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News de l'agence MilleSoixanteQuatre

#MauvaiseFoi – Carte de voeux, carte de vieux

16 janvier 2020

Entre tradition, modernité et mauvais goût, la carte de voeux est aux fins d’années ce que la boîte de chocolats est à la Saint-Valentin : un cliché qui ferait presque plaisir si on ne se sentait pas obligé de l’envoyer. Voici cinq bonnes raisons d’innocemment l’oublier cette année.

#1 Parce que c’est has-been

Cette tradition croisée entre une proximité abusive avec vos clients et de vieux réflexes de la pub où l’on offrait un cigare et un gramme de coke pour signer le contrat, c’est has-been.

N’essayez pas de faire croire à vos clients qu’ils font partie de la famille : plus personne ne croit à ces vieux clichés. En revanche, un petit coup de fil pour souhaiter de belles fêtes de fin d’année et vos meilleurs voeux, sans chocolat noir aux raisins que personne ne mangera jamais parce que c’est dégueulasse, et sans goodies inutiles comme un stylo promotionnel ou un bonnet avec écouteurs intégrés couleur or qui ne sera jamais déballé, ce sera très bien. Et économique en plus.

#2 Parce que vos équipes méritent mieux

On ne va pas se mentir, la com de fin d’année, on en parle dès mi-septembre – pour les plus chanceux. On a encore la tête dans l’été, la plage et la crème solaire qu’on nous demande directement de penser 2020, ambiance bûches et sapins. Mais si votre équipe com n’est déjà pas hyper intéressée par le sujet dès la rentrée, sachez que l’enfer ne fait que commencer pour elle.

Entre le budget à valider, la mauvaise foi des uns qui ne comprennent pas pourquoi on met tant d’argent là dedans alors que ce serait sympa en prime de fin d’année, des autres qui ont plein d’idées irréalisables comme faire une carte de voeux grandeur nature style homme-sandwich, une carte de voeux néon à 12 872 € l’unité en solde ou une mini box avec des goodies que vos collaborateurs rêveraient d’avoir mais n’utiliseront jamais, et du boss qui rechigne à signer le budget et qui se fend d’un « de toute façon, ça ne sert à rien, mais bon, fais ce que tu veux », il faut dire que ce n’est pas facile de trouver une idée simple et efficace, dans un budget pas délirant et qui, en plus, mettrait tout le monde d’accord.

De toute façon on le connait tous, Jean-Michel Relou du 6ème qui dira à Janine : « c’est pas terrible cette année, ils auraient pu se décarcasser un peu plus franchement » – « M’en parle pas, j’aurais préféré une plus grosse prime ! ». Y a de quoi pester, non ?

#3 Parce que c’est Koh Lanta, en pire

Courir après la liste de clients, après leurs porte-paroles et leurs adresses, jongler avec les prestas et l’imprimeur, ceux qui ont du retard, ceux qui ont des problèmes de format, faire 18 relances par mail, de visu ou par pigeon voyageur aux équipes opérationnelles qui sont en plein rush, conserver son sang-froid face à des livreurs qui arriveront entre 16h et 23h mais qui ne viennent jamais, trouver les bons cartons d’expédition et se battre avec La Poste pour les affranchir correctement… Y passer des après-midis entières, entre huit réunions et trois présentations à boucler dans l’urgence, pour n’avoir aucun retour, ou presque. À côté, Koh Lanta c’est un parcours de santé.

#4 Parce que vos clients s’en foutent

Le colis est-il arrivé ? 🤷‍♀️ Le client a-t-il aimé la carte ? 🤷‍♀️ La petite attention qui allait avec a-t-elle fait son effet ? 🤷‍♀️ Voilà, trois mois et demi de travail acharné, de charge mentale et d’efforts pour… pas grand chose. 

Parce qu’entre les clients qui ne se fendent même pas d’un merci, ceux qui le font mais dont le merci est oublié en route par l’équipe opérationnelle, ceux qui n’ont jamais reçu la carte ou, pire, ceux qui l’ont refusée (!), une chose est sûre : il y a 90 % de chances que votre client s’en foute complètement.

Dans le meilleur des cas, il le reçoit, l’ouvre, donne le chocolat dégueulasse à ses équipes, lit un mot sur trois , et l’oublie. Dans le pire des cas, le colis ne parvient jamais jusqu’à lui : la sécurité fait barrage et vous le renvoie, mention « refusé » en rouge avec l’effet d’une gifle bien sentie. Ouch. Tout ça… pour ça.

#5 Parce qu’on est en 2019 2020

Franchement, aujourd’hui, on peut faire mieux non ? À la limite, envoyez une carte de voeux à planter : c’est éco-responsable, ça fera du bien à la planète, ça déculpabilisera vos prochaines vacances et ça occupera les enfants de vos clients qui s’amuseront à mettre la carte dans de la terre, à l’arroser et à voir à quel point votre collaboration est (peut-être) fertile.

Mais au-delà de ça, est-ce qu’il ne serait pas temps de se passer des cartes au design incertain, à l’humour controversé et au goût qui fait rarement l’unanimité ? Au fond, les cartes de voeux, tout le monde s’en moque : les vôtres dépérissent dans les tiroirs de vos clients, et celles de vos prestas sont collées à cette boîte de chocolat noir aux éclats de datte que tout le monde regarde avec une moue perplexe. Ça ne renforce pas votre relation. Alors qu’un petit coup de fil, avec un peu moins de com et un peu plus d’humanité, ça fait quand même du bien.