Skiera bien qui skiera le dernier.
Partenaire officiel de la Team USA aux JO d’hiver de Milan Cortina, Google Cloud a dévoilé il y a quelques jours un documentaire sur un nouveau projet technologique qui a pour vocation d’aider les athlètes à dépasser leurs limites. La data est mise au service de la performance, au millimètre près, avec le développement en cours de nouveaux outils IA de tracking et mesure des figures acrobatiques des skieurs et snowboardeurs de haut niveau.
Les olympiens américains sont donc les premiers à bénéficier de ces prototypes, le vétéran du snowboard triplement médaillé d’or Shaun White en tête, suivi d’Alex Hall, Maddie Mastro et Colby Stevenson. Dans le court documentaire sorti samedi, nous voilà immergé à leurs côtés dans les montagnes enneigées du Colorado, alors qu’ils se préparent au championnat de Milan 2026. Cela faisait six mois que les employés de Google Cloud s’étaient intégrés à leur équipe d’entraînement, en secret, avec l’approbation d’Anouk Patty, cheffe de la fédération nationale américaine de Ski & Snowboard.
Malgré l’immense beauté de leur environnement, le stress est palpable chez les sportifs, qui anticipent la rudesse de la compétition dans un évènement aussi important que les JO. Mais, chose rare, il l’est aussi chez les employés de Google qui, au départ, ne savaient pas vraiment comment ils pourraient leur être utiles. Anouk Patty le dit le mieux : “Nous disons souvent que les données peuvent aider à régler beaucoup de problèmes, mais il faut bien comprendre et déterminer dans quel jeu de données se servir, et lesquelles utiliser.”
Dans les sports d’hiver, les limites capacitaires de l’humain ne sont pas bien déterminées. Et, bien souvent, les données utiles ne sont pas facilement mesurables, notamment à cause de la vitesse à laquelle les mouvements très précis sont exécutés. C’est là tout le challenge de Google Cloud, qui a souhaité éprouver ses outils IA, comme Gemini ou encore Vertex AI (avec Google DeepMind), pour réaliser les mesures et comparaisons évoquées par l’équipe olympique des États-Unis, à partir de vidéos de leurs prestations.
La technologie IA remplace les outils antérieurs, des caméras qui nécessitaient le port de capteurs par les athlètes. Dans un second temps, ces derniers peuvent demander à Gemini des pistes d’amélioration, en toute sécurité. Il n’est plus question d’improviser de nouveaux tricks, comme Shaun White disait le faire il y a quelques années.
Quelle utilité ailleurs ?
Si Google Cloud donne dans cette campagne un bon aperçu de l’étendue de ses compétences IA en termes de modeling 3D, etc., l’objectif est bel et bien de les mettre au service de la progression (et de la passion) des skieurs et snowboardeurs professionnels. Et peut-être même plus.
Dans un communiqué, le vice-président du service Global Generative AI de Google Cloud, Oliver Parker, commente l’initiative : “Notre collaboration avec US Ski & Snowboard est l’ébauche d’un changement majeure dans la façon dont les humains bougent, s’entraînent, et récupèrent, outrepassant les données historiques pour fournir aux athlètes un coaching en temps presque réel, prescriptif. En utilisant pleinement nos IA, nous aidons à démocratiser le coaching d’élite – en prouvant que si nous pouvons calculer pour les meilleurs athlètes du monde dans les conditions les plus extrêmes, nous pouvons aider n’importe qui, du patient en thérapie physique jusqu’au golfeur amateur, à améliorer leur jeu.”
La vidéo récapitulative semble encore plus optimiste, et se termine par l’idée suivante : “Si on peut le faire pour les JO d’hiver de Milan, on peut le faire pour tous les business dans toutes les industries à travers le monde entier.” Mais quel business exactement pourrait utiliser la technologie montrée dans ce documentaire pour augmenter ses rendements ? C’est peut-être un peu fort que d’affirmer qu’un avancement, si significatif soit-il, dans un milieu aussi spécifique que le ski et le snowboard freestyle, puisse être dupliqué à l’ensemble de l’économie mondiale par l’entreprise qui en est à l’origine.
Cette collaboration est-elle une façon un peu flashy de rentabiliser les milliards de dollars que Google investit dans l’intelligence artificielle ? Le temps gagné est-il vraiment perceptible ? Shaun White avait l’air réellement enthousiaste : “C’est le futur”, disait-il à Google Cloud. À Milan, en attendant, Alex Hall a récemment remporté la médaille d’argent de ski slopestyle, mais Maddie Mastro est malheureusement tombée après son premier saut en snowboard halfpipe. Quant à Colby Stevenson, il ne semble pas avoir pu se qualifier à la compétition mondiale. Un avantage certes, mais pas décisif encore.











