Les clics chutent doucement.
Le trafic organique des sites américains a enregistré un léger recul de 2,5 % en glissement annuel, selon une analyse de Graphite basée sur les données de plus de 40 000 sites via Similarweb. Ce chiffre, nettement inférieur aux prédictions alarmistes de l’ère « zero-click search », montre que le référencement naturel reste un canal solide, même face aux nouvelles fonctionnalités basées sur l’IA.
Les tendances varient néanmoins fortement selon la taille des sites. Les plus grands, parmi les 10 premiers, ont vu leur trafic croître de 1,6 %, tandis que les pertes se concentrent sur les éditeurs de taille moyenne, classés entre le top 100 et le top 10 000. Google confirmait en août 2025 que le volume total de clics organiques restait relativement stable d’une année sur l’autre.


Les aperçus d’IA sont souvent cités comme responsables d’une baisse des clics organiques. Ces fonctionnalités apparaissent dans environ 30 % des requêtes, principalement informationnelles, et réduisent le taux de clic de 35 % lorsqu’elles sont présentes. Cependant, leur impact reste limité, et ils ne remplacent pas les recherches transactionnelles ou commerciales, qui continuent de générer la majorité des clics.
Contrairement à certaines idées reçues, Google n’accapare pas davantage de clics au profit de ses publicités. Si la part de clics sur les annonces a légèrement augmenté de 2 %, les résultats organiques continuent de représenter 90 % des clics provenant du moteur de recherche. L’écart reste donc considérable entre trafic naturel et placements payants, confirmant que l’optimisation SEO demeure stratégique pour les marques.
La perception d’un effondrement du SEO s’explique en partie par les méthodes de recherche biaisées. De nombreuses études récentes se basent sur de petits échantillons ou des sondages auto-déclaratifs, qui surestiment l’usage des outils d’IA comme ChatGPT et sous-estiment la persistance des recherches organiques.
Graphite a ainsi utilisé un panel massif, combinant données issues d’utilisateurs volontaires, FAI, signaux publics et mesures directes de sites participants. Cette approche permet de modéliser avec précision les visites et les sources de trafic sur plus de 40 000 sites américains.
Les variations de trafic selon les secteurs sont également notables. Les contenus d’actualité, santé, cuisine et divertissement ont connu les baisses les plus importantes, dépassant parfois 10 %. En revanche, les sites e-commerce, mode et marketplaces ont vu leur trafic progresser, confirmant que le SEO reste efficace concernant des recheches plus commerciales ou locales.

Malgré la croissance rapide de ChatGPT, l’utilisation de l’IA comme substitut direct à Google reste limitée. Les clics organiques ne sont pas en déclin dramatique, et les marques qui continuent de produire du contenu de qualité peuvent encore tirer parti du SEO comme canal majeur d’acquisition.
En résumé, le SEO américain n’est donc pas en crise. Le recul de 2,5 % reste modeste, concentré sur les sites de taille moyenne et sur certains contenus. Les entreprises qui adaptent leur stratégie aux nouvelles interactions avec l’IA, optimisent leurs contenus et privilégient la qualité sur le volume continueront de bénéficier d’un trafic organique solide et durable.











