Prévention, expérience et attribution à Rock en Seine et We Love Green.
L’essentiel
– Relativement nouveau sur le terrain des festivals, Generali a rapidement resserré sa stratégie autour de deux rendez-vous majeurs : We Love Green et surtout Rock en Seine.
– À Rock en Seine, l’assureur déploie quatre espaces de prévention autour de l’audition, de l’alcool et des drogues, de la santé sexuelle et du climat, avec une approche volontairement expérientielle.
– En 2025, Generali a été la marque la plus visitée du festival et ses animations ont enregistré 94 % de satisfaction auprès des participants.
– En 2026, la marque veut aller au-delà du trafic et de la satisfaction pour mesurer l’attribution à Generali et surtout la mémorisation des messages de prévention.
Une compagnie d’assurance dans un festival de musique ? Sur le papier, l’association n’est pas la plus évidente. C’est pourtant précisément ce décalage que Generali cherche à exploiter. Après une première présence à Rock en Seine en 2025, l’assureur a renouvelé l’expérience cette année et étendu son dispositif à We Love Green, dont il est devenu partenaire pour la première fois en 2026.
Avec une idée : sortir la prévention de ses formats traditionnels pour l’intégrer à des moments de vie, au plus près des publics. À Rock en Seine, où le dispositif est le plus complet, quatre espaces dédiés à l’audition, aux risques liés à l’alcool et aux drogues, à la santé sexuelle et au climat ont ainsi accompagné les festivaliers pendant cinq jours.
Adelin Pyfferoen, responsable de la marque de Generali, revient pour la Réclame sur la genèse de cette stratégie, le dispositif imaginé avec Rock en Seine et les premiers enseignements tirés de ce nouveau territoire d’expression.

La genèse
Le point de départ tient d’abord à un constat bien connu des annonceurs : difficile d’émerger dans un environnement publicitaire saturé.
« On est noyé par des publicités, notamment digitales, à la télévision, dans la rue… Quand on est une marque comme Generali, on se doit évidemment d’avoir des plans de communication traditionnels, mais pour aller toucher certains publics, notamment plus jeunes, l’idée est plutôt d’aller à leur rencontre », résume Adelin Pyfferoen, responsable de la marque de Generali.
Pour identifier ces nouveaux terrains de rencontre, Generali s’est appuyé sur les principaux centres d’intérêt des Français. Le sport arrive en tête, suivi notamment par la musique, mais aussi les animaux de compagnie et les enjeux climatiques.
La musique s’est progressivement imposée comme un terrain d’expérimentation. D’abord aux Inrocks Festival en 2024, puis avec une première présence à Rock en Seine en 2025, avant d’élargir son engagement en 2026 avec We Love Green. Une stratégie que la marque veut progressive, en faisant évoluer l’ampleur du dispositif selon les festivals.
Rock en Seine constitue aujourd’hui le terrain le plus important. Par sa fréquentation, sa durée, mais aussi par la diversité des publics qu’il permet de toucher selon les journées et la programmation : « Il n’y a pas de cible en termes d’âge, confirme Adelin Pyfferoen. La cible, ce sont vraiment les personnes qui vont dans ces milieux festifs et qui ont besoin d’avoir des clés de compréhension sur la prévention. »
La campagne
À Rock en Seine, Generali a baptisé son approche le « Safe Festival ». Pas question pour autant de transformer le domaine de Saint-Cloud en salle de classe : « L’idée n’est pas du tout d’être moralisateur. C’est un peu l’écueil que l’on peut avoir avec la prévention : “attention, ne buvez pas, soyez sages…” Là, on est dans un milieu festif. On sait pertinemment qu’il y aura de l’alcool. En tant que festivaliers, on n’a pas envie de recevoir ce genre de messages. »
L’assureur a donc réparti son dispositif autour de quatre espaces thématiques : Rock’n Sound pour l’audition, Rock’n Safe pour les risques liés à l’alcool et aux drogues, Rock’n Love autour de la santé sexuelle et Rock’n Green pour les questions climatiques. Le principe reste le même d’une maison à l’autre : faire expérimenter avant d’expliquer.


« Sur chacune de ces maisons, on a travaillé sous l’angle expérientiel. L’objectif n’est pas d’avoir des animateurs qui tiennent un discours très institutionnel ou très strict, mais de proposer des expériences qui vont éveiller la curiosité et permettre aux festivaliers de repartir avec un, deux ou trois messages clés. »


Pour les sujets dont Generali ne possède pas directement l’expertise, la marque s’entoure de partenaires. Sur la prévention liée à l’alcool et aux drogues, elle travaille notamment avec MAAD DIGITAL. Sur le climat, elle mobilise en interne le Generali Climate Lab.


Cette année, l’expérience autour du ballon Generali de Paris a également gagné en immersion. Au casque de réalité virtuelle permettant de simuler son ascension s’ajoute désormais une nacelle montée sur vérin pour reproduire le mouvement du ballon. Du côté de Rock’n Love, le dispositif s’est davantage intéressé aux injonctions corporelles (comme les poils) et au rapport au corps.
Autre particularité : les espaces ne sont pas animés par des hôtes recrutés pour l’occasion. Une centaine de collaborateurs Generali ont été formés pour prendre en charge les quatre maisons pendant Rock en Seine.
« L’idée est de faire participer les collaborateurs de Generali à cette expérience et de leur faire vivre quelque chose en lien avec leur entreprise, mais différemment. Sur Rock en Seine, ce sont 100 collaborateurs qui sont mobilisés pour animer les stands. »
Le terrain est enfin prolongé par un dispositif de communication plus traditionnel : présence dans les supports de Rock en Seine, plan social media propre à Generali et activation d’une trentaine d’influenceurs, mêlant profils spécialisés dans la musique et créateurs plus généralistes ou lifestyle.
Les résultats
Generali ne disposait pas encore, au moment de l’interview, des résultats complets de We Love Green 2026. En revanche, l’édition précédente de Rock en Seine fournit une première base de comparaison.
Selon l’étude réalisée pour le festival, indépendamment de Generali, l’assureur aurait été en 2025 la marque la plus visitée par les festivaliers (Source : Post-test Delight pour Rock-en-Seine 2025). Un résultat qu’Adelin Pyfferoen explique autant par la nouveauté de Generali dans cet univers que par la multiplication des points de contact.
« On est une nouvelle marque au sein du festival et une marque qui n’est pas forcément attendue non plus. Cela génère de la curiosité. Et nous sommes le seul partenaire à avoir plusieurs espaces répartis au sein du festival. On multiplie donc aussi nos points de contact par quatre. » Une fois les visiteurs entrés dans ces espaces, 94 % se déclaraient satisfaits des animations en 2025.
Le défi consiste désormais à éviter l’effet de répétition. Les festivaliers revenant d’une année sur l’autre, Generali et Rock en Seine ont retravaillé les expériences dès le printemps pour maintenir les quatre grandes thématiques tout en renouvelant leur exécution.
Mais l’édition 2026 doit surtout permettre à la marque de pousser plus loin la mesure de son dispositif. Au-delà de la fréquentation et de la satisfaction, Generali souhaite mesurer le trafic réel dans ses espaces, mais aussi l’attribution du dispositif à la marque, l’association de Generali au métier d’assureur et, surtout, la mémorisation des messages de prévention.
« Generali, normalement, ils nous voient un peu partout. Mais est-ce que Generali est associé à assureur ? Et, un cran plus loin, est-ce que les festivaliers ont retenu les messages de prévention qu’on leur a fait passer ? » Car derrière l’utilité affichée du dispositif se joue également un enjeu de construction de marque.
« On est une marque plutôt jeune sur la publicité et le sponsoring, en tout cas on investit davantage depuis quelques années. C’est donc un gros enjeu aujourd’hui de relier Generali à l’assurance. »
Les 3 clés de succès
– Faire vivre la prévention
Premier enseignement : transformer un sujet potentiellement contraignant en expérience. « La prévention, ce sont des sujets qui sont parfois un peu lourds. Notre parti pris, c’est de nous dire qu’elle est efficace quand elle se vit. Nous sommes donc là pour proposer une expérience. »
– Être utile avant d’être visible
Affichage, social media, influence : Generali utilise les leviers classiques du sponsoring pour faire connaître sa présence. Mais la marque estime que sa légitimité se joue ailleurs. « L’objectif est surtout que les messages que l’on véhicule soient utiles aux festivaliers et leur servent. »
– Relier l’expérience à Generali
Reste enfin le nerf de la guerre pour n’importe quelle activation de marque : éviter que l’expérience soit mémorisée davantage que celui qui l’a proposée. « La troisième clé de succès, ce sera l’attribution à la marque et aux messages délivrés. C’est un enjeu plus global pour Generali et tous nos dispositifs sont pensés pour travailler cette attribution. »
Une manière, finalement, de résumer tout l’enjeu de cette présence en festival : faire oublier un instant le discours de l’assureur, sans faire oublier l’assureur derrière l’expérience.












