Plus que de simples programmes.
Netflix dévoile “The Netflix Effect”, visant à montrer que ses films et ses séries ont des effets bien au-delà de leur diffusion à l’écran. La plateforme met en avant l’impact global de ses productions, sur l’économie, les territoires et les usages culturels. L’ensemble s’inscrit dans une logique plus large : celle d’un streaming qui ne se limite plus au divertissement, mais participe désormais à des dynamiques économiques et sociales à l’échelle mondiale.
Une industrie économique devenue système mondial
Sur les dix dernières années, la plateforme affirme avoir investi plus de 135 milliards de dollars dans la production et l’acquisition de contenus, qu’il s’agisse de créations originales ou de programmes sous licence. Des acquisitions qui placent l’entreprise bien au-delà d’un simple acteur, en l’inscrivant dans la chaîne de financement globale de l’audiovisuel.
Mais ce qui structure véritablement le discours, c’est l’impact indirect de ces investissements. Netflix estime que son activité a généré plus de 325 milliards de dollars de valeur ajoutée dans l’économie mondiale. Une estimation qui place la plateforme dans une logique qui dépasse celle d’un simple acteur du divertissement pour l’inscrire dans une dynamique industrielle globale.
Ce positionnement repose aussi sur l’emploi. Plus de 425 000 personnes auraient travaillé directement sur les productions Netflix au cours de la dernière décennie, auxquelles s’ajoutent plusieurs centaines de milliers de travailleurs intermittents, figurants et prestataires.
Netflix insiste sur la diversité des métiers impliqués. Derrière un film ou une série, ce sont des chaînes entières de production qui se mettent en place, allant des équipes artistiques aux services techniques, en passant par la logistique ou les prestataires locaux.



L’ancrage local comme modèle
Si Netflix peut fonctionner à cette échelle, c’est parce que son modèle repose sur une organisation ancrée dans les territoires. La plateforme produit aujourd’hui dans plus de 50 pays et en 50 langues, en s’appuyant sur un réseau de plus de 2 000 sociétés de production.
Cette organisation permet de transformer chaque projet en un écosystème local. Un tournage Netflix ne se limite jamais à une équipe créative : il mobilise des hôtels, des transporteurs, des artisans, des techniciens, des prestataires de restauration et une multitude d’acteurs locaux. L’économie générée dépasse largement le cadre de la production audiovisuelle elle-même.
Cette logique s’est construite progressivement. En 2015, Netflix lance Club de Cuervos, sa première série originale produite hors des États-Unis. Ce projet marque une rupture : la plateforme commence à produire directement dans les territoires plutôt que d’importer uniquement des contenus déjà finalisés.
Depuis, cette logique s’est amplifiée avec des productions devenues emblématiques dans leurs pays d’origine, comme Lupin en France ou Bridgerton au Royaume-Uni.


Des territoires transformés par la production
Cette logique d’ancrage local se traduit dans la géographie des tournages. Netflix affirme avoir filmé dans plus de 4 500 villes et lieux à travers le monde.
Certaines de ces localités deviennent même des points d’ancrage réguliers. C’est le cas de la ville de Strängnäs, en Suède, où sont tournées plusieurs versions européennes de Love Is Blind. Pendant près de 40 semaines par an, la ville vit au rythme des productions, accueillant équipes techniques, candidats, et tout un ensemble de prestataires associés.
Cette présence prolongée transforme l’économie locale. Les hôtels fonctionnent en continu, les restaurants adaptent leur offre, les transports sont sollicités, et de nouveaux emplois temporaires apparaissent dans des secteurs très variés.
Au-delà de l’activité économique, cette transformation modifie aussi la perception du territoire. Une petite ville devient, temporairement, un carrefour de production international, connecté à des audiences mondiales.
Jacob Högfeldt, maire de Strängnäs, résume cette idée : « Lorsque des productions internationales s’installent durablement dans une ville comme la nôtre, cela envoie un signal fort sur la place que peuvent occuper les territoires de taille intermédiaire dans l’industrie mondiale du divertissement. »

Des communautés qui deviennent partie intégrante des productions
L’impact des productions ne se limite pas selon Netflix aux infrastructures ou à l’économie locale. Il touche aussi les communautés impliquées dans les tournages. Dans plusieurs cas, Netflix intègre des habitants locaux à différentes étapes du processus de création.
En Colombie, Frontera Verde a été tourné en Amazonie avec la participation de communautés locales, impliqués aussi bien dans des rôles techniques que dans des fonctions artistiques ou logistiques. Cette intégration dépasse la simple figuration pour s’inscrire dans une logique de collaboration plus large.
Dans d’autres cas, cette implication devient presque culturelle. Certaines productions incluent des rituels ou des moments symboliques liés aux territoires, renforçant le lien entre fiction et réalité locale.
Aux États-Unis, Ransom Canyon a généré plus de 700 emplois dans le Nouveau-Mexique, tandis qu’en Corée du Sud, When Life Gives You Tangerines a mobilisé plusieurs centaines de professionnels et des milliers de prestataires.
À chaque fois, Netflix décrit un même mécanisme : une production active une économie locale temporaire, qui dépasse largement le cadre artistique.
Un catalogue largement construit sur les licences
Si les productions originales occupent une place centrale dans la communication de Netflix, la plateforme rappelle qu’elles ne représentent qu’une partie de son activité. En réalité, plus de 75 % de son catalogue est constitué de contenus sous licence.
Ces contenus proviennent de plus de 3 000 partenaires à travers le monde, incluant studios, chaînes de télévision et producteurs indépendants.
Cette dimension permet non seulement d’élargir l’offre disponible, mais aussi de prolonger la durée de vie des œuvres. Certaines productions trouvent ainsi une seconde audience plusieurs années après leur sortie initiale.
Netflix cite notamment des cas où des films ou séries connaissent une nouvelle trajectoire de succès après leur arrivée sur la plateforme.
Les producteurs de L’Amour ouf, Alain Attal et Hugo Sélignac, expliquent : « Netflix a été l’un des tout premiers partenaires à croire en la vision audacieuse et ambitieuse de Gilles Lellouche pour L’Amour ouf, et son soutien nous a permis de concrétiser pleinement nos ambitions artistiques. Le succès du film témoigne de cette ambition partagée. Nous sommes aujourd’hui très heureux de le voir commencer une nouvelle vie sur Netflix et toucher de nouveaux publics. »
Ce modèle repose donc autant sur la création que sur la circulation des œuvres existantes.

La fin du tout-anglais
L’un des changements les plus significatifs concerne la langue. En dix ans, la part des contenus non anglophones est passée de moins de 10 % à plus d’un tiers du visionnage total sur Netflix.
Cette évolution repose sur une infrastructure de localisation particulièrement développée. La plateforme propose aujourd’hui des contenus doublés dans 36 langues et sous-titrés dans 33 langues, permettant une circulation presque immédiate des œuvres à l’échelle mondiale.
Cette capacité change la manière dont les contenus voyagent. Une série produite dans un pays peut désormais trouver une audience mondiale en quelques jours, sans barrière linguistique.
Le cas de Squid Game reste le plus emblématique de cette bascule mondiale, avec plus de 60 millions de vues en trois jours pour sa saison 3 et une première place dans 93 pays pour les contenus non anglophones.

Structurer les talents de demain
Au-delà de la production, Netflix met également en avant son rôle dans la formation des professionnels du secteur audiovisuel. La plateforme revendique plus de 1 000 programmes et événements organisés dans plus de 75 pays en cinq ans.
Ces initiatives ont touché plus de 90 000 participants, allant d’étudiants à des professionnels expérimentés. L’objectif est de renforcer les compétences locales pour soutenir la croissance de l’industrie dans son ensemble.
Ces programmes couvrent des domaines très variés, allant de la production à la postproduction, en passant par les aspects techniques et financiers. Ils permettent d’accompagner la montée en compétence des écosystèmes locaux.
Dans certains cas, ces formations sont directement liées aux besoins des productions installées sur les territoires, créant une forme de boucle entre création et apprentissage.

Des carrières accélérées par l’exposition mondiale
Netflix insiste aussi sur l’impact de ses productions sur les trajectoires individuelles. La plateforme revendique plus de 1 700 nominations et 350 récompenses majeures sur la dernière décennie, un volume qui illustre la reconnaissance internationale dont bénéficient ses contenus et les talents qui y participent.
Pour certains acteurs, cette exposition mondiale agit comme un accélérateur de carrière. L’acteur Owen Cooper, révélé dans la série Adolescence (devenant la deuxième série la plus visionnée de la plateforme), où il interprète Jamie,, a rapidement vu sa notoriété exploser grâce à ce rôle. Il explique : « Je suis le plus jeune homme à avoir remporté un Primetime Emmy Award, et le plus jeune lauréat d’un Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle. »
L’acteur Michele Morrone, révélé au niveau international grâce à 365 Days, dans lequel il incarne Don Massimo Torricelli, a lui aussi vu sa carrière basculer avec la diffusion mondiale du film sur la plateforme. Il confie : « Le succès de 365 Days a ouvert des portes que je n’aurais jamais pu imaginer. La sortie mondiale a permis aux gens du monde entier de découvrir mon travail en même temps. »
Pour d’autres talents, cette visibilité impacte la manière dont les carrières se construisent dans l’industrie audiovisuelle. Les œuvres ne sont plus seulement des projets locaux, mais deviennent des vitrines globales capables de projeter instantanément un acteur ou un créateur à l’échelle internationale.
La réalisatrice Maggie Kang, à l’origine du film d’animation à succès mondial KPop Demon Hunters, explique : « Je ressens une immense fierté en tant que cinéaste coréenne de voir que le public souhaite découvrir davantage cette histoire et ces personnages coréens. Il y a encore beaucoup à explorer dans cet univers que nous avons construit, et je suis impatiente de le partager. Ce n’est que le début. »

L’impact hors écran
L’impact des productions Netflix ne s’arrête pas au visionnage. Il se prolonge dans des comportements culturels très concrets, allant de la musique au tourisme, en passant par la consommation.
Après Stranger Things, les écoutes de Kate Bush ont fortement augmenté, notamment parce que la série a remis en lumière son titre “Running Up That Hill” utilisé dans une scène clé de la saison 4, devenue virale et massivement reprise sur les réseaux sociaux. La scène a déclenché une redécouverte mondiale du morceau, plusieurs décennies après sa sortie initiale.
Après Le Jeu de la dame les ventes de jeux d’échecs ont progressé de manière significative, la série ayant suscité un regain d’intérêt pour le jeu d’échecs en le rendant plus accessible et désirable auprès d’un public large.
Le tourisme est également concerné. Certaines études montrent qu’une part importante des visiteurs de Paris ont été influencés par Emily in Paris dans leur choix de destination.
Dans d’autres cas, ce sont les tendances mode, les objets culturels ou même les habitudes de consommation qui sont influencés. Certaines séries ou films créent des effets sur des produits ou des styles précis, repris ensuite par les spectateurs, souvent via les réseaux sociaux, prolongeant ainsi l’univers des programmes dans le quotidien.

Des contenus devenus phénomènes sociaux
Enfin, Netflix conclut son récit sur la notion de circulation culturelle. Les contenus deviennent des phénomènes sociaux, des tendances numériques et parfois des événements physiques.
Des séries comme Mercredi, Beckham ou Un couple parfait génèrent des vagues de contenus sur les réseaux sociaux, prolongeant leur existence bien au-delà de leur diffusion initiale.
Netflix cite également Squid Game comme l’un des exemples les plus marquants de cette dynamique mondiale. Avant la sortie de la saison 2, la plateforme a organisé des événements dans plus de 25 pays à travers six continents, réunissant des dizaines de milliers de participants, notamment sur les Champs-Élysées à Paris ou à Séoul. Les costumes des gardes, les épreuves de la série et son identité visuelle sont devenus des références culturelles immédiatement reconnaissables, reprises autant dans les événements physiques que sur les réseaux sociaux.












