Moins cher et plus rapide.
Pour la toute première fois et alors qu’une partie du secteur de la création s’inquiète des avancées de l’IA générative (et de son potentiel remplacement), Netflix intègre une séquence générée par intelligence artificielle dans l’un de ses contenus originaux. Dans L’Éternaute, série de science-fiction argentine diffusée depuis le 30 avril dernier, une scène d’effondrement d’immeuble à Buenos Aires a été réalisée via des outils de génération vidéo IA. La scène a été produite « dix fois plus rapidement » qu’avec des effets visuels classiques. Une expérimentation assumée par l’annonceur lors de la présentation des résultats trimestriels de Netflix le 17 juillet (ils sont – très – bons).
Ted Sarandos, co-directeur général de Netflix, ne cache pas son enthousiasme : « Cette séquence est la toute première d’IA (générative) à apparaître à l’écran dans une série ou un film original de Netflix. » Pour le co-dirigeant, cette technologie est à la fois « plus efficace » et « moins chère« , tout en permettant des ambitions visuelles jusqu’alors réservées aux productions à gros budget. Il précise que l’usage d’outils IA a permis d’obtenir « un résultat étonnant avec une rapidité remarquable« , une solution que Netflix ne compte visiblement pas réserver à ce seul projet.
L’ogre rouge donne ainsi un signal fort sur l’évolution de ses méthodes de production. En intégrant l’IA dans la fabrication des effets spéciaux, la plateforme réinvente une partie de la chaîne de valeur audiovisuelle. L’intelligence artificielle devient un outil stratégique, désormais incontournable dans le paysage des créations numériques. Comme le résume Ted Sarandos : « Nous restons convaincus que l’IA représente une opportunité incroyable d’aider les créateurs à produire des films et des séries de meilleure qualité, et pas seulement moins chers. »
Si le futur de l’industrie audiovisuelle reste à écrire, cette première utilisation significative de l’IA par Netflix marque un point de bascule. L’enjeu sera désormais de définir comment et dans quelles limites cette technologie s’intégrera durablement aux processus créatifs.











