateurs et dans les conversations bien après la course”, déclare Anthony Bober, directeur de création Havas Paris Social.

Les chiffres clés
– Nouveau record d’audience sur Twitch en France : plus de 1,3 million de spectateurs simultanés sur la chaîne Twitch de Squeezie pendant le live, et un pic à 1,6 million sur France 2 ;
– 12 écuries et 24 pilotes ;


– Un album, The Last Race, produit et réalisé par SCH, avec notamment GIMS, La Mano 1.9, Theodora, Clara Luciani, Sofiane Pamart, Charlotte Cardin, Dinos, Oboy, Adèle Castillon, Zamdane…

– 3 jours de festival et 2 concerts ;
– Plus de 200 000 spectateurs sur place ;
– Ticket d’entrée : quelques dizaines de milliers d’euros jusqu’à un montant à 7 chiffres pour les partenaires les plus investis selon nos informations.

Pour France Télévisions, partenaire média et diffuseur :
– 6,7 millions de spectateurs touchés par l’événement sur France Télévisions (couverture tous écrans)
– Pic à 1,6 million sur France 2 pour le dernier tour ;
– 39,5% de PdA sur les 15-34 ans, dont plus de la moitié sont des 15-24 ans ;
– 46 ans d’âge moyen sur France 2 : net rajeunissement du public ;
– Audience équilibrée entre les trois générations (15-34 ans, 35-59 ans, +59 ans) ;
– Plus de 70% des nouveaux utilisateurs inscrits sur france.tv à cette occasion ont moins de 24 ans ;
– Succès du dispositif on-board, en exclusivité sur france.tv : près de 50% des vidéos vues sur la plateforme ;
– L’évènement a déjà rassemblé 14 millions de vues sur les réseaux sociaux de France Télévisions.

Les enseignements côté image et business

Au-delà des chiffres, records après records sur Twitch comme sur France Télévisions, le véritable enseignement du GP Explorer réside dans la force de son public. “En tant que cofondateur de l’agence, j’ai vu le chemin parcouru depuis la première édition. Au-delà des chiffres – qui sont très valorisants – le principal enseignement reste la qualité du public”, confie Sébastien Galli (Bump). Dans le village comme dans les tribunes, il dit avoir observé “des gens respectueux, souriants, disciplinés… capables de déclencher spontanément une Marseillaise ou un clapping, et qui rendaient les boutiques sold out en quelques heures. À 7 heures du matin, sous la pluie et le vent, les tribunes étaient déjà pleines.” Une ferveur qui, selon lui, constitue “une vraie chance pour tout l’écosystème digital”.

Pour Andros Be Nuts !, partenaire titre de l’écurie Théodort-Mastu, l’expérience a aussi confirmé la puissance de ce lien communautaire, tout en offrant un terrain pédagogique inattendu : “Nous avons pu leur faire découvrir notre pâte à tartiner autrement et tous les atouts de la cacahuète. C’est notre manière de dire qu’on peut se faire plaisir sans se prendre la tête.” Une approche en phase avec les aspirations d’une génération qui dit valoriser le vrai, le plaisir et la spontanéité.

La marque revendique trois clés de succès dans son partenariat : un engagement total en devenant sponsor principal, la générosité dans la distribution de ses produits et une cohésion d’équipe sans faille. Pour elle, la même recette que l’événement lui-même : un mélange de passion, de convivialité et de communauté.

Des critiques ?

Le GP Explorer n’a pas échappé aux critiques sur son impact environnemental. Un sujet assumé par Sébastien Galli, qui réfute toute tentation de greenwashing : “Il n’a jamais été question de notre côté de faire du greenwashing vulgaire. Nous savons qu’un événement de cette ampleur a un impact, mais nous avons cherché à maîtriser tout ce qui pouvait l’être.

Concrètement, les organisateurs ont encouragé les déplacements en transports collectifs, mis en place une collecte des déchets, et travaillé sur de multiples détails pour réduire l’empreinte globale. “Ce ne sont pas les voitures elles-mêmes qui polluent, elles représentent à peine 1 % des émissions de carbone. Ce qui pèse le plus, ce sont les déplacements du public”, souligne le cofondateur de Bump.

Un constat qui pousse Sébastien Galli à relativiser les critiques : “Le Tour de France, avec les millions de spectateurs qu’il déplace pendant un mois, pollue bien davantage. Pourtant, il n’est pas challengé de la même manière.” Même jusqu’au carburant, la réflexion a été poussée, rappelle-t-il, puisque le championnat de Formule 4 utilise déjà un carburant spécifique moins impactant (bioéthanol E85).

L’après GP Explorer

Avec 200 000 spectateurs sur place, des tribunes combles dès l’ouverture malgré une météo peu clémente, et des records d’audience battus à chaque édition sur Twitch comme sur France Télévisions, le GP Explorer s’est imposé comme un rendez-vous immanquable. Mais pour Sébastien Galli, cofondateur de Bump, l’essentiel dépasse les chiffres. L’événement se distingue par sa qualité et celle de sa communauté : engagée, respectueuse, prête à consommer et fière de soutenir les créateurs digitaux.

Un constat qui nourrit déjà la réflexion sur un “après”. Fidèle à son modèle – partir de la passion authentique d’un créateur pour bâtir un événement grand public – Bump. a déjà fait ses preuves avec la boxe aux côtés de Billy, à la Défense Arena, réunissant plus de 30 000 spectateurs. “C’est notre principe de base : ne jamais lancer un événement opportuniste. Il faut toujours qu’il y ait un créateur ou une créatrice dont la passion est authentique et qui accepte d’endosser le projet”, insiste le CEO de l’agence de Squeezie.

L’agence envisage désormais d’aller plus loin, en explorant l’idée d’une ligue. Celle-ci mettrait en avant de jeunes talents, notamment féminins et issus de la diversité, pour leur offrir l’opportunité de prendre le volant et, peut-être, d’envisager une carrière. Un projet encore embryonnaire, mais présenté comme la suite logique du GP Explorer.

Les marques, elles aussi, affichent leur appétit pour prolonger l’expérience. Chez Andros Be Nuts !, l’enthousiasme est palpable : “Cette première expérience nous a donné envie de continuer. Le GP Explorer nous a permis d’aller à la rencontre d’un public jeune et passionné, exactement celui avec qui nous voulons construire la suite de l’aventure Andros Be Nuts !. Nous avons envie de prolonger cela à travers d’autres événements culture web ou sport, festifs et fédérateurs”, explique la marque, prête à multiplier les formats et les collaborations.

Quel héritage laissera ce format hybride, à la croisée de l’entertainment, du sport et du marketing ? Le GP Explorer pourrait bien avoir tracé la voie d’une nouvelle génération d’événements, où la passion des créateurs devient la matière première de spectacles capables de rassembler communautés et annonceurs.

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