Résultats trimestrielles : +24 % de croissance pour Google… qui investit « trop » dans l’IA

Par Elena F. le 23/07/2026

Temps de lecture : 3 min

Sanction en bourse, avec un -6,89 % sur la journée.

Alphabet a publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, avec une croissance de 24 % de son chiffre d’affaires au deuxième trimestre 2026. Une performance portée par trois moteurs : la publicité, YouTube et le cloud, qui confirment tous le rôle central de l’intelligence artificielle dans la stratégie du groupe.

Le cœur de l’activité reste Google Search, dont les revenus publicitaires progressent encore de 17 % sur un an. Un chiffre d’autant plus remarqué que le moteur de recherche est en pleine mutation avec le déploiement d’AI Overviews et d’AI Mode. Loin de freiner la publicité, ces nouveaux formats semblent au contraire créer davantage d’opportunités commerciales pour la firme de Mountain View. En multipliant les surfaces de réponses et les requêtes conversationnelles, Google augmente ses inventaires publicitaires et continue de faire du Search sa principale source de revenus.

Autre indicateur scruté par le marché : Gemini revendique désormais 950 millions d’utilisateurs actifs, contre 750 millions lors du précédent trimestre. Une progression qui rapproche un peu plus l’assistant de Google des usages des principaux acteurs de l’IA générative, alors que l’entreprise prépare encore la prochaine génération de son modèle.

De son côté, YouTube poursuit sa montée en puissance. Les revenus publicitaires de la plateforme continuent de progresser, à +13 %, portés par la télévision connectée (CTV), les Shorts et une consommation vidéo toujours plus importante. Google revendique désormais YouTube comme la première plateforme mondiale de consommation vidéo, devant les acteurs historiques du streaming, une dynamique encore renforcée par la Coupe du monde 2026.

Enfin, c’est Google Cloud qui affiche la croissance la plus insolente : +82 % sur un an. Une performance directement liée à l’explosion de la demande en infrastructures d’intelligence artificielle. Grâce à ses propres puces TPU (inférence IA) et à une maîtrise complète de sa chaîne technologique, Google profite pleinement de la course mondiale au calcul nécessaire aux modèles génératifs.

Cette course à l’IA a toutefois un coût. Pour soutenir ses ambitions dans le domaine, Alphabet a accéléré massivement ses investissements dans ses infrastructures, principalement consacrés aux data centers et aux capacités de calcul nécessaires à l’IA. Une stratégie qui pèse sur ses finances : le groupe a enregistré pour la première fois depuis son introduction en bourse en 2004 un flux de trésorerie disponible négatif (free cash flow) de 5,8 milliards. Comment l’expliquer alors que Google a toujours été vu comme une incroyable cash-machine ? Le mastodonte a généré 39,1 milliards de cash-flow opérationnel sur le trimestre, mais a investi 44,9 milliards sur la même période. Et la tendance devrait se confirmer trimestre après trimestre, avec dans les 200 milliards d’investissements prévus en 2026.

Les boursicoteurs du Nasdaq ont peu apprécié cette perspective, sanctionnant le titre avec une baisse de -6,89 % sur la journée suivant l’annonce des résultats. Certes, Google est très bien positionné dans la bataille de l’IA. Mais les petits et grands porteurs commencent à se demander : « à quel prix ? »

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