Quel est le salaire d’un CMO en 2026 ?

Par Myléna T. le 09/10/2026

Temps de lecture : 4 min

Inégalité hommes / femmes, pression, IA… ce que racontent les chiffres du moment.

60 000 euros : c’est le salaire fixe brut annuel médian des professionnels du marketing et de la communication interrogés par futur proche en 2026. Mais derrière cette moyenne se cachent des écarts : le niveau de responsabilité, l’expérience, la ville, la taille de l’entreprise ou encore le métier exercé peuvent faire varier la rémunération. 

Menée en ligne du 27 mai au 4 août, l’étude de futur proche repose sur les réponses de 440 salariés du marketing et de la communication en France. Elle permet de voir qui gagne combien, et pourquoi, chez les annonceurs.

Des écarts qui se creusent selon les profil

La moitié des répondants se situe entre 42 000 et 80 000 euros de salaire fixe brut annuel. 10 % gagnent moins de 33 000 euros, tandis que 10 % dépassent les 100 000 euros. Et selon le niveau de responsabilité, la différence se creuse rapidement : le salaire médian passe de 35 000 euros pour un chargé de mission à 45 000 euros pour un manager, 65 000 euros pour un head of et 86 000 euros pour un poste de direction.

L’expérience joue également un rôle important. Le salaire médian passe de 32 000 euros avant cinq ans d’expérience à 60 000 euros entre 10 et 14 ans, avant de continuer à progresser plus lentement. Il atteint ainsi 80 000 euros entre 20 et 29 ans d’expérience.

La géographie pèse aussi lourd dans la balance. Le salaire médian atteint 71 000 euros en Île-de-France, contre 50 000 euros dans les grandes villes de région et 38 000 euros dans les autres villes de France. 

Même constat selon la taille de l’entreprise : 60 000 euros de salaire médian en PME, contre 72 000 euros en ETI et en grand groupe. À profil égal, l’écart reste significatif : un grand groupe paie 22 % de plus qu’une PME.

La finance, la banque, l’assurance et l’immobilier arrivent en tête des secteurs les plus rémunérateurs, avec un salaire fixe brut annuel médian de 71 000 euros. La tech et le SaaS suivent avec 65 000 euros et représentent à eux seuls 29 % des répondants. À l’inverse, l’industrie et le conseil se situent autour de 55 000 euros. Ces différences sont toutefois à nuancer : elles reflètent aussi la taille des entreprises et la répartition des postes au sein de chaque secteur.

Le salaire ne suffit plus

L’étude relève un écart de rémunération entre les femmes et les hommes. Le salaire fixe médian atteint 60 000 euros pour les femmes, contre 70 000 euros pour les hommes, soit une différence de 14 %. Une partie de cet écart s’explique par la répartition des profils interrogés, mais à niveau de poste, expérience, taille d’entreprise et zone géographique comparables, la différence reste de 7 %. 

Le salaire fixe n’est toutefois qu’une partie de la rémunération. En intégrant la part variable, les primes, l’intéressement et la participation, le package global médian atteint 65 000 euros, soit 7 % de plus que le fixe. 

Les avantages suivent eux aussi la taille des entreprises. Les RTT et les titres restaurant sont les plus répandus, avec respectivement 74 % et 72 % des répondants concernés. 

La mobilité peut également jouer sur la rémunération. Parmi les 25 % de répondants ayant changé d’employeur en 2025, 63 % ont vu leur rémunération augmenter, de 10 % en médiane. Mais l’effet diminue avec l’expérience : près de huit changements sur dix sont gagnants avant dix ans d’expérience, contre un sur deux au-delà de 20 ans.

43 % des répondants ont demandé une augmentation entre 2025 et 2026. Six sur dix l’ont obtenue, avec une hausse médiane de 4 %, contre 6 % demandés. Et même sans demande, 17 % des répondants ont été augmentés.

Pour autant, plus d’un salarié sur deux estime ne pas être suffisamment rémunéré. 53 % des répondants jugent leur salaire inférieur à leur niveau de responsabilité et estiment mériter 22 % de plus en médiane. Ce sentiment concerne 73 % des personnes gagnant moins de 50 000 euros, contre 24 % de celles dépassant les 100 000 euros.

La rémunération n’efface pas non plus la question de la charge de travail. 26 % des répondants déclarent une pression excessive dans leur poste, une proportion qui atteint 35 % chez les personnes en direction. 43 % travaillent au moins 45 heures par semaine, atteignant 68 % en direction. Pour accepter un poste considéré comme 20 à 30 % plus stressant, les répondants demandent en médiane 43 % de salaire supplémentaire.

Un secteur de l’emploi sous tension

Le marché de l’emploi est lui aussi perçu comme difficile. 86 % des répondants le jugent tendu ou très difficile. Dans le même temps, 23 % des salariés en CDI sont en recherche active et 43 % restent ouverts aux opportunités. 28 % déclarent avoir renoncé à chercher un nouveau poste au cours des douze derniers mois alors qu’ils en avaient envie.

Le télétravail, lui, s’est installé dans les habitudes. 59 % des répondants travaillent à distance un à deux jours par semaine et 19 % entre deux et quatre jours. 

Autre transformation en cours : l’IA. 70 % des répondants déclarent avoir vu leur périmètre ou leurs tâches évoluer au cours des douze derniers mois. Pour 45 % d’entre eux, certaines tâches ont disparu tandis que d’autres sont apparues. 

Enfin, l’étude montre que le premier salaire peut continuer à peser plusieurs années après l’entrée dans le métier. Il s’établit à 30 000 euros en médiane. Chez les répondants ayant moins de dix ans d’expérience, ceux qui ont commencé dans le quart le mieux payé gagnent aujourd’hui 61 % de plus que ceux partis dans le quart le moins bien payé. 

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