L’IA change la donne pour l’Observatoire de l’influence responsable de l’ARPP

Par Iris M. le 30/09/2025

Temps de lecture : 2 min

Six fois plus de contenus analysés.

En 2025, l’Observatoire de l’influence responsable de l’ARPP passe à la vitesse supérieure. L’intelligence artificielle entre dans la boucle et transforme l’analyse des contenus. Exit la seule recherche de mots-clés « regex » : désormais, textes, images et audios sont décortiqués.

Cette montée en gamme a déjà produit ses effets : 194 000 contenus ont été analysés au premier semestre, contre 64 000 sur l’ensemble de 2024. Objectif affiché : 400 000 d’ici fin d’année. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les contenus non conformes, qui représentaient près d’un quart des collaborations entre les créateurs et les marques lors de la première édition de l’Observatoire en 2019, ne pèsent plus que 3 % en 2025, quand 90 % s’avèrent pleinement conformes.

« Avec l’intégration de l’IA, nous levons le voile sur des manquements qui échappaient jusqu’ici », souligne Mohamed Mansouri, directeur délégué de l’ARPP. Car l’IA détecte aujourd’hui ce qui restait jusqu’alors dissimulé : placements de produits noyés dans des vidéos éditoriales ou collaborations camouflées derrière un storytelling trop lisse. Comme un filet à mailles fines, l’Observatoire attrape ce qui glissait auparavant entre les doigts.

Autre enseignement, le Certificat de l’Influence commerciale Responsable de l’ARPP joue un rôle décisif. Trois fois moins de manquements chez les créateurs certifiés que chez les non certifiés : 76 % de conformité contre 51 %. Les marques et agences ne s’y trompent pas, certaines exigeant déjà cette accréditation pour sécuriser leurs campagnes et garantir des offres “brand safe”.

La hiérarchie des “mauvais élèves” évolue aussi. Les petits influenceurs, longtemps montrés du doigt, affichent des taux de conformité proches des plus gros profils. Le balancier penche vers les créateurs intermédiaires, plus exposés aux écarts. Une preuve que la loi du 9 juin 2023, la médiatisation du sujet et les initiatives pédagogiques de l’ARPP ont diffusé une culture de la transparence jusqu’aux audiences elles-mêmes, dès lors promptes à pointer les manquements.

Avec plus de 2 200 créateurs certifiés et une vingtaine de nouvelles inscriptions chaque semaine, le modèle français d’autorégulation gagne du terrain. Douze pays européens l’adopteront via la plateforme Ad Ethics coordonnée par l’EASA. Après des années de travaux, la France exporte son savoir-faire réglementaire et ses standards de transparence.

Lors de cette matinée, la présentation de l’Observatoire a été complétée par deux tables rondes : l’une sur la protection de l’enfance dans le cadre du marketing d’influence (pour résumer, dès qu’il y a un enfant de visible, un contrat est nécessaire !), préfacée par Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l’Enfance, et l’autre sur la délicate relation entre influence et tourisme responsable.

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