Women in Games veut faire du jeu vidéo un levier d’inclusion.
L’essentiel
– Un duo engagé à la Paris Games Week : Women in Games France et Biborg s’allient de nouveau pour sensibiliser le grand public à la place des femmes dans le jeu vidéo.
– Un constat préoccupant : malgré 49 % de joueuses, seules 24 % des professionnel·le·s du secteur sont des femmes.
– Une campagne pro bono visible et participative : la Roue de l’inclusion et les stickers installés dans le salon invitent à réfléchir, jouer et partager.
– Un enjeu de représentation : faire évoluer les mentalités et inspirer les futures générations à rejoindre l’industrie du gaming.
À la Paris Games Week 2025, Women in Games France et Biborg unissent une nouvelle fois leurs forces pour promouvoir la mixité dans l’industrie du jeu vidéo. L’agence créative indépendante, spécialiste du gaming et des expériences interactives, accompagne depuis plusieurs années l’association dans ses prises de parole et ses activations, de la refonte de son identité à des dispositifs événementiels engageants.
À travers ce partenariat pro bono, Biborg défend une vision du jeu vidéo plus représentative et inclusive. Une démarche qui s’inscrit dans la continuité de son programme interne dédié à la diversité, et qui illustre la responsabilité croissante des acteurs de la communication dans la transformation culturelle du secteur.
Rencontre avec Marie Trocmé, director of business development – partner chez Biborg, pour comprendre comment une agence peut contribuer, à son échelle, à faire bouger durablement les lignes du gaming.
Cette année encore, vous accompagnez Women in Games France à la Paris Games Week. Qu’est-ce qui vous pousse, en tant qu’agence créative indépendante, à vous engager dans ce partenariat pro bono depuis déjà plusieurs années ?
Marie Trocmé : Chez Biborg, nous avons mis en place depuis cinq ans un programme dédié à l’équité, diversité et l’inclusion. Notre point de départ était simple : en tant qu’agence spécialisée dans le jeu vidéo, nous nous adressons à une audience mondiale de 3,58 milliards de joueurs à travers nos campagnes et activations. Nous avons donc un rôle à jouer pour relever les défis liés à la diversité dans le gaming.
À partir de ce constat, nous avons choisi de nous associer à Women in Games France, une association de professionnel·le·s œuvrant pour la mixité dans l’industrie du jeu vidéo en France. Si près de 49 % des joueurs sont des joueuses, seules environ 24 % des personnes employées dans le secteur sont des femmes. C’est sur cet écart qu’il faut agir afin de favoriser un changement durable des représentations : en suscitant des vocations, en accompagnant les jeunes femmes déjà présentes dans l’industrie et en leur donnant les moyens d’évoluer. Notre activation à la PGW s’inscrit exactement dans cette dynamique motivationnelle pour les générations futures.


Vous avez imaginé des activations très concrètes et accessibles, comme les stickers dans les toilettes ou la Roue de l’inclusion. Quelle logique créative et stratégique guide ces choix, et comment s’assurer qu’ils trouvent un écho auprès d’un public très large, parfois peu sensibilisé à ces enjeux ?
M.T. : Notre collaboration avec Women in Games repose avant tout sur une logique de soutien : nous cherchons à répondre à leurs besoins concrets et à mettre notre savoir-faire au service de leur mission. Pour la PGW, WIG nous a transmis une envie de pouvoir renforcer leur notoriété et attirer davantage de visiteurs sur son stand. Notre objectif était de pouvoir s’intégrer dans les habitudes des visiteurs, le fameux selfie qui se retrouve dans les photos dump sur Insta a donc été notre terrain de jeu. Le parti pris résolument positif et empowering nous a permis de pouvoir pousser des messages importants avec un ton de voix léger, sans oublier les hommes en les positionnant en tant qu’alliés, car nous avons aussi besoin d’eux dans ce combat !

Biborg a déjà signé des campagnes digitales à fort impact avec Women in Games, notamment le filtre TikTok ou la refonte de leur identité de marque. En quoi cette édition de la Paris Games Week s’inscrit-elle dans la continuité de vos précédentes collaborations ?
M.T. : Toutes nos activations avec Women in Games s’inscrivent toujours dans un contexte bien précis. Par exemple, le filtre TikTok avait été lancé à la veille de la clôture des inscriptions ParcourSup et à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. L’opportunité de s’adresser directement aux jeunes filles pour leur ouvrir les yeux sur les perspectives professionnelles dans le gaming était tout simplement trop belle pour la laisser passer !
Pour la Paris Games Week, véritable célébration du jeu vidéo en France, nous avons voulu conserver cette approche positive et fédératrice. Nous avons choisi de mettre en avant les progrès déjà accomplis et de partager une vision pleine d’espoir : celle d’un futur plus divers, plus inclusif et plus représentatif pour toute l’industrie.

L’industrie du jeu vidéo reste encore largement masculine, malgré une communauté de joueurs et de joueuses plus paritaire. Comment percevez-vous l’évolution du secteur en matière de diversité et d’inclusion, et quel rôle une agence comme Biborg peut-elle jouer pour accélérer ce mouvement ?
M.T. : On observe aujourd’hui une véritable prise de conscience dans le secteur : éditeurs, studios et acteurs de la communication intègrent de plus en plus la diversité et l’inclusion comme des enjeux essentiels, et non plus comme des sujets périphériques.
Chez Biborg, nous restons lucides et humbles : nous ne sommes « qu’une » agence de communication, nous ne prétendons pas révolutionner l’industrie à nous seuls. En revanche, nous pouvons agir à notre échelle, avec des actions très concrètes, qui contribuent à faire bouger les lignes.

Nous sommes convaincus que le changement passe avant tout par la représentation. En tant qu’agence créative, nous avons la responsabilité de refléter la réalité de la communauté des joueurs et des joueuses à travers nos campagnes. Cela se traduit par une attention particulière portée à nos castings de créateurs et créatrices de contenu, à la manière dont nous faisons nos campagnes sociales, aux visuels que nous produisons, mais aussi à la diversité au sein même de nos équipes.
Nous collaborons aussi avec d’autres associations comme Viens voir mon Taff qui permet pour permettre aux élèves de l’éducation prioritaire (REP, REP+, quartiers prioritaires de la politique de la Ville) de faire le stage de leurs rêves. Nous faisons découvrir les métiers du jeu vidéo à ces jeunes, en veillant à garantir une stricte parité parmi les profils accueillis. On espère aussi que ce seront eux le futur du jeu vidéo !
Cette démarche bénévole mobilise aussi vos équipes en interne, avec six collaborateurs présents sur le salon. Comment cet engagement influence-t-il la culture de Biborg et le rapport que vos talents entretiennent avec vos projets, au-delà du cadre purement commercial ?
M.T. : Depuis le lancement de notre programme DE&I, nous avons organisé de nombreuses masterclass autour de sujets variés : l’identité de genre, les biais cognitifs, le « wokisme » dans le jeu vidéo, le mansplaining et bien d’autres. L’objectif est double : sensibiliser, bien sûr, mais aussi ouvrir des espaces de dialogue au sein de l’agence. Ces moments d’échange ont peu à peu façonné une véritable culture commune.
Aujourd’hui, chaque membre de l’équipe aborde les projets avec un réflexe naturel : s’assurer que ce que nous produisons est en phase avec nos valeurs. Et lorsqu’un doute apparaît, on prend le temps d’en discuter collectivement, de se remettre en question.
C’est une démarche profondément collaborative qui dépasse le cadre du travail commercial. Cette culture DE&I est désormais ancrée dans notre manière de penser, de créer et de collaborer, elle influence nos décisions à tous les niveaux.
Si vous deviez imaginer la prochaine étape du partenariat entre Biborg et Women in Games, à quoi ressemblerait-elle ? Une campagne encore plus immersive, une prise de parole internationale, ou un format hybride entre digital et événementiel ?
M.T. : Notre démarche reste profondément humble : nous nous plaçons avant tout au service de Women in Games. Les priorités que nous suivons sont celles de l’association, à elle de nous indiquer où notre contribution sera la plus utile à l’avenir. Une chose est sûre : le chemin vers une industrie véritablement inclusive reste long.
Mais nous sommes fiers de contribuer, à notre échelle, à ce mouvement collectif et de continuer à œuvrer pour que le jeu vidéo soit une safe place, aussi diverse et riche que la société dans laquelle nous vivons.











