« Nous sommes une boîte tech qui fait de la banque. »
L’essentiel
– 7 millions de clients en France, 10 millions visés en 2027 : Revolut revendique la plus forte croissance du marché et affiche l’ambition de devenir la première banque en ligne dans l’Hexagone.
– Une différenciation fondée sur le produit et le prix : ouverture de compte en moins de dix minutes, services activables en un clic, compte standard gratuit. Le produit constitue le socle, le marketing en est l’accélérateur.
– Un territoire premium et cross-média : partenariats avec la NBA, l’Audi Revolut F1 Team, Manchester City ou le Stade Toulousain, et activation entrepreneuriale avec Inoxtag et Qui veut être mon associé ?.
– Un ancrage français en préparation : avec l’objectif d’obtenir une licence bancaire locale pour proposer des produits réglementés (Livret A ou PEA).
Avec 7 millions de clients en France et l’ambition affichée d’atteindre les 10 millions d’ici 2027, Revolut poursuit sa trajectoire de croissance dans un marché bancaire hexagonal historiquement dominé par les acteurs traditionnels. Positionnée comme une entreprise technologique qui fait de la banque, la fintech britannique revendique une approche centrée sur le produit, la rapidité d’exécution et la compétitivité tarifaire, dans un contexte où la pression sur le pouvoir d’achat et l’exigence d’expérience utilisateur redéfinissent les standards du secteur.
Partenariats premium dans le sport, offensive cross-média avec Inoxtag et Qui veut être mon associé ?, investissement massif dans l’intelligence artificielle, ambition d’obtenir une licence bancaire française : la stratégie se déploie sur plusieurs fronts. Nicolas Moalic, Head of Growth France & Benelux, détaille pour nous les ressorts de cette accélération.
Comment définissez-vous aujourd’hui la promesse de marque de Revolut en France ? Dans quelle mesure adaptez-vous votre discours et votre positionnement à un marché historiquement très attaché aux acteurs bancaires traditionnels ?
Nicolas Moalic : Aujourd’hui, Revolut, c’est 7 millions de clients en France. C’est la banque avec le plus fort taux de croissance sur le marché et nous ambitionnons de devenir la première banque en ligne en France. C’est vraiment notre objectif.
Comment on se différencie ? Revolut a été élue meilleure banque en ligne au monde. Nous nous sommes avant tout centrés sur la manière dont nous pouvons redéfinir l’expérience bancaire telle qu’elle était connue. L’idée, c’est de redéfinir complètement l’expérience bancaire par le produit. C’est vraiment le cœur de notre réacteur. Nous sommes une boîte tech qui fait de la banque, et tout est centré autour de l’innovation produit. C’est l’essence même de notre marque.
Revolut s’est imposée comme l’un des acteurs à la croissance la plus rapide sur le marché français. Quels ont été, ces deux dernières années, les principaux leviers d’acquisition et d’activation qui ont permis cette accélération ?
N.M. : Nous travaillons sur beaucoup de fronts et utilisons des leviers d’acquisition assez classiques. Cela va des campagnes de publicité digitales aux campagnes de télévision. Nous faisons aussi du sponsoring depuis plusieurs années.

Nous sommes les partenaires principaux de la NBA depuis maintenant trois ans. Nous sommes le partenaire titre d’Audi en F1 avec l’équipe Audi Revolut F1. C’est quelque chose d’absolument clé pour nous. Nous avons annoncé il y a quelques jours le renforcement du partenariat avec Manchester City. Nous sommes partenaires de l’équipe masculine et féminine. En France, nous sommes partenaires du Stade Toulousain, et en Italie du Como 1907.
Nous avons vraiment tissé une toile de partenaires extrêmement premium partout en Europe.
La F1 est un terrain nouvellement très exploité par les marques. Comment s’articule ce partenariat F1 ? Est-ce du sponsoring classique (équipement, naming, etc.) ?
N.M. : Nous sommes partenaire titre de l’écurie, mais aussi, particularité, l’équipementier financier d’Audi. Cela veut dire que toute l’équipe Audi F1 tourne sur Revolut Business. Nous sommes vraiment l’équipementier financier de l’entreprise, au-delà d’être le sponsor principal.
La Formule 1 s’inscrit pleinement dans notre positionnement. Vous évoquiez la marque : aujourd’hui, Revolut est perçue comme une marque premium, parce que nous proposons un service très qualitatif. Il est donc cohérent que nous nous associions à des partenaires du même niveau d’exigence.

C’est le cas du Stade Toulousain, du FC Come en Italie, qui bouscule la hiérarchie du football, ou encore de Manchester City, qui a profondément transformé son sport ces dix dernières années. La F1 représente, à l’échelle mondiale, l’expression la plus aboutie du sport premium : précision, technologie, performance, avec en plus une dimension plus glamour. Cela correspond pleinement à notre territoire de marque.

Et la Formule 1 dépasse désormais le simple cadre sportif. Elle embarque tout un univers : les pilotes, les récits, les coulisses. Lorsque des plateformes comme Netflix s’en emparent, la discipline entre dans une dimension lifestyle. L’attention ne porte plus uniquement sur la victoire en course, mais aussi sur les trajectoires individuelles, les histoires personnelles. C’est cette dimension élargie qui nous intéresse. Comme la F1 est devenue plus qu’un sport, nous voulons être plus qu’une banque.
Face à des acteurs installés comme BoursoBank ou aux banques historiques, où situez-vous aujourd’hui votre véritable différenciation : sur le prix, l’expérience utilisateur, la richesse fonctionnelle ou la marque ?
N.M. : Pour nous, la différenciation repose sur deux piliers très clairs : le produit et le prix. Sur le produit, notre objectif est de redéfinir en profondeur l’offre bancaire, dans chaque verticale. Cela commence par des éléments très simples. L’ouverture de compte, par exemple, se fait en moins de dix minutes, ce que très peu d’acteurs sont capables de proposer. Ouvrir un compte d’épargne se fait en un clic, avec des intérêts versés quotidiennement. Investir se fait également en un clic, à partir d’un euro. Pour les voyages, le change de devises se fait instantanément, et nous proposons aussi une eSIM dans le pays de son choix. L’idée est de repenser complètement l’expérience bancaire à travers le produit.
Le deuxième axe, c’est le prix. Un compte standard chez nous est gratuit. Cela permet d’accéder à une expérience bancaire complète sans frais, alors qu’en France, le coût moyen d’un compte bancaire tourne autour de 200 euros par an – chiffre qu’il faudra vérifier, mais l’ordre de grandeur est celui-ci. Dans le contexte actuel, cette différence est significative. Pouvoir disposer d’un compte gratuit change concrètement la donne.
Diriez-vous que votre croissance repose davantage sur la performance marketing ou sur la profondeur produit ?
N.M. : Le marketing est un accélérateur de notre produit. Si vous n’avez pas un bon produit, vous pouvez investir autant que vous voulez en marketing, cela ne fera pas la différence.
Aujourd’hui, le marketing vient amplifier tout ce que nous sommes en train de construire côté produit. Les deux sont complémentaires, mais la base reste la qualité et la profondeur de l’offre.
Comment articulez-vous investissement média, optimisation des parcours et innovation produit pour transformer une acquisition rapide en usage principal, voire exclusif ?
N.M. : Tout est suivi d’une manière extrêmement précise. On avance sur ces trois fronts en parallèle en permanence.
Le partenariat avec Inoxtag autour du concept “The Project” a marqué un tournant dans votre stratégie d’influence en France. Que recherchiez-vous précisément à travers cette opération : notoriété, rajeunissement de l’audience, conversion ?
N.M. : Ce qui était central pour nous, c’est de rappeler que Revolut regroupe plusieurs offres. Il y a Revolut Retail pour le grand public, Revolut Ado pour les moins de 18 ans, et Revolut Business. Or, Revolut Business représente un levier majeur de croissance : plus de 20 000 entreprises nous rejoignent chaque mois. C’est un pilier stratégique que nous souhaitons continuer à développer.
Avec Inoxtag, nous avons donc voulu bâtir une véritable plateforme dédiée à l’entrepreneuriat. Le dispositif dépasse le simple partenariat d’influence : il repose sur un montage tripartite entre Revolut, Inoxtag et Qui veut être mon associé ?. Le jury de l’émission intervient dans chaque épisode du Project, et nous sommes également partenaires de l’émission en télévision linéaire.
Ce croisement entre influence digitale et télévision est, à notre connaissance, assez inédit. Les deux canaux se renforcent mutuellement. Pour nous, c’est l’opportunité d’installer une plateforme cohérente autour de l’entrepreneuriat et d’affirmer Revolut Business comme l’équipementier financier des startups.
Avec l’objectif affiché d’atteindre potentiellement 10 millions de clients en France d’ici 2027, comment anticipez-vous l’évolution du marché bancaire digital français et quelles seront, selon vous, les principales étapes de maturation du modèle Revolut dans l’Hexagone ?
N.M. : C’est un secteur extrêmement compétitif. La banque en ligne impose d’atteindre des tailles critiques importantes pour être durablement performant. Aujourd’hui, plusieurs acteurs connaissent une forte dynamique, ce qui renforce encore l’intensité concurrentielle.
Pour nous, la prochaine étape structurante est l’obtention de la licence bancaire française. Elle nous permettra de proposer davantage de produits spécifiquement adaptés au marché local, comme le Livret A ou le PEA. Ce sera une étape supplémentaire pour renforcer notre ancrage en France et consolider notre modèle dans l’Hexagone.
Question traditionnelle de la rubrique : quel est le secret d’une relation annonceur-agence réussie ?
N.M. : Notre organisation est un peu particulière : nous travaillons avec une agence créative globale et nous n’avons pas d’agence dédiée au niveau local. Cela structure nécessairement la relation.
Au-delà de cette spécificité, ce qui compte dans la relation agence-annonceur, c’est d’abord la confiance. Et surtout, la volonté d’innover ensemble. C’est cette capacité à avancer dans la même direction, à tester, à construire et à challenger les idées en commun qui, selon moi, fait la différence.













