Des partages plus spontanés.
Instagram lance Instants, une nouvelle application de partage éphémère disponible sur iOS et Android, pour le moment uniquement en Espagne et Italie. L’objectif est de proposer une manière plus simple de partager des photos et des moments avec ses proches.
Instants fonctionne de manière très simple : l’application s’ouvre immédiatement sur l’appareil photo, et chaque photo prise est envoyée telle quelle. Il n’est pas possible de choisir une image dans sa galerie, ni de la modifier avant de la partager. Une fois partagée, la photo disparaît après 24 heures et ne peut être vue qu’une seule fois, sauf pour les utilisateurs qui ont eux accès à un récapitulatif de leurs photos chaque mois. L’application donne aussi la possibilité de réagir à la photo de ses amis, à travers des emojis.
Ce choix de format change la logique habituelle d’Instagram. La plateforme est aujourd’hui associée à des contenus travaillés, souvent retouchés, filtrés ou faits pour être publiés. Instants fait exactement l’inverse. Ici, il ne s’agit plus de montrer une version parfaite, mais de partager le moment tel qu’il est. Une sorte de retour à un usage plus brut du réseau social.


Ce fonctionnement remet au centre une idée qui a largement façonné les usages sociaux de ces dernières années : l’instantanéité. C’est précisément ce principe qui a contribué au succès de plateformes comme Snapchat, où les messages ont été conçus dès le départ pour disparaître après visionnage. Cette disparition a changé la manière de communiquer, en installant des échanges plus spontanés, moins réfléchis, plus proches de ce que l’on vit sur le moment.
C’est tout cela qui a construit l’ADN de la plateforme : l’idée qu’un contenu peut n’être vu qu’une seule fois avant de s’effacer. Une logique simple, mais qui a profondément influencé les usages, en réduisant la pression de laisser une trace durable et en favorisant des interactions plus directes.
Si avec le temps même ces plateformes ont évolué (replay, enregistrement) pour s’adapter aux autres, l’esprit d’origine reste le même : celui d’un contenu pensé pour circuler vite, être vu sur l’instant, puis disparaître ou être conservé de façon plus libre, et pas automatiquement, au sein des échanges.
C’est aussi cette logique qui a influencé d’autres plateformes plus récentes comme BeReal, où la publication est pensée comme une capture immédiate de ce que fait l’utilisateur à un instant précis. L’application envoie une notification une fois par jour, à une heure différente, et invite tout le monde à publier en même temps ce qu’il est en train de faire.
Ces deux plateformes, bien que différentes sur leurs concepts, donnent des contenus très simples, plus proches de la réalité, mais qui s’éloignent des publications plus mises en scène que l’on retrouve sur d’autres réseaux sociaux, notamment sur Instagram.
Ce qui explique aussi le succès de ces formats, c’est justement cette absence de pression. Le fait de ne pas avoir à chercher “la bonne photo”, de ne pas retoucher, de ne pas réfléchir à ce que les autres vont penser. Ces plateformes créent aussi une forme de proximité : voir ce que font ses amis au même moment donne une impression plus réelle du quotidien des autres.
Avec Instants, Instagram s’inscrit clairement dans cette continuité. La plateforme tente de réintroduire cette idée de spontanéité dans un contexte où les contenus sont aujourd’hui très travaillés.
Reste à voir si les utilisateurs adopteront ce nouveau format, ou s’ils continueront à privilégier ce qu’ils connaissent et utilisent déjà.

















