Tout est sous contrôle.
Le marketing d’influence n’est plus un espace sans foi ni loi pour les créateurs et les marques. Selon une étude menée par Kolsquare, l’Europe et la France mettent en place un cadre réglementaire strict qui vise à encadrer toutes les pratiques sur les réseaux sociaux. Cette évolution s’inscrit dans un mouvement plus large tendant à harmoniser les règles, protéger les consommateurs et responsabiliser les plateformes, alors que les budgets consacrés à l’influence atteignent en moyenne 3,4 M€ par an en Europe.
Concrètement, la loi européenne impose désormais plusieurs obligations. Le Digital Services Act (DSA) place les plateformes sous surveillance directe des régulateurs et oblige à une plus grande transparence dans la publicité et le contenu sponsorisé. Les déclarations environnementales doivent être prouvées, et tout contenu généré ou modifié par intelligence artificielle doit être signalé. Les directives européennes interdisaient ou encadrent déjà la promotion de certains produits comme le tabac, l’alcool ou les jeux d’argent auprès des mineurs.
En France, la loi du 9 juin 2023 sur les influenceurs renforce encore le cadre. Tout contenu sponsorisé, rémunéré ou produit offert doit être identifié dès le début, avec des mentions claires telles que « publicité » ou « collaboration commerciale ». La promotion de la chirurgie esthétique est interdite, et les secteurs sensibles comme la finance ou les cryptomonnaies pour les mineurs sont strictement encadrés. La DGCCRF supervise l’application de ces règles, tandis que l’ARPP propose le Label de l’influence responsable pour professionnaliser les pratiques.
Les changements ne concernent pas seulement la France. Dans toute l’Europe, les campagnes doivent désormais démontrer la véracité des allégations, notamment environnementales. Les marques doivent conserver des documents prouvant leurs affirmations et adapter leurs contenus selon les exigences locales. Les écarts de réglementation entre pays imposent une vigilance particulière pour les marques.
Tandis que 63 % des marques incluent déjà des clauses éthiques dans leurs contrats avec les créateurs, la régulation transforme également la relation entre marques et créateurs. Les contrats intègrent désormais des clauses de conformité obligatoires, et la formation des influenceurs devient un atout stratégique. Collaborer avec des créateurs certifiés réduit les risques de sanctions et valorise la professionnalisation des campagnes. Les micro-influenceurs restent un point sensible, car ils sont souvent moins encadrés.
Ces règles ont un impact direct sur la planification des campagnes. Les marques doivent anticiper les exigences de transparence, vérifier l’âge et la cible de leur audience, signaler tout usage d’IA et documenter les allégations. Les indicateurs de performance ne suffisent plus : la conformité est désormais un critère stratégique.
Pour les marques et les créateurs, la maîtrise de ces règles n’est plus une option : c’est un facteur clé de crédibilité et un avantage concurrentiel. Ceux qui sauront intégrer ces obligations dans leurs campagnes sortiront gagnants dans un marché où confiance et éthique sont désormais essentielles.
Pour aller plus loin, téléchargez le guide de Kolsquare sur la régulation du marketing d’influence et des réseaux sociaux en Europe.











