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News de l'agence Publicis LMA

Le jour où… on a enterré votre segmentation client

7 février 2020

Le jour où… on a enterré votre segmentation client.

Cela fait quelques années que je suis dans le BtoB. J’ai pu observer les mutations des métiers de la com’ et du marketing. J’ai même eu l’honneur de rencontrer des visionnaires, ceux à qui « on ne la fait pas » ; d’accompagner ceux qui avaient la tête dans le guidon ; d’écouter les « sachants », qui savent tout mieux et sont convaincus que ce qu’ils font depuis 10 ans est gravé dans le marbre…

Attendez une minute… Ne serait-ce pas les bases d’une segmentation clients ?

Et bien non… Ce sont juste des stéréotypes !

Et nous en sommes tous pétris. Nous imaginons nos clients et prospects comme une espèce de masse lisse et normée, consacrés à l’exercice de leur métier, aux besoins bien identifiés.

Bref, on se trompe de combat.

 

Délit de stéréotypes en BtoB 

Stéréotype récurant, le PDG/membre du CODIR/ COMEX est souvent un homme, 40+, avec un haut niveau d’étude. On l’appelle Marc, ou Pierre. Ça fait plus réel.

Mais cette cible est tellement large qu’elle ne correspond à personne. Enfin si, à beaucoup (trop) de monde en fait.

On compense alors à grandes doses de lyrisme inutile et ronflant :

à « Il a besoin d’être rassuré ». C’est-à-dire ? Rassuré sur quoi ? Que son prestataire soit à la hauteur ? Que son image soit valorisée ? Ou qu’il n’y ait pas de choux de Bruxelles à la cantine ce midi ?

à « Il fait de la veille métier » Et concrètement, sur quels sujets réels ? Sous quelle forme ? A-t-il des supports de prédilection ? Quid de ses pairs ?

 

Cette segmentation rappelant un peu trop l’éculée « ménagère de moins de 50 ans», les consultants et autres grands gourous ont créé un nouveau concept de génie : le Millenial (ou « le jeune »). Ce dernier connaît un succès certain dans le monde du BtoB après celui du BtoC. Il a maintenant atteint des niveaux de décisionnaire.

S’armant d’études, le marketeux se dit alors que le Millenial attend ceci ou cela… Le potentat est établi.

 

C’est beau, c’est plein de graphiques. On y réfléchit longuement en réunion. Affichant tous un air entendu mais grave. On crée des offres et des campagnes spécialement étudiées pour attirer le décisionnaire/candidat de 30+ urbain en « quête de sens ».

 

Et là… c’est le drame... Réunion de crise : ça ne marche pas ! Pourtant les experts étaient formels…

 

Mais pourquoi ? Simplement parce que le Millenial n’est pas un segment cible ! Trop large, trop conceptualisé, trop idéalisé : il ne correspond à personne de réel.

Mark Ritson l’explique très bien : « à moins que vous ne puissiez prouver que le groupe (…) pense et agit différemment (…) ça ne sera qu’un stéréotype sur lequel vous vous contenterez de plaquer des affirmations pour lancer votre produit.»

Mais alors… On fait quoi pour notre segmentation client ?

On revient à la communication de masse ?

Que nenni mon ami !

 

Do you speak « usages » ?

Mais qu’entend-on par-là en BtoB ?

Ce sont des comportements spécifiques et mesurables. Par exemple : la manière de consulter des articles (lieu, horaire, support…), la façon d’acheter (comparatif, méthode de choix, prescription…), etc.

 

Aujourd’hui tout a changé. 64% des décideurs BtoB ont des attentes fortes de personnalisation. Couplé aux 57% des acheteurs qui préfèrent faire leurs recherches seuls avant de vous contacter, il est devenu impossible d’imaginer des insights normés. La réclame « J’ai le produit qu’il vous faut ! » à grand coup d’argumentaires de vendeur de tapis s’est essoufflée.

 

Cela ne veut pas dire qu’on doit attendre que le client toque à notre porte. On le sait bien que vous avez le produit ou service parfait pour lui. Nous n’en doutons point. Mais lui, comment peut-il le savoir ?

 

Il faut donc prendre en compte ses habitudes, ses comportements durant son cycle de décision/d’achat. C’est la fin de la communication de masse en BtoC, il n’y a aucune raison qu’elle perdure en BtoB.

Après tout, un décisionnaire BtoB n’est qu’un consommateur BtoC qui passe la porte de son bureau. Va-t-il changer en un clin d’œil ? Peu probable. Marketing Week a démontré que, pour 73% des professionnels interrogés, le comportement est devenu la segmentation la plus efficace depuis 5 ans.

 

De plus en plus d’entreprises BtoB s’arment donc de logiciels de ciblage et d’automation. Vous êtes conscients de cette mutation profonde. Vous avez envie de prendre le virage, bien s’armer pour changer.

Mais attention, se doter d’outils performants c’est bien. Les alimenter judicieusement, c’est mieux. Il ne vous viendrait pas à l’idée d’acheter une belle voiture de course pour juste faire le tour de votre cour intérieure !
(Bon après, si ça vous plait, on ne vous juge pas…)

 

Des scenarii de comportements devront être mis en œuvre. Le tout couplé à des fonctionnalités et contenus à vraie valeur ajoutée. On suivra leur efficacité dans le temps. On les affinera. On priorisera pas à pas pour offrir une expérience de marque BtoB réelle, engageante et démontrant la vraie proposition de valeur de la marque !

 

Il s’agit donc d’une approche de fond, consistant avant tout à définir des « tribus comportementales » qui nous permettront de cibler, animer et fidéliser en fonction d’objectifs business concrets.

Une nouvelle philosophie de travail… De nouveaux challenges pour nous tous.

 

En BtoB, les stéréotypes sont définitivement morts.
RIP