Quand le zapping rime avec remix.
Meta a présenté Vibes, un nouveau fil de vidéos courtes générées uniquement par intelligence artificielle. Disponible sur l’application Meta AI et via meta.ai, ce flux propose de défiler des contenus créés grâce à l’IA générative. Les utilisateurs peuvent également les remixer : changer la musique, modifier le style visuel, ou repartir d’un clip pour en faire un autre. Chaque vidéo indique le prompt qui l’a engendrée, et peut être partagée directement sur Vibes ou recyclée en Stories et Reels sur Facebook et Instagram.
Meta promet qu’avec le temps, le flux se personnalisera selon les usages. Traduction : plus vous regardez et transformez, plus l’IA affine son déluge “créatif”.






Ce lancement intervient après l’introduction en juin de fonctions de montage vidéo IA et s’inscrit dans une réorganisation plus large. Les équipes d’intelligence artificielle de Meta ont été regroupées au sein d’une division baptisée Superintelligence Labs, dans un contexte marqué par les difficultés de son modèle Llama 4 et plusieurs départs stratégiques. Vibes apparaît ainsi comme une vitrine : montrer que Meta reste un acteur central de l’IA générative.

Mais le verdict des observateurs est déjà cinglant. Certains médias parlent d’« AI slop », une bouillie visuelle où s’enchaînent personnages absurdes et scènes improbables. D’autres dénoncent une innovation que personne n’aurait vraiment demandée, dans un univers numérique déjà saturé. Des exemples relayés montrent des chats de cartoon pétrissant de la pâte ou des selfies exotiques sortis de nulle part.


Autre point sensible : pour cette première version, Meta s’appuie sur des modèles tiers comme Midjourney et Black Forest Labs, soulevant des questions de dépendance technologique et de propriété intellectuelle.
Avec Vibes, Meta tente une démonstration radicale : un flux où l’humain ne crée plus, mais se contente de swiper ou de remixer. Reste à voir si ce moulin à images séduira les foules, ou s’il deviendra le symbole d’une époque où produire beaucoup compte plus que produire bien.











