Les priorités de YouTube en 2026

Par Gabrielle S. le 23/01/2026

Temps de lecture : 5 min

Un programme chargé.

Neal Mohan, le PDG de YouTube, vient de publier un long article sur les intentions globales de la plateforme de streaming et les évolutions à anticiper dessus en 2026. Décryptage des quatre défis qu’il entend relever avec ses équipes.

1. Investir dans le divertissement et les nouveaux formats

Au moins c’est clair : YouTube se revendique déjà comme le remplaçant de la TV, en considérant les YouTubeurs comme les nouvelles célébrités. On peut en effet constater que ces derniers mettent au point des formats qui ressemblent de plus en plus à des émissions, avec des budgets de plus en plus importants (avoisinant le million d’euros pour des programmes d’Inoxtag ou Michou par exemple), dans des studios loué, etc.

Les chaînes TV traditionnelles restent tout de même beaucoup regardées – de moins en moins en linéaire, certes – en France, selon la dernière étude de Médiamétrie sur le sujet. Mais YouTube est en effet, aux États-Unis, la première plateforme de streaming en terme de temps de visionnage, selon le rapport « The Gauge » mis au point par l’entreprise de mesure d’audience Nielsen. Ci-dessous les parts d’audience en novembre 2025 :

Pour concurrencer les chaînes TV sur leur propre terrain, YouTube avait lancé en 2017 YouTube TV, diffusant des programmes en direct. Prochainement, sur ce service payant, YouTube va développer davantage la fonctionnalité « Multiview », qui permet de regarder plusieurs vidéos en simultané sur le même compte et le même écran. Neal Mohan rapporte aussi que les équipes travaillent à développer des abonnements thématiques pour YouTube TV, pour ceux qui s’intéressent à un type de programmes en particulier, comme le sport par exemple.

Mais les Shorts ne sont pas négligés par YouTube, qui restent très populaires, si l’on en croit la moyenne de 200 milliards de vues par jour qu’évoque Neal Mohan. En 2026, ils se diversifieront. Les créateurs pourront y poster des photos, par exemple.

2. Protéger le bien-être des enfants et adolescents sur YouTube

Le deuxième enjeu de cette année 2026 sera de rendre YouTube plus sûr pour les enfants et préados, notamment en facilitant l’accès aux comptes enfants pour les parents. La semaine dernière, des mises à jour ont été annoncées pour « simplifier et renforcer le contrôle parental ».

Le PDG explique que cela relève de la « croyance fondamentale » de YouTube que « les parents devraient décider de ce qu’il est bon pour leur famille ». Par exemple, via leur compte parental, ils pourront contrôler le temps que leur enfant pourra passer à scroller les YouTube Shorts. Ils auront même la possibilité de fixer la limite de temps à zéro minutes.

D’autre part, sur les comptes labellisés Enfants, les contenus seront limités, et adaptés à l’âge de l’enfant (avec plusieurs modes selon l’évolution de ses besoins). YouTube travaille à perfectionner la catégorisation kids friendly ou non des vidéos en ligne.

3. Faciliter le shopping et les placements de produits

Neal Mohan tient à le rappeler, les activités de YouTube profitent beaucoup à l’économie. En 2024, aux États-Unis, l’écosystème entretenait plus de 490 000 emplois à temps plein, en tant que créateur freelance ou employés contractuels. Aux États-Unis toujours, YouTube déclare avoir contribué au PIB national à hauteur de 55 milliards de dollars.

À ce titre, et pour « construire l’économie la plus diverse du monde », l’entreprise souhaite développer le YouTube Shopping, pour faciliter les achats des utilisateurs, notamment quand un créateur de contenu recommande un produit ou est sponsorisé par une marque. Selon Mohan, plus de 500 000 YouTubeurs ont activé le dispositif YouTube Shopping.

La plateforme a d’ailleurs vocation à faciliter les partenariats des YouTubeurs avec les marques, en intégrant des liens vers des sites marchands sur des Shorts par exemple. Les équipes YouTube sont aussi en train de développer des fonctionnalités d’échange ou de suppression d’un placements de produits quand un sponsor est expiré.

4. Plus d’IA

On s’y attendait tous : le quatrième point de ce communiqué concerne les nouveaux services que développera YouTube avec l’IA en 2026. Bien sûr, elle est déjà très présente sur YouTube, dans l’algorithme de recommandation, pour sous-titrer ou traduire directement en audio (une fonctionnalité assez peu populaire), pour aider au tracking et à la suppression de vidéos violant les conditions d’utilisation, ou encore avec le chatbot « Ask » (utilisée par 20 millions de comptes en décembre dernier, selon Mohan).

YouTube veut aller plus loin, mais précise qu’il ne s’agit pas de « remplacer l’expression » artistique, personnelle etc., mais de fournir un outil de création. Neal Mohan évoque la fonctionnalité potentiellement prochaine de créer un Short avec nos propres photos, de produire des jeux ou de la musique avec l’IA. Déjà un millions de chaînes utilisait tous les jours les outils IA de création déjà existants sur YouTube en décembre 2025, explique-t-il.

Pour YouTube, l’enjeu est surtout d’assurer la transparence des utilisations de l’IA, avec des étiquettes automatiques accollées aux contenus créés avec les outils génératifs fournis par YouTube. Il s’agit aussi de supprimer les contenus IA allant à l’encontre des règles de la communauté, et de permettre à chacun de mieux contrôler les contenus créés avec leur image, ou avec leurs productions artistiques etc.

Les dispositifs anti-spam et clickbait seront aussi renforcés pour combattre l’AI slop, tout en gardant en tête l’esprit de démocratisation, de liberté d’expression de YouTube. Ce n’est pas vraiment la mauvaise qualité de ces contenus IA qui est combattue, c’est leur envahissement exponentiel de la plateforme.

Ce communiqué est aussi disponible en vidéo sur YouTube. Libre à vous de constater la réception des internautes en commentaires…

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