Le mode ''spicy'' de Grok fait encore parler de lui.
La nouvelle fonctionnalité « spicy » de Grok Imagine, l’outil de génération d’images et de vidéos de xAI, soulève de vives inquiétudes. Accessible via un abonnement iOS à 30 dollars par mois (offre SuperGrok), elle permet de créer des vidéos à caractère sexuel de célébrités, y compris de Taylor Swift, en quelques clics — et ce, sans garde-fous apparents. Oui, quelques semaines après que xAI ait lancé un avatar IA franchement NSFW.
Contrairement à d’autres IA comme Google Veo ou OpenAI Sora, conçues pour bloquer la production de contenus dénudés ou de deepfakes de personnalités, Grok Imagine ne s’y oppose pas. Dans un test du média américain The Verge, une image générée de Swift lors d’un festival a été transformée en vidéo où la chanteuse se déshabillait devant un public virtuel (les bandes noires sur sa poitrine ayant été ajoutés en post-production). La vérification d’âge, limitée à un simple champ de date de naissance, reste aisément contournable.
Ce lancement intervient alors que les contenus sexuels sont de plus en plus écartés des grandes plateformes. Le Royaume-Uni impose désormais un blocage des contenus jugés « préjudiciables » pour les mineurs, et des services comme Steam ou Itch.io ont récemment supprimé en masse des jeux et médias adultes, sous pression d’associations et d’annonceurs.
Pourtant, Grok Imagine pourrait échapper aux dispositions du Take It Down Act, loi américaine adoptée début 2025 pour lutter contre la diffusion d’images intimes non consenties. D’après Mary Anne Franks, professeure à la George Washington University Law School et présidente du Cyber Civil Rights Initiative, interrogée par The Verge, l’outil ne correspond pas aux critères de « publication » ou de « plateforme couverte » définis par le texte, car le contenu n’est pas diffusé publiquement mais remis directement à l’utilisateur qui l’a généré.
Les plateformes indépendantes subissent des contraintes strictes sur le contenu adulte, souvent sous la menace d’Apple ou des prestataires de paiement, qui n’hésitent pas à couper leurs services. Mais les géants de la tech bénéficient d’un traitement différent. Elon Musk, dont xAI a récemment obtenu un contrat pouvant atteindre 200 millions de dollars avec le département américain de la Défense, conserve un poids politique considérable, même face à d’éventuelles enquêtes fédérales.
Cette asymétrie se traduit par une situation paradoxale : là où le moindre utilisateur se voit censurer ou shadowban un statut partageant une œuvre d’art avec un peu trop de chair au goût des algorithmes, un acteur majeur peut proposer un service facilitant la création de deepfakes dénudés. Une illustration, une fois encore, du décalage entre les discours sur un « Internet plus sûr » et la réalité de sa régulation.











