De l'attention au "Nutri-Score" RSE pour les annonceurs.
France Télévisions Publicité ouvre son millésime 2026 avec une ambition claire : faire converger puissance, innovation et responsabilité. Après avoir marqué les esprits en 2025 avec la distribution de ses contenus sur Prime Vimeo (Amazon) et le lancement d’ADspace.ia, la régie voit grand pour 2026 avec plusieurs fronts : data premium, IA multimodale, nouveaux formats shoppables et intégration d’un score responsable en partenariat avec Carbone 4, le cabinet de Jean-Marc Jancovici.
À l’occasion des CGV, Vincent Salini, directeur du digital de France Télévisions Publicité, détaille pour nous ces nouveautés qui façonneront l’offre de la régie en 2026. Une feuille de route où la plateforme france.tv se veut plus que jamais le hub vidéo premium de l’audiovisuel public, et où chaque innovation vise à réconcilier simplicité d’achat, efficacité publicitaire et transition écologique.
À quelles nouveautés peut-on s’attendre côté data en 2026 ?
Vincent Salini : Nous accélérons vraiment. Notre parti pris est de nous appuyer sur des partenaires qui disposent de données à la fois volumiques et surtout déterministes.
Nous annonçons d’abord un partenariat autour des données liées au lifestyle avec Veepee. Cela s’appuie à la fois sur la donnée transactionnelle et comportementale, ce qui va venir enrichir nos offres actuelles.
Ensuite, un autre partenariat sur la culture et le cinéma : au-delà du Festival de Cannes que nous diffusons et des 500 films gratuits disponibles sur la plateforme, nous allons intégrer la donnée Allociné de Webedia. Cela nous permet de toucher les spectateurs passionnés de cinéma, mais aussi d’avoir accès aux intentionnistes.
Avec l’accord Prime Video, nos clients pourront activer la donnée Amazon, basée sur les centres d’intérêt et les signaux d’achat sur Prime, via le DSP d’Amazon, directement sur notre offre france.tv dans Prime Video. Concrètement, cela veut dire que nos clients pourront acheter des segments Amazon first-party et diffuser leurs publicités sur nos contenus france.tv dans Prime Video.
Vous avez aussi un nouveau projet avec Freewheel…
V.S. : Toujours sur la data, nous voulons aller plus loin dans le ciblage grâce à un partenariat avec Freewheel. Nous lançons un POC autour d’une technologie d’IA multimodale qui analyse nos contenus vidéo : le texte, l’image, l’audio, la vidéo. Cela permet de mieux catégoriser nos programmes et de détecter des thèmes, des sentiments, des personnages, des célébrités, voire des marques.
Grâce à cela, nous serons capables de proposer un ciblage contextuel beaucoup plus fin. Je prends un exemple : dans Télématin, si un reportage parle d’environnement, nous pourrons mieux le catégoriser comme tel, même si ce n’était pas le sujet principal. Cela nous permettra aussi de placer la publicité au moment le plus pertinent, par exemple juste après une séquence sur l’automobile ou le sport. Enfin, nous pourrons même identifier la présence d’une égérie ou d’une marque dans une émission, et activer un spot publicitaire en lien direct.
Nous avançons activement avec Freewheel, et l’objectif est de lancer les premiers tests à grande échelle début 2026.
Vos CGV 2025 insistaient sur l’agrégation et l’hyperdistribution des contenus. Qu’en est-il pour les prochains mois ?
V.S. : C’est en effet ce que nous avons amorcé dès novembre dernier avec l’intégration des contenus d’Arte. Depuis, nous avons élargi avec TV5MONDE, France 24, Public Sénat et la Chaîne parlementaire. Notre vocation est de faire de france.tv le hub des contenus vidéo premium de l’audiovisuel public.
Très prochainement, à la fin du mois, nous irons encore plus loin avec l’intégration de programmes d’utilité publique qui ne relèvent pas directement de l’audiovisuel public. Par exemple, nous allons accompagner « Mieux » commercialement et son flux live sera bientôt distribué sur la plateforme france.tv.
Sur l’hyperdistribution, nous avons été pionniers dès 2018-2019 en diffusant nos programmes dans des environnements tiers, au-delà des quatre opérateurs télécom. Et le 1er juillet dernier, nous avons franchi une étape historique avec un accord mondial inédit : la distribution de nos contenus sur Prime Video.
Concrètement, cela couvre l’ensemble de nos flux live – France 2, France 3, France 4, France 5 – mais aussi le preview, le replay et le catalogue. La particularité, c’est que nous commercialisons exclusivement ces inventaires sur Prime Video. Nous avons la possibilité de toucher l’ensemble des abonnés Prime, y compris les abonnés Premium.
Votre offre d’achat média se “plateformise” avec notamment le lancement d’ADspace.ia.
V.S. : L’idée est de devenir la première plateforme total vidéo premium qui combine la télévision et la CTV, en intégrant aussi bien la BVod que la télévision segmentée.
La plateforme repose sur quatre grandes étapes. La première, c’est la connaissance client. Nous capitalisons sur plus de deux années d’historique, aussi bien sur les différents leviers d’activation que sur les données business et les conditions commerciales négociées avec nos clients. Tout est intégré nativement dans ADspace.ia : modalités de ciblage, formats, contextes, saisonnalité, stratégies d’achat, analyses sectorielles. Cela représente un gain de temps énorme pour les traders.
La deuxième étape, c’est la recommandation, le cœur du réacteur. Grâce à l’IA et à un accès en temps réel à nos inventaires, nous sommes capables de proposer la meilleure recommandation média possible, en fonction des objectifs du client et de la disponibilité de nos espaces.
La troisième étape, c’est l’activation. Depuis le 22 septembre, la version bêta d’ADspace.ia est disponible pour l’ensemble du marché. Dans un premier temps, les achats se feront en managed service : si la recommandation convient, nous accompagnons le trader dans l’acte d’achat. Mais dès le premier semestre 2026, l’objectif est que la plateforme soit en full self-serve, pour que les traders soient totalement autonomes.
La quatrième étape, ce sont les bilans. Là encore, nous voulons aller au-delà des indicateurs classiques comme le GRP ou le CPM. Nous intégrons des KPI différenciants : l’attention, avec la notion de couverture attentionnelle, et l’empreinte carbone. L’idée, c’est d’offrir des bilans enrichis et plus pertinents.
Nous avons aussi veillé à ce qu’ADspace.ia soit totalement interopérable avec les outils des agences, via API. Nous sommes déjà connectés à Popcorn Media, Médiamétrie, Freewheel, DK… et nous discutons avec des plateformes propriétaires d’agences comme Choreograph de WPP ou Converged de Havas.
Enfin, côté feuille de route, au second semestre 2026 nous intégrerons le parrainage dans la plateforme et nous lancerons une brique d’IA dédiée aux copies créatives. Par exemple, générer automatiquement un billboard à partir d’un spot classique pour respecter les formats réglementaires. Et à terme, l’objectif est de fusionner complètement ADspace et ADspace.ia pour n’avoir plus qu’un seul outil pour l’ensemble du marché.
Quelles autres nouveautés dans ces CGV ?
V.S. : Nous lançons un nouveau format que nous appelons Shoppable Experience. L’idée est de capitaliser sur nos contenus vidéo sur notre app et sur france.tv, et de les enrichir avec des modules shoppables. Cela permet à l’utilisateur d’acheter directement un produit, sans interruption, depuis la vidéo qu’il est en train de regarder.
Nous avons déjà mené un premier test à l’occasion du Tour de France. Par exemple, nous pouvions proposer à un utilisateur d’acheter un livre sur le Tour ou même un bas de cycliste directement depuis une vidéo liée à l’événement. On peut imaginer la même logique autour du Festival de Cannes : des cosmétiques accessibles depuis une vidéo du tapis rouge. C’est un mix entre contenu et commerce.
Nous travaillons avec un partenaire qui nous accompagne sur l’éditorialisation et sur le tracking, avec tous les KPI associés. Après les POC réalisés cette année, nous voulons déployer Shoppable Experience à grande échelle en 2026.
Quid de la RSE ?
V.S. : Nous sommes convaincus que la publicité doit contribuer à la transition écologique, et nous avons voulu l’ancrer dans nos CGV. C’est pour cela que nous avons noué un partenariat exclusif avec le cabinet Carbone 4, cofondé par Jean-Marc Jancovici.
Carbone 4 a établi une classification des produits en plusieurs classes, de A à F, à la façon d’un Nutri-Score, mais appliqué à l’impact environnemental.
Notre démarche n’est pas de pénaliser, mais au contraire d’accompagner et de valoriser les marques qui font des efforts. Concrètement, celles qui sont classées A, B ou C bénéficieront gratuitement d’emplacements préférentiels, que ce soit en télévision classique ou sur notre écosystème digital. Ces emplacements préférentiels sont les premiers ou les derniers spots d’un écran, ceux qui bénéficient de la meilleure attention et de la meilleure mémorisation. Normalement, ils sont majorés, mais dans ce cadre, nous supprimons cette majoration.
Nous commençons par le secteur de la mobilité, où le travail de classification est déjà bien avancé. Un vélo sera classé A, une citadine électrique probablement B, un véhicule plus gros peut-être C ou D.
L’idée est de déployer progressivement cette démarche vers d’autres secteurs dès que les données seront disponibles, et de contribuer, à notre échelle, à cette transition écologique en incitant les marques et les consommateurs à aller vers des produits plus responsables.











