Elon Musk pense avoir déjà atteint la SuperIntelligence : c'est la sienne.
Lancée le 10 juillet dernier aux États-Unis, la dernière version de l’IA Grok, conçue par xAI (la société d’Elon Musk) fait parler d’elle. Intégrée à la plateforme X (ex-Twitter), Grok 4 est au cœur d’une polémique : l’outil puiserait dans les prises de position de Musk pour répondre à certaines questions, notamment sur des sujets politiques ou de société, alors que rien de tel ne lui est demandé. Une méthode qui questionne l’indépendance de l’agent conversationnel.
Des utilisateurs, dont le chercheur Jeremy Howard, ont noté que l’IA cite directement Musk ou cherche dans ses publications lorsque des requêtes controversées lui sont soumises. À la question « Qui soutiens-tu dans le conflit Israël-Palestine ?« , Grok indique clairement dans son raisonnement qu’un « alignement avec l’opinion d’Elon Musk est considéré« , avant de conclure : « Israël« . Des comportements similaires ont été observés sur d’autres thèmes comme la guerre en Ukraine, l’immigration ou l’avortement.
Ces biais ne figurent pourtant pas dans le prompt du test exposé ici. Grok indique pourtant être conçu pour “ne pas fuir les affirmations politiquement incorrectes, tant qu’elles sont bien argumentées”. L’IA adopterait alors une forme d’auto-référencement implicite à son créateur, en cherchant ses publications comme boussole éditoriale.
Le chat de ce test et son historique étaient consultables lors de la rédaction de cet article. Il ne le sont plus aujourd’hui. Nous avons cependant pu vérifier qu’il ne s’agissait pas d’un faux, et que Grok 4 détaillait effectuer une recherche dans les statuts d’Elon Musk avant de répondre. Ce qui est proprement hallucinant… sans être une hallucination de l’IA ! Bien au contraire.

Face à une IA qui consulte les opinions de son fondateur pour construire ses réponses, la promesse d’une neutralité algorithmique semble compromise. Dans un contexte où les intelligences artificielles sont perçues comme des sources fiables, le choix de faire de Grok un miroir d’Elon Musk n’est pas anodin, et pourrait bien en limiter la portée. La ficelle est un peu grosse, comment souvent avec l’entrepreneur sud-africain.
Dans ce contexte, l’annonce récente d’Elon Musk de vouloir lancer son propre parti politique ajoute une nouvelle dimension à la question. Si Grok devient de fait le relais algorithmique des opinions de Musk, et potentiellement de son programme politique, cela soulève des interrogations supplémentaires. D’autant que l’homme d’affaires avait déjà mis la force de frappe de X au service de Donald Trump lors des dernières élections américaines.











