Pour la FFT et FranceTV Publicité, Roland-Garros devient une plateforme globale

Par Élodie C. le 22/05/2026

Temps de lecture : 7 min

Le tournoi étend sa puissance cross-media.

Cette interview fait partie du numéro spécial marketing sportif.

Alors que les audiences se fragmentent et que les marques réclament davantage que de la simple visibilité, les grands événements sportifs restent des actifs médiatiques à part. Roland-Garros en est l’un des exemples les plus emblématiques. Entre puissance du live, montée en puissance du streaming, nouvelles écritures sociales et exigences accrues en matière d’engagement et de performance, le tournoi parisien devient un terrain d’expérimentation stratégique pour les annonceurs comme pour les diffuseurs.

Dans cette double interview, Arnaud Delaplace, directeur commercial (partenariats, médias, production) de la Fédération Française de Tennis, et Nathalie Dinis, directrice générale adjointe commerce de FranceTV Publicité, reviennent sur l’évolution de la valeur publicitaire de Roland-Garros, les nouveaux formats déployés autour de l’événement et les transformations plus larges du marketing sportif à l’ère de la Total Vidéo et des plateformes.

Roland-Garros est un actif premium historique. Comment faites-vous évoluer sa proposition de valeur publicitaire à l’heure de la fragmentation des audiences ?

Arnaud Delaplace (FFT) : La fragmentation des audiences est une réalité, sauf pour les grands rendez-vous live premium. Roland-Garros en est la preuve. Nous avons même enregistré en 2025 un record historique d’audience linéaire, avec 324 millions de téléspectateurs dans le monde, ce qui en a fait le tournoi le plus suivi en 2025 (sur le critère « exposés au seuil d’une minute consécutive »), et cela dans la continuité d’une dynamique haussière observée ces dernières années à l’échelle mondiale.

Nous développons Roland-Garros comme une marque globale, avec une exécution adaptée localement via nos 170 diffuseurs internationaux, notamment sur la programmation des matchs. En parallèle, nous renforçons la dimension éditoriale du tournoi avec des formats comme « Entre les Lignes » ou « Dans l’ombre des géants », afin de construire une marque forte au-delà des performances media liées aux aléas sportifs.

Nous encourageons également des formats publicitaires plus intégrés et premium, comme l’opération spéciale « set décisif » avec Rolex. Être partenaire de Roland-Garros permet aussi de bénéficier d’un droit prioritaire d’achat d’espace auprès des diffuseurs officiels du tournoi.

Nathalie Dinis (FTP) : Roland-Garros reste un rendez-vous unique, capable de réunir des audiences massives sur toutes les tranches d’âge. L’édition 2025 a parfaitement illustré cette dynamique avec 46 millions de téléspectateurs sur les antennes de France Télévisions et plus de 82 millions de vidéos vues sur nos environnements numériques.

C’est précisément ce qui fait aujourd’hui sa valeur, les grands événements fédérateurs deviennent de plus en plus rares et donc de plus en plus puissants pour les marques.

L’expérience Roland-Garros se prolonge naturellement entre télévision linéaire, streaming, social et mobile. Notre enjeu est de faire évoluer cette puissance vers une logique de Total Vidéo pour les marques.

Quelles innovations publicitaires (formats, sponsoring, brand content, intégrations éditoriales) testez-vous ou déployez-vous sur l’édition 2026 ?

FTP : Pour 2026, nous accélérons clairement sur les formats immersifs et interactifs autour des usages CTV et streaming. Nous lançons notamment Coverplay, un format premium en CTV qui permet à une marque d’occuper l’emplacement le plus visible de la plateforme pendant Roland-Garros, dans un environnement immersif et événementialisé.

Nous développons également Coverbreak, un format plein écran contextualisé qui apparaît lors des pauses de lecture en replay, avec un niveau d’attention particulièrement fort.

Ces deux nouveaux formats pendant Roland-Garros sont inaugurés par Renault et BNP Paribas, tous 2 partenaires du tournoi.

Enfin, nous continuons d’enrichir nos dispositifs de skin pre-roll, qui permettent aux annonceurs d’habiller l’expérience vidéo autour des lives et des replays sans interrompre le visionnage. Au-delà des formats, notre ambition est de proposer une publicité mieux intégrée, plus fluide, plus respectueuse des usages et davantage pensée comme une composante de l’expérience de visionnage.

FFT : Nos plateformes digitales sont devenues des leviers majeurs de visibilité et d’engagement, avec plus de 23 millions de followers sur nos réseaux sociaux.

Nous développons plusieurs types d’activations. Certaines relèvent de la publicité classique, comme les campagnes Renault diffusées sur nos inventaires YouTube. Nous renforçons aussi les contenus sponsorisés intégrés à la narration du tournoi, avec des formats comme « All Access » avec Accor ou « Coffee Moment by Lavazza », pensés pour s’intégrer naturellement aux usages des réseaux sociaux.

Nous développons également des dispositifs de brand content avec des joueurs ambassadeurs et des tournages réalisés au cœur du stade, notamment au Jardin des Mousquetaires, afin de créer des contenus plus incarnés, conversationnels et engageants.

Comment la régie articule-t-elle aujourd’hui TV linéaire, CTV et digital autour de Roland-Garros pour proposer des dispositifs réellement cross-média aux annonceurs ?

FTP : Notre approche est désormais totalement cross-media et centrée sur les usages.Nous construisons des dispositifs capables d’accompagner les publics à tous les moments de consommation.

La TV linéaire reste essentielle pour la puissance et la couverture de l’événement. Le digital et la CTV permettent ensuite d’étendre la couverture, notamment auprès des publics plus jeunes, d’augmenter la répétition utile et surtout de créer davantage d’interactions. Nous proposons aujourd’hui des offres unifiées qui associent sponsoring TV, replay, streaming, social amplification, formats interactifs et brand content. Cela permet aux marques d’activer Roland-Garros de manière beaucoup plus cohérente et mesurable qu’auparavant.

La montée en puissance de france.tv change profondément la donne. C’est cette complémentarité entre puissance du broadcast et richesse des usages digitaux qui constitue aujourd’hui notre force.

Quelles sont les attentes nouvelles des marques partenaires de Roland-Garros ? Par exemple, en matière de performance et de mesure (attention, engagement, drive-to-web ou drive-to-store) ?

FFT : Les attentes des partenaires ont fortement évolué. La visibilité TV reste centrale, mais les marques recherchent désormais des indicateurs plus précis autour de l’attention, de l’engagement ou de la mémorisation.

L’objectif est de générer de l’interaction via des contenus exclusifs, des activations sociales, de l’influence ou des expériences immersives. Les marques veulent jouer un rôle dans l’expérience Roland-Garros et produire des effets business mesurables : trafic, data, leads ou ventes.

Roland-Garros est aujourd’hui une plateforme business mondiale avec près de 700 000 visiteurs sur site, 324 millions de téléspectateurs uniques, des activations CRM, des produits co-brandés ou des dispositifs comme Tribune Concorde et les fan zones internationales. Nous cherchons aussi à maintenir un équilibre entre activations annuelles et réactivité en temps réel pendant le tournoi, notamment sur les réseaux sociaux.

FTP : Les annonceurs recherchent toujours la puissance et l’association à un événement premium, mais ils attendent désormais davantage de preuves d’efficacité et d’engagement.

Les enjeux autour de l’attention, de la visibilité, de l’engagement social ou encore du drive-to-web deviennent centraux. C’est dans cette logique que nous avons pensé nos offres 2026. 

Les marques veulent aussi des dispositifs plus intégrés, plus contextuels et capables de créer une vraie proximité avec les publics. Les dispositifs déployés pour nos partenaires historiques, tels que Rolex, Renault, Engie ou Hespéride reflètent cela.

Enfin, notre plateforme digitale france.tv est toujours plus prisée, notamment avec notre chaine sport lancée en février dernier : elle nous permet de séduire de nouvelles marques sur l’évènement !

Plus largement, comment voyez- vous évoluer les tendances du marketing sportif dans les prochaines années ?

FFT : Le principal enjeu sera de concilier authenticité et innovation. Roland-Garros doit préserver son ADN historique tout en s’adaptant à de nouveaux usages et à des audiences plus jeunes.

Cela passe par de nouveaux formats de contenus, une présence renforcée sur les plateformes digitales et sociales, ainsi que de nouvelles écritures éditoriales. L’objectif n’est pas d’opposer héritage et modernité, mais de les faire dialoguer.

Nous travaillons constamment cet équilibre entre les fondamentaux du tournoi – la terre battue, l’élégance, le temps long – et des formats plus contemporains comme « Gaël & Friends ». Roland-Garros doit rester iconique sans devenir statique.

FTP : Le marketing sportif va continuer à se renforcer autour de trois grandes tendances : l’expérience, l’immersion et l’authenticité.

Le sport reste l’un des rares contenus capables de fédérer massivement les publics et de générer un engagement collectif en temps réel. Mais les marques veulent désormais participer à l’expérience, pas seulement être visibles autour d’elle.

On va donc voir se développer des dispositifs plus immersifs, plus conversationnels et plus intégrés aux contenus. La CTV, les environnements interactifs et le brand content vont prendre une place croissante, avec une attente forte autour de la mesure de l’attention et de l’engagement réel.

News Scan Book

1

2

3

4

5

Précédent Suivant