La grande nouvelle de la semaine.
Amazon continue de muscler son offre « hub » en France. Après France Télévisions, c’est au tour du Groupe M6 de céder aux sirènes de l’agrégation. Dès aujourd’hui, le catalogue M6+ s’installe sur Prime Video, marquant une nouvelle étape dans la guerre de l’attention et de la data publicitaire.
C’est un mouvement qui confirme la mue de Prime Video : de simple plateforme de SVOD, le service d’Amazon s’impose désormais comme le portail d’entrée incontournable du foyer français. En intégrant M6+ à son interface, le géant de Seattle s’offre plus de 30 000 heures de contenus locaux et s’assure une présence accrue sur le segment du divertissement populaire.
L’audience au-delà du linéaire
Pour le Groupe M6, ce partenariat est une réponse pragmatique à la fragmentation des usages. En logeant ses marques phares — de Top Chef à L’Amour est dans le pré, en passant par les futurs directs de la Coupe du Monde de la FIFA 2026 — au sein de l’environnement Prime, M6 cherche à capter un public plus jeune et plus « digital native », souvent déconnecté de l’antenne traditionnelle.
David Larramendy, président du Directoire du Groupe M6, ne s’en cache pas : l’enjeu est double. Il s’agit d’étendre la visibilité des marques du groupe tout en consolidant la puissance de frappe de M6 Unlimited, sa régie publicitaire. Car si l’accès est gratuit pour les abonnés Prime, il reste financé par la publicité (AVOD), sauf pour ceux optant pour la version payante M6+ MAX.
Prime Video, le nouveau « Canal » ?
L’arrivée de M6+, qui rejoint les récents accords avec France Télévisions, Paramount+, ou encore Max (Warner Bros. Discovery), dessine une stratégie de « super-agrégateur ». Amazon ne se contente plus de produire des blockbusters comme Les Anneaux de pouvoir ; il devient le réceptacle des acteurs locaux qui, seuls, peinent à maintenir une application souveraine face aux mastodontes de la tech.
« L’ajout du catalogue M6+ est une étape importante dans notre objectif de devenir la première destination de divertissement pour nos clients. », se réjouit Elisabetta Carruba, directrice de Prime Video Channels, Europe.
Ce qu’il faut retenir :
— Contenus : Accès aux chaînes M6, W9, 6ter et Gulli (direct et replay).
— Volume : 30 000 heures de programmes intégrées dans un « corner » dédié.
— Modèle : gratuit pour les membres Prime, avec maintien des coupures publicitaires.
— Sport : diffusion confirmée des grands événements (Super Bowl, Coupe du Monde de la FIFA 2026).
Dans un marché de l’attention saturé, cet accord illustre la fin de l’isolement pour les diffuseurs historiques. Pour M6, il s’agit de ne plus attendre le téléspectateur devant son poste, mais d’aller le chercher là où il consomme déjà ses contenus. Et tant pis si cela signifie que le bouton M6 ne délogera pas le bouton « Prime Video » de la télécommande de sa CTV.
Un nouveau partenariat entre une plateforme et un média historique à analyser au prisme de la théorie des jeux, comme l’a effectué Sébastien Émeriau (Havas Media Network) récemment dans nos colonnes.













