L’UMICC dévoile une enquête sur les créateurs de contenu en France

Par Myléna T. le 09/12/2025

Temps de lecture : 4 min

Un métier encore fragile.

L’Union des Métiers de l’Influence et des Créateurs de Contenu (UMICC), en partenariat avec l’institut Ipsos et Favikon, a dévoilé ce 4 décembre la première grande enquête nationale consacrée aux créateurs de contenu en France. Réalisée auprès de 430 professionnels et 1 000 Français, l’étude propose un double éclairage : celui des créateurs sur leur métier et celui du public sur la place de ces contenus dans la vie quotidienne, sur des plateformes comme Instagram, TikTok ou  encore YouTube. De cette étude ressort 5 grands enseignements.

1. Un secteur solide mais encore peu reconnu

Les créateurs de contenu ne sont plus un phénomène éphémère. 59 % publient depuis plus de cinq ans, et 86 % prévoient de poursuivre leur activité, confirmant donc une implantation durable dans le paysage numérique. Pourtant, la reconnaissance peine à suivre : 81 % des créateurs estiment que leur activité n’est pas valorisée à sa juste mesure, tandis que 87 % insistent sur les compétences spécifiques que le métier exige, allant de la création visuelle à la gestion de leurs communautés. Malgré ces expertises, peu d’entre eux se sentent pleinement intégrés dans le champ des professions, ce qui souligne un besoin de clarification institutionnelle et légale.

2. Les créateurs sous l’emprise des algorithmes

L’étude met en évidence la fragilité structurelle du métier liée aux algorithmes et aux règles des plateformes. 53 % des créateurs citent le manque de transparence des algorithmes, 46 % la pression des statistiques et 43 % l’instabilité des revenus comme principales difficultés. Ces contraintes créent un rapport asymétrique avec les plateformes : changements de règles, différence de visibilité et incertitudes sur la monétisation deviennent la norme. Pour de nombreux créateurs, cette dépendance impose un équilibre précaire entre créativité et adaptation permanente aux exigences externes, accentuant le besoin d’un cadre plus protecteur et lisible.

3. Des revenus irréguliers et souvent précaires

L’économie du secteur reste dispersée. Si 40 % des créateurs tirent l’intégralité de leurs revenus de leur activité, la majorité ne perçoit qu’un revenu limité. Les principales sources de revenus incluent les publications sponsorisées (55 %), la publicité (29 %) et les affiliations (30 %). La méconnaissance des dispositifs publics amplifie ce déséquilibre : 85 % des créateurs ignorent l’existence d’aides et seuls 12 % connaissent le CNC, pourtant acteur majeur du soutien à la création numérique. Cette situation freine la structuration et contribue à une précarité, particulièrement parmi les micro-influenceurs et les créateurs indépendants.

4. Un levier culturel et social majeur

Les créateurs jouent un rôle central dans la diffusion culturelle et informative. 86 % des Français utilisent les réseaux sociaux pour se divertir, mais 65 % s’y cultivent et 63 % pour s’informer. Les thématiques les plus suivies incluent la musique (56 %), l’humour (53 %), le cinéma et le théâtre (32 %) ainsi que les sujets comme l’actualité et la politique (près de 40 %). Les contenus circulent sur plusieurs plateformes : 95 % des utilisateurs consomment du contenu culturel sur YouTube, 91 % sur Instagram et 96 % sur Pinterest. 

5. Des besoins clairs pour structurer la filière

Les créateurs aspirent à un cadre plus protecteur et lisible. La majorité exerce sous le régime de l’auto-entreprise ou de l’entreprise individuelle (73 %), des statuts pratiques mais insuffisamment sécurisants. Ils réclament un suivi comptable et fiscal adapté, des protections juridiques et sociales, des formations et des opportunités de monétisation équitables. L’UMICC a initié un partenariat avec Audiens pour proposer une mutuelle sur-mesure. Ces mesures constituent une première réponse aux besoins exprimés par les créateurs, mais la structuration durable dépendra d’une action collective entre pouvoirs publics, plateformes et professionnels.

Les créateurs sont majoritairement des femmes (70 %), âgées de 25 à 42 ans, et publient en moyenne sur trois thématiques. Leur motivation reste principalement passionnelle : 67 % se lancent pour partager un centre d’intérêt, 51 % pour exprimer leur créativité et 43 % pour créer du lien social. Les considérations économiques viennent en second plan.

L’influence des créateurs dépasse le divertissement. Près d’un Français sur deux a déjà acheté un produit ou un service suite à une recommandation, notamment dans les secteurs du livre, du cinéma ou de la musique. Même lorsque les utilisateurs ne consomment pas directement, les créateurs facilitent l’accès aux industries culturelles, démocratisant l’offre et renforçant l’impact social de leurs contenus.

Infographie

Le baromètre complet est à télécharger ici.

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