Uber s’apprête à concurrencer Eurostar

Par Iris M. le 11/09/2025

Temps de lecture : 2 min

Du bitume au ballast : Uber appose sa marque.

Uber a déjà digitalisé l’appel à un « taxi ». Désormais, la plateforme veut hisser son logo sur des trains. En s’associant à Gemini Trains, une jeune pousse ferroviaire britannique, la plateforme californienne projette de lancer dès 2029/2030 dix trains à grande vitesse reliant Stratford International (Londres), Ebbsfleet (sud est de l’Angleterre) et des villes comme Paris, Bruxelles, Lille ou Cologne. Le tout sous un nom frappant : Uber Trains.

Il faut préciser : fidèle à ses habitudes, Uber n’achètera ni rails ni locomotives. L’exploitation restera du ressort de Gemini, qui a déposé une demande de licence auprès du régulateur britannique et convoite le dépôt de maintenance de Temple Mills, aujourd’hui monopole d’Eurostar. L’apport d’Uber ? Une notoriété instantanée et une interface déjà dans la poche de millions d’Européens. Réserver un aller-retour Londres-Paris pourrait demain se faire aussi facilement qu’un UberX.

Ce co-branding est un coup marketing plus qu’un pari industriel. Uber étend ainsi son territoire symbolique : après les VTC, trottinettes, vélos et repas, voici les liaisons internationales. L’entreprise continue à se construire en “super-app” de la mobilité, ici à coups de partenariats. Gemini, de son côté, gagne une vitrine mondiale qui lui aurait été très coûteux d’acquérir via la publicité.

Le projet vise à contourner la saturation de St Pancras en privilégiant Stratford et en relançant Ebbsfleet comme gare relais. Mais il se heurte aux mêmes obstacles que d’autres challengers annoncés face à Eurostar : financements colossaux, créneaux rares sur la ligne HS1, infrastructures verrouillées. D’ailleurs, ni Virgin ni Evolyn n’ont encore prouvé qu’ils pouvaient transformer leurs ambitions transmanche en trains réels.

Reste qu’“Uber Trains” illustre une tendance de fond : la marque-monde se déploie désormais comme une bannière que des partenaires industriels arborent. Après avoir disrupté la rue, Uber tente le grand écart vers le rail. Une marque en mouvement perpétuel, qui dit autant de choses sur l’avenir de la mobilité que sur l’appétit insatiable de la plateforme pour occuper toutes les “voies”.

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