Les enseignements du TF1 Advertising Upfront #2.
Article en partenariat avec TF1 PUB
Il y a un an, le premier TF1+ Advertising Upfront avait marqué un tournant stratégique : celui d’un broadcaster à la conquête du streaming, avec une plateforme offrant une gamme complète de solutions publicitaires pour les marques. Le vocabulaire alors employé – PoC, itérations, full-funnel, automatisation – ne laissait guère de doute sur la trajectoire. L’univers de TF1 s’écrira désormais avec les codes du digital.
Un an plus tard, en novembre 2025, la transformation n’est plus un projet, mais une réalité assumée. « Ça y est, TF1+ est une plateforme de référence sur le marché », glissait un dirigeant dans les couloirs du Quai Branly, comme une manière d’entériner une bascule désormais pleinement visible. TF1+ aborde cette deuxième édition avec une ambition plus large : un nouveau parcours d’achat, TF1 Ad Manager, qui sera opérationnel dès janvier 2026 ; un arsenal de nouvelles capacités data ; une intégration massive de l’intelligence artificielle, y compris agentique ; des services inattendus mêlant micropaiement, gamification et contenus premium ; et enfin, une distribution amplifiée grâce à l’accord de distribution avec Netflix, qui redistribue les cartes du streaming en France.
Sous la surface des effets d’annonce, cinq transformations profondes redéfinissent le modèle TF1. La Réclame revient sur cette mutation passionnante du premier broadcaster français.
1. La transformation de l’expérience
TF1+ s’affirme comme le leader du streaming gratuit en France, et les chiffres avancés lors de la plénière confirment cette position : 42 millions de streamers mensuels, plus d’un milliard d’heures vues depuis le début de l’année, et un poids considérable sur les 15-34 ans, avec 14 millions d’utilisateurs mensuels représentant 93 % de couverture sur cible. « C’est davantage que sur TikTok », soulignait sur scène François Pelissier, directeur général adjoint Business et Sports du Groupe TF1, rappelant à quel point la plateforme est devenue un carrefour d’attention majeur.
Le changement de lexique – passer des “téléspectateurs” aux “streamers” – n’est pas anodin. Il illustre la volonté de TF1+ de s’inscrire dans les usages contemporains, où le visionnage se fait à la demande, sur tous les écrans, sans contrainte de grille. Les quelque 35 000 heures de contenus gratuits constituent une masse critique imposante, renforcée par des accords d’agrégation qui enrichissent ce catalogue d’œuvres françaises et internationales. TF1 rappelle que ses contenus génèrent une attention 50 % supérieure à celle de YouTube, un indicateur particulièrement scruté par les annonceurs.
La plateforme souhaite néanmoins dépasser le simple visionnage comme forme d’engagement. Elle introduit une dimension transactionnelle légère via des offres de micropaiement : avant-premières, soirées sans publicité ou accès à des contenus exclusifs pour moins d’un euro. Cette approche hybride, déjà déployée chez certains acteurs internationaux, pourrait devenir un levier de fidélisation, en particulier auprès des publics jeunes ou des fans de franchises.
La gamification prolonge cette logique d’engagement. Les streamers pourront accumuler des points au fil de leurs sessions, points qu’ils échangeront ensuite contre des récompenses telles que des avant-premières, des contenus additionnels ou même des avantages proposés par les marques présentes sur TF1+. En d’autres termes, la plateforme cherche à animer son usage, à créer des rituels, à renforcer la répétition, autant de leviers prisés du streaming concurrentiel.
2. La transformation tech & IA
L’un des chantiers les plus structurants reste technologique. TF1 a présenté la nouvelle version de sa plateforme d’achat, TF1 Ad Manager, qui sera disponible dès janvier 2026. Cette refonte complète ambitionne de devenir le centre de gravité de toute la chaîne publicitaire du groupe, en unifiant estimation, planification, ciblage, achat et reporting.
Adam Marki, directeur général adjoint digital de TF1 PUB, résumait sans détour l’enjeu : « La complexité et la sophistication des stratégies actuelles d’achat média nécessitaient la création d’une plateforme… Nous avons créé un point d’entrée unique, une porte unique. “The Place to Buy”. » La plateforme a été développée en interne et vise une fluidité comparable à celle des géants américains. François-Xavier Pierrel, Chief Data & Ad Tech Officer du Groupe TF1, insiste sur le bond technologique réalisé : « En quelques minutes, vous pouvez boucler votre campagne de A à Z quasiment tout automatisé », expliquait-il, rappelant que l’objectif est de réduire un processus d’achat aujourd’hui étalé entre une et vingt-quatre heures à seulement quelques minutes.

Au cœur de cette transformation, l’intelligence artificielle est omniprésente. TF1 introduit un agent IA baptisé Autopilot Agentic et connecté au Graph ID, le graph d’audience de TF1. François-Xavier Pierrel décrit ce nouvel outil comme un partenaire plus qu’une interface : « Vous échangerez avec un agent qui vous proposera les meilleurs segments, des bilans enrichis et une aide à la décision. » L’approche agentique permet non seulement de recommander des segments ou d’interpréter des performances, mais aussi d’automatiser progressivement l’orchestration de campagnes entières. TF1 prévoit d’ailleurs, pour 2026, une recommandation de plan média complète, incluant couverture prévisionnelle, segmentation et même génération de créations.
La création publicitaire elle-même devient plus accessible via l’intégration progressive de Streamr, une solution de génération de publicités vidéo rachetée, récemment par Magnite. L’objectif est d’aider les PME, TPE et annonceurs mid-market à annoncer plus facilement et plus rapidement en passant outre la barrière de la création publicitaire. « On va permettre à n’importe qui de générer un film publicitaire à partir d’assets existants », affirme François-Xavier Pierrel, prenant l’exemple d’un restaurant dont Google Business fournit déjà photos et adresse, suffisant à créer une publicité vidéo qui sera diffusée sur TF1+, que ce soit en CTV ou de plus petits écrans (mobile, tablette, desktop). La version la plus premium de l’outil permettant même d’accéder à des modèles vidéo avancés comme Google Veo 3, ouvrant la voie à des créations de qualité supérieure, sans production ni agence.
Cette convergence entre IA, automatisation et accessibilité vise à attirer de nouveaux budgets, notamment locaux, qui se cantonnaient jusqu’alors aux plateformes digitales. De quoi accompagner la tendance à l’élargissement spectaculaire de la base client de TF1 : TF1+ a servi plus de 1 000 annonceurs cette année, dont 400 sont des “primo-annonceurs” n’ayant jamais communiqué chez TF1. Le mouvement devrait s’accélérer courant 2026 avec une automatisation complète à venir, combinant reach prévisionnel, recommandation de segments, création générée et atteinte des objectifs business de l’annonceur comme nous l’expliquait François-Xavier Pierrel en marge de l’événement.
3. La transformation data
La plateforme renforce son infrastructure data dans un contexte où les signaux transactionnels et comportementaux deviennent le nerf de la performance publicitaire. Pas de quoi inquiéter Adam Marki, pour qui le groupe est devenu « ceinture noire au niveau de la data retail, avec plus de 1 400 segments spécifiques. » Cette granularité répond à un marché français où le retail media connaît une croissance soutenue, porté par les enseignes alimentaires, parapharmacie et pure players.
La nouveauté majeure annoncée lors de l’Upfront est le partenariat exclusif avec Amazon Publisher Cloud (APC). Grâce à cet accord, TF1 pourra croiser les données de ses streamers logués avec les données transactionnelles d’Amazon, via la DSP du géant américain. François-Xavier Pierrel mesure bien l’impact : « Amazon nous met à disposition des données beaucoup plus chaudes… cela permet d’aller chercher le bas du funnel et la performance. » Concrètement, les annonceurs pourront mettre en place des campagnes programmatiques via Amazon DSP qui cibleront sur TF1+ les programmes les plus affinitaires auprès de leurs consommateurs ou prospects. Cette intégration ouvre la voie à des ciblages très fins, basés sur des comportements d’achat réels, dans un univers streaming historiquement cantonné à des signaux plus hauts de funnel.
Parallèlement, TF1 étend son infrastructure de data clean rooms avec l’arrivée de Snowflake, qui vient compléter les solutions existantes LiveRamp et Mediarithmics. Cette interopérabilité est cruciale à un moment où les annonceurs cherchent à opérer leurs plans médias depuis leurs propres environnements cloud, avec des échanges sécurisés, auditables et conformes aux exigences réglementaires européennes.
4. La transformation publicitaire
À l’heure où les consommateurs sont exposés à plusieurs milliers de stimuli commerciaux chaque jour, TF1 cherche à créer des expériences publicitaires plus directement connectées aux usages, aux intentions et aux contextes de visionnage. Les nouvelles solutions présentées lors de la plénière témoignent de cette évolution.
Les formats shoppables – Carrousel Retail Ads et Send to Phone – illustrent notamment cette convergence entre exposition et action. Adam Marki insiste sur l’intérêt de ces dispositifs, rendus possibles par la CTV, loin des contraintes réglementaires de la télévision linéaire : « On peut proposer des actions spécifiques… transférer sa campagne sur son téléphone, renvoyer vers un site, un formulaire, un code promo. Cela n’était pas possible auparavant. » Cette approche abolit la frontière entre branding et conversion, et répond à des attentes croissantes d’attribution en temps réel.
La personnalisation, autre pilier stratégique, franchit également une étape avec Thématique by IA. Ce format utilise un algorithme analysant plus de 200 000 minutes de programmes sur TF1+, leurs transcriptions, leur tonalité et les signaux d’intention des utilisateurs. Adam Marki explique que TF1 peut désormais « créer des segmentations à la volée quasi en temps réel… ce n’est pas juste du contexte programme ou du ciblage sémantique. » La publicité devient ainsi contextuelle, intentionniste et adaptée au profil du streamer.
Quant au format Habillage Content, il propose une intégration continue de la marque autour du player pendant l’intégralité du programme. Une forme de sponsoring réinventé, particulièrement valorisée pour les marques premium ou les franchises fortes.

Enfin, TF1 a dévoilé l’animation de ses formats display les plus premium, comme Cover+, Signature ou Ad Pause, désormais enrichis visuellement pour renforcer l’immersion. Les études internes montrent des gains significatifs : jusqu’à 25 points de notoriété supplémentaires ou 36 % de souvenir publicitaire en plus. Dans une économie de l’attention sous tension, ces effets sont précieux.
5. La transformation de la distribution
La dernière brique de la stratégie TF1 concerne la distribution, un terrain devenu hautement concurrentiel. TF1+ est aujourd’hui disponible dans 26 pays francophones, permettant à la régie d’offrir une portée additionnelle aux campagnes. Mais l’annonce qui fera grand bruit en 2026 reste l’accord de distribution avec Netflix.
À partir de la mi-2026, les contenus de TF1+, TF1 et des autres chaînes du groupe seront accessibles directement dans l’interface Netflix pour les utilisateurs français, qu’ils disposent ou non de l’offre Netflix avec publicité. L’intégration sera totale pour les annonceurs : un seul point d’achat média, géré par TF1 PUB, avec les mêmes capacités data et les mêmes formats publicitaires que sur TF1+.
Les équipes ont insisté sur le caractère inédit de cette opération, qualifiée de première mondiale. Elle permet potentiellement de massifier les audiences de TF1+, de toucher de nouveaux publics et de simplifier l’accès aux inventaires dans un marché où la fragmentation ralentit souvent les plans médias. L’objectif affiché est ambitieux : atteindre 50 millions de streamers uniques mensuels en 2026, contre 42 millions aujourd’hui.
À travers ces chantiers – refonte de l’expérience, innovation tech, extension de la data, réinvention des formats publicitaires et partenariats de distribution – TF1 démontre une volonté claire : se positionner durablement comme acteur majeur du streaming, capable d’affronter des plateformes globales. Cette transformation, loin de s’achever, ouvre une nouvelle phase où l’intelligence artificielle, la performance incrémentale et l’intégration avec les écosystèmes internationaux pourraient redessiner les contours du marché audiovisuel français. La question sera désormais de savoir comment les marques, les agences et les utilisateurs s’empareront de ces nouvelles possibilités dans un paysage où l’équilibre entre puissance, efficacité et responsabilité sera plus déterminant que jamais.
—
Article en partenariat avec TF1 PUB











