Comment les Trophées UNFP sont devenus une marque média à 450 millions de vues

Par Élodie C. le 31/07/2026

Temps de lecture : 7 min

De cérémonie TV à marque sociale.

L’essentiel

Les Trophées UNFP ont changé de dimension. En une décennie, la cérémonie est passée d’un programme télévisé à une véritable marque média pensée pour les réseaux sociaux.
Une stratégie social-first structurée. Content factory, tapis rouge éditorialisé, créateurs de contenus, cross-posting et diffusion en temps réel ont permis de produire plus de 300 contenus en moins de 36 heures.
Des résultats en forte hausse. L’édition 2026 revendique 450 millions de vues, 100 millions de comptes touchés, 20,43 millions d’interactions et une progression de 183 % par rapport à 2025.
L’événement vise désormais bien au-delà du football. Nouveau cadre au Palais Brongniart, montée en gamme de la scénographie, partenariats renforcés et ouverture vers des médias lifestyle participent à installer les Trophées UNFP comme une marque événementielle à part entière.

10 ans pour changer d’échelle. Pendant longtemps, les Trophées UNFP étaient avant tout une remise de prix retransmise à la télévision. En une décennie, l’événement s’est progressivement transformé en une véritable marque média, pensée autant pour les réseaux sociaux que pour l’écran. 

Derrière cette évolution, un travail de fond mené conjointement par l’UNFP et l’agence LAFOURMI, qui a fait de cette 34e édition la plus performante de son histoire avec près de 450 millions de vues générées. Retour sur les coulisses de cette stratégie avec Regis Garrault, directeur des partenariats et des événements, et Thibaut Cornet, president at The Fan Syndicate Group (LAFOURMI et Leroy Tremblot). 

La genèse 

Créés à la fin des années 1980, les Trophées UNFP sont nés d’une volonté simple : réunir l’ensemble des acteurs du football français autour d’une cérémonie célébrant les performances individuelles de la saison. « L’idée était simple : fédérer et rassembler tous les acteurs du football pour faire une fête », résume Régis Garrault, directeur des partenariats et des événements de l’UNFP. L’union nationale des footballeurs professionnels peut aujourd’hui se targuer d’avoir célébré sa 34e cérémonie.

Longtemps surnommée « les Oscars du football » – avant qu’un contentieux juridique avec les fameux Oscars US n’impose l’abandon de cette appellation – la cérémonie a été diffusée principalement sur Canal+ et s’est progressivement imposée comme un rendez-vous incontournable du football professionnel français. Sa singularité demeure son mode de désignation des lauréats : contrairement au Ballon d’Or, les récompenses sont attribuées par les joueurs eux-mêmes.

« Chaque joueur vote individuellement. Il ne peut ni voter pour lui-même, ni pour son club. Les trophées sont véritablement élus par les pairs », précise Régis Garrault. Le seul prix échappant à cette règle est celui du plus beau but de la saison, désigné par le grand public après sélection du diffuseur. Plus de 308 000 votes ont ainsi été enregistrés cette année.

Au-delà des lauréats – Ousmane Dembélé cette saison, après Zinédine Zidane, Didier Drogba, Zlatan Ibrahimović, Neymar ou Kylian Mbappé – les Trophées UNFP cherchent aussi à valoriser leur dimension patrimoniale. Le trophée lui-même est réalisé chaque année par un artiste (le plasticien iranien Ghass Rouzkhosh), renforçant son caractère symbolique. Mais le véritable tournant intervient il y a une dizaine d’années.

« Nous avons rencontré LAFOURMI pour moderniser l’UNFP. Nous avons commencé par le logo et la plateforme de marque avant de faire évoluer progressivement toute la cérémonie. », se souvient Régis Garrault. Depuis, le nombre d’invités a volontairement été réduit à environ 400 à 450 personnes, exclusivement sur invitation nominative, afin de renforcer le caractère premium de l’événement.

La campagne

Pour Thibaut Cornet, président de The Fan Syndicate Group et coprésident de LAFOURMI, toute la stratégie repose sur un changement de paradigme. « Au départ, les Trophées UNFP étaient un produit TV. Notre enjeu est d’en faire un produit social. » La préparation débute entre trois et cinq mois avant la cérémonie : identité visuelle, affiche officielle, production, logistique, partenariats et plan de diffusion sont élaborés en amont.

L’édition 2026 marque également un changement de dimension avec l’installation au Palais Brongniart, après plusieurs années passées au Pavillon Gabriel. Un choix qui permet notamment de développer un tapis rouge plus ambitieux (et médiatique), pensé comme un véritable contenu à part entière.

Pour alimenter les plateformes, LAFOURMI met en place une content factory dédiée. « Nous créons une content factory ad hoc et in situ dont l’ambition est de faire vivre la cérémonie de la manière la plus immersive possible sur toutes les plateformes sociales. » L’objectif est double : toucher une audience plus jeune que celle de la télévision traditionnelle et générer des conversations autour de la cérémonie.

« Le football est un sujet de passionnés. Dès que vous distinguez un joueur, certains trouvent cela génial, d’autres scandaleux. C’est précisément ce qui crée les conversations », relève Thibaut Cornet. Plus de 300 contenus sont ainsi produits et diffusés en moins de 36 heures autour de quatre temps forts.

– Révéler les nommés à travers visuels, vidéos et contenus courts ;
– Le tapis rouge, devenu un dispositif éditorial à part entière mêlant interviews, créateurs de contenus, personnalités du sport, artistes et influenceurs comme Tony Czech, Aurélien Gendron et Call me Manny ;
– Accompagner la remise des prix avec des publications en temps réel, enrichies cette année par un studio photo premium inédit destiné à produire des portraits immédiatement réutilisables par les médias ;


– Une stratégie d’amplification.

« Nous faisons en sorte que les contenus soient cross-postés par les joueurs, les clubs, les médias et les partenaires. C’est cette mécanique qui nous permet aujourd’hui d’atteindre des niveaux d’audience extrêmement élevés. »

Ce travail se prolonge d’ailleurs tout au long de la saison grâce au Trophée UNFP du joueur du mois, animé depuis une quinzaine d’années et servant de fil rouge jusqu’à la cérémonie de mai.

Les résultats 

Les performances enregistrées cette année illustrent cette transformation : près d’un demi-milliard de vues et une montée en gamme assumée.

Par rapport à 2025, les audiences ont progressé de 183 %. Au total, la cérémonie revendique :
– 450 millions de vues ;
100 millions de comptes touchés ;
20,43 millions d’interactions ;
308 000 votes pour le trophée du plus beau but.

Selon LAFOURMI, ces performances représentent environ 15 % de celles générées par le Ballon d’Or, un niveau significatif pour une cérémonie limitée au championnat de France.

Cette édition marque également plusieurs évolutions structurelles : premier tapis rouge de cette ampleur, premier studio photo premium, montée en puissance des partenariats (Motorola, Lenovo, les parfums d’Elmar, Konbini…), mais aussi lancement de la diffusion sur YouTube, qui a généré 120 000 vues pendant la cérémonie.

Autre choix stratégique : un photographe officiel unique dans la salle, dont les clichés sont ensuite repris par les médias et les différents partenaires afin d’assurer une cohérence visuelle et maximiser leur diffusion. Pour Régis Garrault, le tapis rouge constitue l’enseignement majeur de cette édition. « Il nous permet désormais d’aller chercher d’autres univers, notamment les magazines de mode. Avec des personnalités comme Didier Drogba, nous touchons une audience qui dépasse largement le football. »

Les 3 clés du succès

– La venue de tous les joueurs de la L1/L2
« Faire venir tous les joueurs reste notre priorité. Ce sont eux qui donnent toute sa valeur à la cérémonie. »
– La stratégie sociale 
La mécanique d’amplification mise en place autour de l’événement : content factory, influence, diffusion native sur les plateformes et cross-posting.
– La scénographie
Le choix du Palais Brongniart, le développement d’un tapis rouge digne des grandes cérémonies internationales et la présence de près de 70 journalistes français et internationaux participent à installer les Trophées UNFP comme un rendez-vous incontournable.

Pour Régis Garrault, l’ambition dépasse désormais la simple remise de prix : « Les Trophées UNFP sont devenus une marque à part entière. C’est une vitrine du football français, un rendez-vous que tout l’écosystème inscrit désormais dans son agenda. »

À mesure que la frontière entre retransmission sportive, événement premium et production de contenus continue de s’estomper, les Trophées UNFP illustrent la manière dont une cérémonie historique peut être repensée comme une marque média capable d’exister bien au-delà de sa “simple” diffusion télévisée.

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