De holding à plateforme.
WPP poursuit l’industrialisation de son offre en lançant une version en libre-service de sa plateforme d’IA marketing, WPP Open. Baptisée WPP Open Pro, cette déclinaison entend démocratiser l’accès aux outils du groupe pour séduire de nouveaux segments, au-delà des grands comptes qui constituent son portefeuille traditionnel.
Présentée par la nouvelle CEO Cindy Rose (une ancienne dirigeante de Microsoft), WPP Open Pro propose une interface permettant aux marques de planifier des campagnes, de générer des contenus publicitaires et de les publier directement sur les grandes plateformes, ou via le studio média intégré de WPP. Alimentée par des modèles génératifs partenaires – de Google à OpenAI en passant par Adobe – la solution combine stratégie, création automatisée et diffusion, avec la promesse d’un pilotage simplifié et de résultats mesurables.
« La rapide accélération de la technologie transforme en profondeur notre industrie et WPP entend mener ce changement », a déclaré Cindy Rose. « Avec WPP Open Pro, nous mettons notre avantage en matière d’IA directement entre les mains d’un éventail beaucoup plus large de marques et d’entreprises. C’est une manière de transformer la manière dont le marketing est livré et d’élargir notre marché adressable. »
L’enjeu est double pour WPP. D’une part, offrir aux divisions locales de ses clients mondiaux un outil plus agile et conforme aux standards du groupe. D’autre part, élargir son marché adressable en s’adressant aux PME et aux annonceurs de taille intermédiaire (les fameuses ETI), peu habitués à recourir aux services complets d’un réseau international. Comme l’explique Stephan Pretorius, Chief Technology Officer de WPP : « Alors que certaines entreprises cachent leurs solutions d’IA derrière des équipes de service, WPP Open Pro est une offre intégrée conçue pour livrer des résultats, pas seulement des assets. »
Dans un contexte marqué par la pression sur ses marges et par la concurrence accrue autour des promesses de l’IA, ce lancement s’inscrit dans la volonté affichée du groupe de reconquérir de la croissance. « C’est simple, intuitif et transformateur », a poursuivi Pretorius. « Cela donne aux marketeurs le contrôle, la rapidité et l’échelle, avec une qualité de niveau “enterprise”. »
Reste à savoir si cette ouverture permettra réellement à WPP d’équilibrer sa dépendance aux multinationales et de convertir en clients réguliers des acteurs plus modestes, longtemps restés en dehors de son radar. Une interrogation qui résonne avec l’évolution plus large du marché publicitaire, où les grandes agences cherchent à capter une économie fragmentée et en quête d’autonomie.

L’outil semble calibré cependant pour le marché américain où les SMB (small & medium businesses, les PME et ETI) ont des budgets publicitaires pouvant atteindre plusieurs millions de dollars annuels. Ce qui fait le bonheur et la prospérité d’acteurs comme Google et Meta, ou plus récemment comme les Français de Vibe.co dans la CTV.











