Les likes en déclin, les clics en hausse.
Metricool publie son étude LinkedIn 2026, réalisée sur la base de plus de 670 000 publications issues d’environ 63 000 comptes entre janvier et février 2025 et 2026 sur LinkedIn. L’analyse combine à la fois pages entreprise et profils personnels, afin d’offrir une lecture globale des performances, usages et formats qui structurent la plateforme.
Une plateforme plus conversationnelle
LinkedIn continue de s’éloigner de son positionnement initial de réseau de recrutement pour s’imposer comme un espace de conversation professionnelle à part entière. Cette évolution s’inscrit dans une dynamique d’adoption marquée, avec une hausse de 88 % du nombre de comptes analysés entre 2025 et 2026, illustrant l’ampleur croissante de l’activité sur la plateforme.
Mais derrière cette croissance, les signaux visibles s’essoufflent. Les mentions « J’aime » reculent de 13 %, les commentaires de 17 % et les partages de 10 %. Une tendance qui pourrait laisser penser à une baisse d’activité.
Pourtant, l’engagement global progresse de près de 14 %. Une contradiction qui s’explique par la montée en puissance des clics (+5 %) et des interactions dites « invisibles » : visionnage de vidéos, défilement de carrousels ou clics sur des liens. Ces actions ne sont pas affichées publiquement, mais sont désormais intégrées dans le calcul de performance.
« Pendant des années, les social media managers se sont appuyés sur les “likes” et les commentaires comme principaux indicateurs d’engagement, mais cette réalité évolue », explique Juan Pablo Tejela, CEO et co-fondateur de Metricool. « Certains des signaux les plus importants sont désormais moins visibles, mais souvent plus significatifs. »

Profils personnels vs pages entreprise
L’étude met en évidence un écart structurel les profils personnels et les pages entreprise.
Les impressions restent globalement similaires (831,96 pour les pages contre 817,67 pour les profils), mais les profils personnels génèrent davantage d’interactions et un taux d’engagement bien supérieur : 2,60 % contre 1,60 %.
Ils dominent particulièrement sur les commentaires (+238 % par publication), tandis que les pages Entreprise restent largement en tête sur les partages (jusqu’à 17 fois plus).
Cette différence illustre une répartition claire des rôles : les individus créent la conversation, les marques amplifient la diffusion.

Une croissance difficile à atteindre
LinkedIn demeure une plateforme exigeante en matière de croissance. Seules 6,89 % des pages Entreprise ont réussi à atteindre une catégorie supérieure d’abonnés sur la période étudiée.
Les petites pages tirent toutefois leur épingle du jeu, avec des taux de croissance légèrement supérieurs (7 à 8 %), tandis que la progression ralentit fortement au-delà de 10 000 abonnés.
Malgré cela, le taux d’engagement reste étonnamment stable quelle que soit la taille des comptes. Une page de moins de 2 000 abonnés peut atteindre 15,09 % d’engagement, un niveau comparable à des pages bien plus importantes.
En comparaison avec d’autres plateformes, LinkedIn se situe dans un entre-deux : plus difficile que TikTok (+17 %) ou Instagram (+9 %), mais plus accessible que YouTube (+4 %).


Moins publier, mais mieux performer
En 2026, les comptes publient globalement moins de contenus, mais ceux-ci génèrent davantage de clics et d’interactions qualitatives.
Les impressions reculent toutefois pour les plus petits comptes (jusqu’à -27,52 % pour les comptes de moins de 2 000 abonnés).
Dans le même temps, les indicateurs visibles continuent de baisser, tandis que les signaux d’intention (clics notamment) progressent. Une évolution qui confirme un déplacement de l’engagement vers des interactions moins publiques mais plus actives.
Formats : un décalage entre usage et performance
Les formats les plus utilisés ne sont pas les plus performants.
Les images représentent près de 50 % des publications des pages entreprise et les vidéos 24,74 %. Côté profils personnels, la vidéo est même le format dominant (40,11 %).
Pourtant, ces formats sont parmi les moins efficaces en termes d’engagement.
À l’inverse, les carrousels (7,58 % des posts côté entreprise) génèrent 11 fois plus d’interactions que les images. Les formats multi-images affichent également les meilleurs taux d’engagement (3,71 %). Les sondages, eux, surperforment largement avec jusqu’à trois fois plus d’impressions.



Les leviers d’engagement qui fonctionnent encore
Certaines mécaniques continuent de stimuler la performance.
Les publications contenant une question génèrent 77 % de commentaires supplémentaires, confirmant le rôle central de l’appel à interaction. Les hashtags restent également efficaces : utilisés par 64 % des pages entreprise et 54 % des profils personnels, ils permettent jusqu’à +85 % d’impressions en moyenne. Leur efficacité diminue toutefois lorsqu’ils sont trop nombreux.


Liens et timing : deux facteurs décisifs mais contrastés
Contrairement à une idée répandue, les liens ne pénalisent pas systématiquement les publications. Sur les pages entreprise, ils génèrent même +51 % d’impressions et +40 % d’interactions. En revanche, sur les profils personnels, ils entraînent une baisse notable des performances (-27 % d’impressions, -20 % d’interactions).
Autre variable clé : le temps. La moitié des impressions d’un post intervient dans les 48 premières heures. Dès le troisième jour, la visibilité chute fortement. Pour les profils personnels, près de 40 % des interactions se concentrent dès le premier jour.
Le créneau 9h–12h reste le plus utilisé, mais aussi le plus saturé.
Deux approches se distinguent selon les secteurs. Certains privilégient l’engagement pour maximiser leur portée, LinkedIn valorisant les contenus qui suscitent des interactions.
D’autres, notamment dans la tech et les médias, misent sur la fréquence (jusqu’à 7 publications par semaine) tout en maintenant des performances stables.














