Quand les journalistes deviennent leurs propres médias.
Les journalistes sont-ils devenus des marques médias à part entière ? C’est l’un des principaux enseignements du premier Baromètre Angie des journalistes les plus influents, publié en juin 2026. En tête du classement figurent Hugo Travers, Hugo Clément et Jamy Gourmaud, trois profils qui ont en commun d’avoir construit une relation directe avec leur audience bien au-delà de leurs médias d’origine.
L’étude met en lumière une transformation profonde des mécanismes d’influence. Là où la puissance d’un titre de presse, d’une chaîne ou d’une station suffisait autrefois à légitimer une voix, l’autorité journalistique se construit désormais sur la capacité à fédérer une communauté, à incarner un sujet et à entretenir un dialogue continu avec son public.

Autre enseignement notable : la controverse n’est plus le principal moteur de visibilité. Si certains profils polarisants figurent parmi les journalistes les plus influents, les premières places sont occupées par des personnalités qui misent avant tout sur la régularité, la pédagogie et la proximité. L’influence durable semble davantage reposer sur la confiance et l’engagement que sur les coups éphémères.
Le baromètre souligne également l’importance croissante des stratégies multiplateformes. Instagram, TikTok, YouTube, LinkedIn, Twitch ou encore Bluesky constituent désormais un écosystème où chaque réseau joue un rôle complémentaire. Les journalistes les plus influents ne dominent pas nécessairement une seule plateforme : ils excellent dans leur capacité à être présents partout.
Une évolution qui consacre l’émergence de véritables « marques journalistes » et redessine les règles de l’influence médiatique à l’ère des plateformes. Jusqu’où iront les newsfluencers ? La Réclame a déjà écrit sur le sujet, esquissant quelques pistes :
– Les newsfluenceurs vont-ils avoir la peau des médias ?
– Comment financer le néo-journalisme sans le dénaturer ?











