2025, l’été des “vibes” : du code au marketing

Par Iris M. le 03/09/2025

Temps de lecture : 2 min

Le bricolage devient stratégie.

1967 restera l’été de l’amour. Scott Brinker imagine que 2025 sera, lui, “l’été des vibes”. Non pas celles des hippies, mais celles du vibe coding : une nouvelle façon de créer avec l’IA où l’on n’écrit plus du code, on “vibe”.

Le mot “vibe” est en train de s’imposer dans le vocabulaire de l’IA, devant même “agentic”. À l’origine, un post d’Andrej Karpathy, (cofondateur d’OpenAI et ex-directeur IA de Tesla) : “Je vois, je dis, j’exécute, je copie-colle, et ça marche la plupart du temps.” Bref, une approche bricolée mais efficace, qui bouscule le code traditionnel. Brinker y voit l’évolution ultime du no-code/low-code : une créativité libérée, portée par la vitesse et l’intuition, et pas par la syntaxe.

Jason Lemkin (fondateur de SaaStr, communauté SaaS mondiale) a poussé le concept à l’extrême avec 100 heures de vibe coding sur Replit, oscillant entre éclairs de génie et plantages mémorables. De quoi inspirer à Brinker une “échelle du vibe” allant de 1 (vibe viable) à 10 (vibe risqué). Mais attention : un défi noté 7 aujourd’hui pourrait devenir un 3 demain, tant l’IA progresse vite.

Le marketing n’a pas tardé à s’emparer de la tendance. Greg Isenberg (entrepreneur et investisseur, fondateur de Late Checkout) parle déjà de “vibe marketing” : l’idée qu’un marketeur seul, armé d’IA générative et d’agents intelligents, puisse réaliser ce qui nécessitait hier une équipe entière. Growth hacking 2.0 ? Pas vraiment. Plutôt une usine à micro-expériences : tester vite, pas cher, éliminer sans regret, amplifier ce qui résonne.

Brinker nuance toutefois. Les automations et workflows IA ressemblent plus à un système d’exploitation marketing qu’à un vrai vibe. Le cœur du sujet reste la créativité humaine, l’art d’imaginer et de prototyper à toute vitesse. Aux marketeurs de devenir des “market whisperers” : capter des attentes, générer des résonances, provoquer des émotions. L’objectif n’est pas de produire des “Good Vibrations”… mais surtout d’éviter le syndrome “Spam, Spam, Spam”.

Cette logique s’apparente moins à la Big Data qu’à la “Big Experimentation”. Là où les data scientists jonglaient avec le volume, la vélocité et la variété, les marketeurs vont devoir apprendre à multiplier les tests agiles. Des campagnes microscopiques, rapides, peu coûteuses, qui transforment les bonnes intuitions en succès, tout en laissant mourir les mauvaises idées en silence. À condition d’instaurer des garde-fous : gouvernance, respect de la vie privée, cohérence de marque. Autant de sujets désormais pilotables grâce aux outils martech dopés à l’IA.

Alors, buzzword ou tournant ? Sans doute les deux. Mais si 1967 a libéré l’amour, 2025 pourrait bien libérer les marketeurs de leurs process. Et si cette année marquait le retour d’un marketing artisanal — bricolé à l’instinct — mais dopé aux stéroïdes de l’IA ?

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