Et si ce court-métrage signé Google DeepMind changeait pour de bon la façon de produire des films d’animation ?

Par la Réclame le 29/01/2026

Temps de lecture : 4 min

Le travail de l’IA est visible sur chaque plan, celui de l’humain aussi.

Le 26 janvier, Google a révélé lors du festival Sundance Dear Upstairs Neighbors, un court-métrage réalisé par Connie He (une ancienne de Pixar), qui mêle animation traditionnelle et renderings à l’IA générative. Un film créé pour promouvoir les outils spécialisés de Google DeepMind, Veo et Imagen. La multinationale accompagne ce travail d’un article explicatif des processus de création et des moyens mis en oeuvre pour le produire.

Dans cet article « making-of », Google cherche d’abord à rassurer les professionnels de l’animation, dont les effectifs vont très probablement diminuer du fait de l’intrusion de ces technologies dans leurs projets : « Depuis le début, l’équipe aspirait à habiliter les artistes animateurs à bénéficier du potentiel créatif de l’IA générative sans sacrifier leur contrôle artistique à son imprévisbilité inhérente. »

Idée initiale et storyboards ont été pensés et dessinés par Connie He, et Yingzong Xin signe les concept arts et character designs. Il est important de préciser qu’aucune séquence de ce court-métrage n’a été générée en un clic. On a fourni à l’IA des animations basiques, soit 3D, soit 2D, et les concept arts en question, et le modèle génératif a appliqué le style artistique déterminé aux mouvements fournis.

Mais certains prompts ont été un peu plus libres : par exemple, à partir des concept arts, l’IA a pu générer des mouvements qui n’avaient pas été animés au préalable. Google admet tout de même dans son article que Veo a eu beaucoup de mal à générer le personnage principal, Ada, en train de manger des spaghettis.

Le style expressionniste un peu pop a aussi été « extrêmement difficile » à faire comprendre à l’IA, expliquent les animateurs : « Nous nous attendions à ce que l’IA puisse aider à combler les trous, mais nous avons bientôt compris que ces styles étaient tellement uniques, et nos choix de design tellement spécifiques, que nos chercheurs auraient à développer de nouvelles capacités pour fournir le niveau de personnalisation et contrôle dont nous avions besoin pour donner vie au film. », peut-on lire. Un point important qu’ils se sont appliqués à améliorer par exemple : la consistance du style et de l’apparence d’Ada.

Sur la vidéo YouTube, les commentaires ne tardent pas : « cela ressemble au Spider-Verse », « on dirait Fooly Cooly » (un anime du début des années 2000). La question est importante : sur quoi ont été entraîné Veo et Imagen, outre les storyboards et concept arts spécifiques au court-métrage ? Le film est certes beau, mais est-il original ?

Pour « Dear Upstairs Neighbors, l’IA a donc permis aux 45 professionnels de l’animation qui ont travaillé dessus de donner à leurs outlines 2D et leurs modèle 3D l’air d’avoir été dessiné à la main. Et le gain de temps n’a pas encore été vraiment perceptible : il a d’abord fallu beaucoup entraîner l’IA à imiter le style d’animation voulu. Il a aussi fallu repasser derrière elle, vérifier et ajuster chaque plan généré. Pour une raison assez simple : pour un projet aussi ambitieux, il n’est pas possible aujourd’hui de déléguer à l’IA la génération d’un tout un plan et encore moins d’une séquence.

Pour le dire autrement, ce court-métrage ne s’est pas fait en un prompt, ni en un clic.

Est-ce que cela sera possible un jour ? L’avenir nous le dira.

Pour ce qui est des économies budgétaires que peut générer l’IA, la question n’est pas totalement réglée, la réponse n’est pas évidente. Dans son récent rapport sur les 9 enjeux de la “création augmentée” 2026, la maison de production visuelle par IA Detroit admettait que le recours à l’IA n’était pas encore réellement moins coûteux que la création humaine de campagnes, si l’on voulait que ces campagnes soient qualitatives, et pensées intelligemment.

La réalisatrice, Connie He, soutient que l’IA a permis ici d’accéder à un rendu visuel qui n’aurait pas été atteignable autrement. Elle évoque notamment le style de son père, peintre, dont elle a ici pu s’inspirer tout en l’animant de façon étonnant.

Ainsi, Google DeepMind veut faire la démonstration que l’IA va permettre « l’upskilling » des talents (« augmenter » les capacités des individus) plutôt que de les remplacer. Pour le bien des industries créatives dont la publicité fait partie, espérons que cette prophétie se réalise.

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